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La machine électorale de l'ADQ
N° 175 - décembre 1999

Rapport de campagne
Éric Dubois et Nicolas Dumais
Michel Chartrand candidat dans Jonquière? La confusion règnait dans le petit entourage progressiste, alors que nous écoutions Louis Champagne, animateur de la radio-bidon du coin, annoncer qu’un candidat connu et aimé des gens de la région viendrait au début de la semaine suivante confirmer sa volonté de briguer les suffrages dans Jonquière.

Le lundi suivant, Michel Chartrand convoquait la presse locale pour annoncer la grande nouvelle. Le lendemain nous avons ouvert le local de campagne, situé en plein centre-ville, sur la rue St-Dominique.

À cette élection, nous nous y préparions déja. CertainEs décidéEs à proposer une alternative en formant une équipe de campagne autour d’un candidat indépendant, d’autres, désillusionnéEs, préparant tracts et affiches proclamants le « Votez bien, votez rien » appelant à l’annulation des votes. TouTEs s’entendaient pour ne pas laisser un certain premier sinistre au couteau bien aiguisé profiter d’un moment ou la politique québécoise est en crise de trop de «nonolibéralisme» pour justifier les dégueulasseries péquistes.

Michel Chartrand a tout de suite permis de faire les ponts entre les tendances, et de rassembler des gens d’horizons différents. Syndicalistes, étudiantEs, professeurEs, militantEs, sans-emplois, l’équipe s’est formée assez vite, permettant d’entreprendre une campagne axée sur le terrain, et de tenter de mettre sur pied une petite machine électorale, dans la mesure de nos moyens. Nous avions déjà l’avantage d’un candidat connu, porteur du message de la pauvreté zéro; et d’un comté ouvrier, une « company town », ou les citoyenNEs sont ouvertEs à un tel message.

Michel Chartrand étant bon orateur, il était évident pour nous qu’un élément important de la campagne allait être les assemblées publiques, dans les endroits populaires. Rassemblant entre 100 et 600 personnes à chaque fois, les gens venaient des quatre coins de la région pour en entendre un peu plus sur le revenu de citoyenneté. « Enfin un candidat qui dit les vraies choses », m’explique une dame qui assistait à l’une des conférences.

Le porte-à-porte a été aussi très important, devant l’absence flagrante de Lulu le toupet. Les gens étaient charméEs de voir M. Chartrand passer chez eux, prendre le temps de venir discuter avec eux.

Une victoire pour la gauche

Le 28 novembre se tenait la soirée de clôture de la campagne électorale de Michel Chartrand. C’était la dernière étape de la bataille Chartrand contre Bouchard. Malgré une salle moins remplie que prévu, l’équipe du comité a eu l’impression de faire naître un mouvement.

«C’est une campagne historique» est venu nous dire Michel Chossudovsky, professeur d’économie à l’université d’Ottawa et collaborateur au journal «Le monde Diplomatique». Son exposé sur l’économie mondiale nous invitait à une lutte globale. Son explication sur la Banque du Canada qui a perdu son rôle de régulatrice de l’économie en empruntant des devises à Wall Street à particulièrement marqué les auditeurEs.

Les autres conférencierEs (sauf Michel Chartrand) tous issus de groupes de pression régionaux0 Monique Laberge pour le Front populaire en environnement, Lise Paquin pour le Lieu d’action et de service travaillant dans l’unité avec les sans-emploi (L’Astuce), Alain Proulx du syndicat de l’aluminium d’Arvida,etc; nous incitent à une lutte locale et à une plus grande prise de conscience collective. Aux deux niveaux, la résistance doit s’installer...

Union des insatisfaits

C’est ce soir là et non le 30 novembre que nous avons constaté notre victoire. Réunir différents milieux militants pour discuter, écouter et penser ensemble, voilà une des grandes réussites que le Saguenay doit à la campagne de Chartrand.

La victoire est également dans le message que Chartrand a fait passer, celui de la PAUVRETÉ ZÉRO, celui du REVENU DE CITOYENNETÉ et toutes les autres critiques qu’il a permis de médiatiser pendant cette campagne de marionnettes conservatrices opportunistes ou du «conglomérat des Q0 P.Q, P.L.Q., A.D.Q.» comme le dit ironiquement François Patenaude. Sans la présence de Chartrand dans le comté de «Lulu le toupet», la gauche aurait été complètement ignorée durant cette campagne.

Chartrand avec Lauzon et Patenaude

La campagne électorale de Michel Chartrand a aussi provoqué des soirées intéressantes comme celle du 25 novembre où Léo-Paul Lauzon et François Patenaude sont venus nous rendre visite et donner une conférence devant 225 personnes. On remercie les deux membres de la chaire socio-économique de l’UQAM pour cette soirée colorée.

Merci aussi à L’aut’Journal, à Fernand Foisy et à tous les donatrices et donateurs de la région et de l’extérieur de la région.www

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