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Le salaire du patron
N° 176 - février 1999

Ça brasse à La Presse et au Devoir
Pierre Dubuc

Congédiement imminent d’Alain Dubuc ?



D’après des rumeurs tenaces, le résultat des dernières élections aurait provoqué une crise majeure à La Presse. Le bureau de Chrétien ferait tout pour avoir la tête des journalistes qui ont interviewé Chrétien la veille du déclenchement des élections. Chrétien avait alors opposé une fin de non-recevoir à toutes futures négociations constitutionnelles en déclarant que « le magasin général était vide ». Cette déclaration avait été interprétée comme un coup de poignard dans le dos par le clan Charest.

André Desmarais, fils de Paul, le propriétaire de La Presse, et gendre de Jean Chrétien, serait lui-même intervenu dans la salle de rédaction en demandant aux journalistes ce que ses enfants allaient penser de leur grand-père Chrétien si le journal continuait à le dépeindre de façon aussi négative !

Les Desmarais-Chrétien en voudrait à la journaliste Chantal Hébert pour avoir écrit dans sa chronique du 25 octobre que M. Chrétien aurait pu donner un coup d’élan à la campagne de Jean Charest s’il avait annoncé que l’élection au Québec d’un gouvernement fédéraliste lui permettrait d’envisager avec « sérénité » sa propre retraite. Chantal Hébert avait poursuivi en écrivant que la perspective du départ de M. Chrétien pourrait « motiver un certain nombre d’électeurs québécois à voter pour les libéraux provinciaux ». La direction du journal La Presse aurait alors proposé à Chantal Hébert de laisser à quelqu’un d’autre sa chronique politique et de s’occuper d’une chronique sur le nouveau millénaire. Mme Hébert est partie en vacances et s’est donnée jusqu’au 25 janvier pour évaluer l’ « offre » de la direction.

L’éditorialiste Alain Dubuc serait également dans la mire de la famille Desmarais pour avoir écrit que la seule interprétation qu’on pouvait donner à la déclaration de Chrétien était qu’il préférait la réélection de Lucien Bouchard plutôt que l’élection de Jean Charest. Le fait qu’Alain Dubuc ne soit plus dans les bonnes grâces de la famille Desmarais expliquerait qu’il se soit montré intéressé à la succession de Lise Bissonnette à la tête du Devoir.

La rumeur a couru au journal Le Devoir que Alain Dubuc aurait rencontré « secrètement » le fiscaliste Gilles Carli qui est chargé de trouver un nouveau directeur au Devoir. Les journalistes du Devoir ont répliqué immédiatement, par l’entremise de leur syndicat, avec une lettre ouverte dans les pages du journal annonçant qu’ils se mutineraient contre la nomination d’un directeur qui ne seraient pas dans la tradition idéologique du journal.

L’ancienne directrice, Lise Bissonnette, est également sortie de son mutisme pour appuyer, lors d’une entrevue à Radio-Canada, la démarche des journalistes du Devoir et dénoncer les agissements de Gilles Carli, bien que ce soit elle-même qui l’ait nommé au conseil d’administration du Devoir.

Enfin, le 23 janvier, Alain Dubuc a reconnu qu’il avait effectivement rencontré M. Carli.

Une histoire à suivre.

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