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N° 208 - avril 2002

Empêcher à tout prix le démantèlement de l'usine de GM
Pierre Dubuc

Entrevue avec le président du Syndicat de GM



« L'usine GM de Boisbriand, ce n'est que la pointe de l’iceberg. Si elle est démantelée, les conséquences seront incalculables. On perdra des jobs bien payés d'ouvriers qualifiés chez GM et les sous-traitants, mais aussi d'ingénieurs, d'administrateurs, d'avocats. C'est tout un pan de l'économie du Québec qui va s'écrouler », s'exclame Sylvain Demers, le président du Syndicat des travailleurs de la GM.

« Le gouvernement essaie de vendre l'idée qu'on va remplacer l'usine de Boisbriand par des usines de fabrication de pièces. C'est faux. L'industrie fonctionne sur le principe du just-in-time. On ne fabriquera pas de grosses pièces en aluminium au Québec pour les exporter au Mexique. S'il n'y a pas d'usine d'assemblage, il n'y aura pas d'usines de pièces », précise Demers.

Il rappelle que Packard est revenu au Québec parce que les usines de sous-traitance étaient toujours en opération avec des contrats de GM. Mais si cette dernière ferme, les sous-traitants vont fermer et il ne sera pas possible de revenir en arrière. Ce sera définitif!

Des millions en subventions

Au cours des derniers mois, Sylvain a eu l'occasion de développer ses arguments. Il a parcouru le Québec pour recueillir des appuis. Des chiffres, il est capable d'en aligner 0 400 millions $ de masse salariale; 1 milliard $ d'impôts en dix ans qu'ont payé les ouvriers de Boisbriand.

Des chiffres, il en a aussi appris lors de ses rencontres. «C'est plus d'un milliard que le gouvernement du Québec a versé au cours des années à GM en programmes, subventions, crédits de toutes sortes, m'a dit le maire L'Allier de Québec, raconte Sylvain. Pour lui, GM fait partie du patrimoine québécois. »

Les gouvernements fédéral et provincial ont financé à parts égales un prêt de 220 millions $ à GM. « Et ils auront jusqu'en 2017 pour le rembourser, s'écrie-t-il scandalisé. S'ils déménagent au Mexique, l'atelier ultra-moderne de peinture, ce sera un vol. »

Empêcher le démantèlement de l'usine

L'usine va sans doute fermer à l'automne par suite de l'arrêt de la production de la Camaro, mais l'objectif du syndicat est qu'elle relance ses opérations le plus rapidement possible. « On ne laissera pas GM démanteler l'usine, nous dit Sylvain Demers. Il faut penser à l'avenir. La moyenne d'âge est actuellement de 52 ans à l'usine. La majorité des travailleurs seront éligibles à la retraite d'ici trois et quatre ans. Normalement, on devrait procéder à l'embauche de jeunes. »

Des appuis à l'idée d'une grève générale

Dans le dernier numéro de l'aut'journal, Alain Proulx du Syndicat de l'aluminium à Jonquière lançait l'idée d'une grève générale symbolique d'une demi-heure pour sauver l'usine de GM à Boisbriand. D'autres syndicalistes nous ont exprimé leur appui à une telle action.

Jean Lapierre, président du Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal 0 « Une demi-heure, c'est un minimum ! On pourra compter sur le Syndicat des cols bleus, si plusieurs syndicats embarquent. Il faut commencer à s'organiser pour riposter à des multinationales ou des grosses compagnies qui ne cherchent qu'à augmenter leur marge de profit. Les lois devraient être révisées pour que les chefs d'entreprise soient poursuivis ou emprisonnés lorsqu'ils se votent des salaires faramineux et ferment des usines. Les centrales syndicales devraient se sentir interpelées par l'appel du Syndicat de l'aluminium. Il faut que l'idée fasse son chemin. »

Gaston Fauvel, président de l'Association des pompiers de Montréal0 « Nous sommes d'accord avec le principe. Nous serions prêts à agir, tout en préservant, bien entendu, la sécurité de la population. Tous les pompiers qui ne sont pas sur la ligne directe pourraient y participer. Même ceux qui sont sur la ligne directe pourraient aller assez loin pour manifester leur appui. »

Mario Gervais, président du Syndicat canadien de la fonction publique - Québec 0 « Je suis d'accord. On ne peut pas se fier sur le fédéral, parce que le lobby de l'automobile en Ontario est trop fort. Il faut compter sur nos propres moyens. Il faut sonner une cloche, et fort. Il faut en profiter pour lancer un message à la droite 0 que ça va faire!»

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