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Prostituée, un métier comme les autres ?
N° 212 - septembre 2002

Être témoin de la Palestine
Stéphanie Beaupied
Le texte en exergue est tiré de l’introduction du rapport né du voyage d’enquête de neuf députés fédéraux en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza au printemps dernier. L’aut’journal a rencontré Francine Lalonde, députée de Mercier et porte-parole du Bloc québécois en matière d’affaires étrangères, qui était du nombre. Sur place, la délégation a rencontré des gens de tous les milieux, des élus palestiniens, des porte-parole d’ONG, du personnel médical, des groupes de jeunes ou de femmes, mais surtout des gens ordinaires. Ils ont constaté l’état inhumain dans lequel vivent les Palestiniens.

Nous avons pu traverser les régions grâce à notre chauffeur qui connaissait les endroits précis où passer, raconte Francine Lalonde. Les routes sont éventrées, il y a des fossés immenses et des piliers de ciment. Il faut passer dans les montagnes et les champs de patates.

« Le pire pour les Palestiniens, nous explique-t-elle, c’est ce que l’on nomme le “ bouclage ”. C’est le point de départ des problèmes quotidiens des Palestiniens.

« Depuis la réoccupation par Israël des territoires déclarés indépendants, la population palestinienne est littéralement refoulée. D’une part, les militaires israéliens bouclent aléatoirement des villes ou des morceaux de ville. C’est-à-dire qu’il est impossible pour les Palestiniens d’en sortir.

« D’autre part, la population est soumise au couvre-feu permanent. Par couvre-feu, on entend vingt-quatre heures par jour sans sortir sous peine d’être tiré à vue par un tireur embusqué. Les militaires laissent les gens sortir environ deux heures chaque deux ou trois jours pour aller chercher de la nourriture. »

Au moment de l’entrevue, Mme Lalonde recevait un télécopieur qui confirmait le 67e jour consécutif de couvre-feu à Naplouse. « Et ce bouclage des populations, nous explique-t-elle, a des conséquences désastreuses à tous points de vue. »

Sans travail, sans nourriture et sans aide

« Lorsque nous sommes allés à Hébron, poursuit Mme Lalonde, c’était une ville morte sans activité et de surcroît, coupée en deux par les autorités israéliennes. L’activité économique est impossible, les gens ne peuvent pas aller travailler. Ils n’ont pas accès non plus aux hôpitaux qui se trouvent de l’autre côté des postes d’Hébron. »

Le rapport indique que la ville d’Hébron est soumise au couvre-feu depuis 300 jours. Partout en territoires palestiniens les postes d’accès aux périmètres sont littéralement bloqués par les gardes-frontières israéliens. L’approvisionnement en nourriture et l’aide internationale parviennent très difficilement aux populations. Les Palestiniens sont laissés à eux-mêmes.

Quelles Autorités palestiniennes ?

Quand on entend « Sharon demande aux Autorités palestiniennes », on peut se demander à quelles autorités palestiniennes il fait référence. Selon Francine Lalonde, « les élus du Conseil législatif ne se sont pas réunis depuis septembre 2000, car ils sont eux aussi victimes du bouclage et des couvre-feux. De plus, leurs locaux sont complètement à plat. C’est contradictoire de leur demander de déclencher des élections ou de faire cesser les attentats. »

Une occupation coloniale

« Les colonies sont de plus en plus présentes et toujours là pour narguer les Palestiniens. Selon des ONG israéliens, 42 % des territoires palestiniens sont contrôlés par les autorités israéliennes, » nous confie-t-elle.

Depuis le dernier voyage de Mme Lalonde en Palestine, en 1994, l’étendue des colonies de peuplement israéliennes en territoires palestiniens ont doublé. « À l’époque de l’accord d’Oslo, les esprits étaient positifs quant au règlement du conflit. Mais déjà les Palestiniens n’y croyaient pas. Déjà, ils se sentaient menacés. »

Elle nous raconte que « les colonies de peuplement sont généralement situées sur les faîtes des collines. Elles disposent d’eau potable en abondance tandis que les paysans palestiniens vivent une pénurie. Les colonies israéliennes disposent d’aide du gouvernement. Ce sont des régions luxueuses pour ces pays. »

Pire encore, les colonies possèdent un réseau routier exclusif qui coupe les territoires palestiniens. Par exemple, explique-t-elle, « la bande de Gaza, petit territoire de 42 kilomètres par 12, est scindée par deux routes appartenant aux colonies israéliennes. Un trajet, qui durait autrefois vingt minutes, peut prendre deux heures aujourd’hui, car les Palestiniens doivent contourner ces routes. »

L’occupation d’un peuple par un autre

Loin d’être une question religieuse, les racines du conflit proviennent d’un déséquilibre économique et social profond et de l’occupation d’un peuple par un autre. Les premières victimes, ce sont les populations civiles.

« Les Palestiniens ne savent pas que les attentats leur font mauvaise presse, raconte Francine Lalonde, mais pour plusieurs, c’est une façon de résister aux souffrances infligées par l’armée israélienne.

« Quant aux Israéliens ordinaires, ils ne savent pas ce que les autorités israéliennes font subir aux populations palestiniennes. Une manifestation de 80000 Israéliens à Tel-Aviv réclamait la fin de l’occupation des territoires palestiniens. »

Ce que la délégation a vu et entendu

• En 2001, le salaire annuel moyen en Israël est de 26 000 $ CA, celui des Palestiniens est tombé à 900 $.

• Selon la Banque mondiale, 70 % des Palestiniens vivent sous le seuil de la pauvreté, c’est-à-dire avec moins de deux dollars par jours.

• Les Palestiniens consomment 37,5 m3 d’eau annuellement tandis que les colons juifs en consomment près de 700.

• Les terres agricoles palestiniennes ont été dévastées, 50 000 oliviers et 20 000 orangers ont été volontairement saccagés.

• Israël ne transfert plus de fonds publics. Ils doivent 1,2 milliards $ aux Autorités palestiniennes.

• Les transports sont entravés 0 140 000 conteneurs de marchandises sont bloqués dans les ports.

Selon les ONG palestiniens…

• Les Palestiniens sont victimes d’exécutions, d’arrestations et de fouilles sommaires.

• 80 % des personnes tuées sont des civiles et le quart sont des enfants.

• Le personnel médical est directement attaqué et son matériel est détruit.

• On craint une poussée épidémique de rougeole et d’hépatite C.

• L’eau est contaminée.

www.missiontopalestine.com

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