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La machine électorale de l'ADQ
N° 175 - décembre 1999

La Guignolée comme instrument écologique de redistribution de la richesse
Pierre Dubuc

Québec justifie les banques alimentaires devant l’ONU



C’est le temps des guignolées. Après la guignolée du Journal de Montréal, (pardon, la guignolée Pierre-Péladeau), c’est celle de La Presse, de Radio-Canada, etc, Dire qu’il y en a qui ont reproché aux médias de ne pas parler de pauvreté au cours de la campagne électorale. On voit bien aujourd’hui que ce n’était pas par mauvaise foi. C’est parce que ce n’était tout simplement pas le moment.

Que toutes celles et ceux qui sont écoeurés de voir la justice enfouie sous des tonnes de cannages de charité se rassurent 0 il ne s’agit pas de charité, mais bien d’un nouveau moyen de redistribution de la richesse et de recyclage écologique des aliments. C’est du moins le sens des réponses du gouvernement du Québec aux membres du Comité des Nations unies sur le troisième rapport du Canada sur le Pacte international des droits sociaux, comme le révèle l’extrait suivant sur lequel Bill Clennet a réussi à mettre la main.

Question #37

Le Comité a reçu des informations selon lesquelles, au Canada, on continue à avoir de plus en plus recours aux banques alimentaires, environ deux fois plus qu’au cours des dix dernières années. Le Gouvernement peut-il expliquer pourquoi le nombre et l’utilisation de banques alimentaires n’a cessé d’augmenter ? Le Gouvernement pense-t-il que le besoin de banques alimentaires dans un pays aussi riche que le Canada soit compatible avec l’article 11 du Pacte ?

Réponse du gouvernement du Québec

Au Québec, la première banque alimentaire a vu le jour en 1984. Depuis, dix autres banques alimentaires ont été mises sur pied pour porter leur total à onze. Les banques alimentaires regroupées au sein de la Fédération des Moissons du Québec, distribuaient, en 1996, 19 725 000 kilos de nourriture comparativement à 3 600 000 kilos en 1990, soit une augmentation de plus de 500 % en six ans.

Les banques alimentaires au Québec récupèrent les surplus inutilisés de l’industrie alimentaire et les redistribuent gratuitement aux organismes qui œuvrent au niveau du dépannage alimentaire. Les denrées obtenues proviennent de différents intervenants de l’industrie agroalimentaire0 manufacturiers, entreprises de distribution, grossistes, détaillants et producteurs agricoles.

Une banque alimentaire récupère tout ce qui est comestible et sain produits laitiers, boulangerie, céréales, pâtes, viandes, œufs, fruits et légumes) mais qui, pour des raisons de date d’expiration trop rapprochée, le mauvais étiquetage, de bris d’emballage ou de légère altération du produit, ne rencontre plus les normes du marché.

Loin d’être négative, l’existence des banques alimentaires démontre la volonté d’une société de partager ses ressources avec ses membres les plus démunis, et ce, d’une façon volontaire, non gérées par l’État. Elles constituent des moyens de redistribution des ressources, comme un programme d’intervention gouvernementale peut l’être, sans la contribution obligatoire de l’État. Ces organismes, par leur action, contribuent également à diminuer le gaspillage de ressources par le recyclage de denrées alimentaires qui seraient perdues autrement.

De plus, bien qu’en pleine expansion, les services offerts par ces banques alimentaires complètent et parfois même remplacent certains services d’entraide alimentaire moins connus mais existant depuis de nombreuses années tels que, par exemple, ceux offerts par les communautés religieuses.

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