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N° 211 - juillet 2002

La gauche politique s’unit pour rassembler tous les progressistes
Pierre Dostie*

Congrès de fondation de l’Union des forces progressistes



L’unité de la gauche a franchi un pas historique au Québec. L’Union des forces progressistes, dont le congrès de fondation s’est tenu à Montréal les 15 et 16 juin derniers, regroupe maintenant les membres du Rassemblement pour l’alternative progressiste (Rap), du Parti de la démocratie socialiste (PDS), du Parti communiste du Québec (PCQ) et d’une dizaine d’associations locales de l’UFP composées majoritairement de membres indépendants des trois partis. Dans les plus brefs délais, les partis fondateurs, qui pourront continuer d’exister à l’intérieur de la structure fédérée de l’UFP, statueront sur leur statut juridique de partis autorisés.

L'unité des forces progressistes ne s’est pas faite du jour au lendemain. Elle est le résultat d’un travail de collaboration sur le terrain, d’analyses partagées sur la montée de la droite et d’une maturation de la gauche politique au Québec.Elle est aussi le fruit d’une interaction entre la gauche politique et la gauche sociale qui a longtemps interpellé les petits partis de gauche de cesser de s’entredéchirer pour être davantage crédibles.

Elle est une réponse à ce non-sens de voir les partis progressistes et parfois les candidats indépendants progressistes se faire la lutte électorale pour obtenir un maigre résultat en bout de course.

L’appel de l’aut’journal

L’appel lancé par l’aut’journal et un collectif de militants progressistes en novembre 1997, dont Paul Cliche, Paul Rose, alors chef du PDS, et Michel Chartrand, qui avait rassemblé 700 personnes, est certes un événement pivot dans ce processus de rassemblement de la gauche jusque-là dispersée, divisée et sombrant dans la torpeur en ces moments les plus difficiles de la période de Lucien Bouchard.

Suite à cette initiative, le Rassemblement pour l’alternative politique a été un mouvement qui dans les deux années suivantes a permis de développer une culture politique commune aux progressistes de diverses tendances, que cherchaient à incarner une plate-forme et des statuts de type alternatif.

Toutefois, lors des élections générales de 1998, le PDS et des candidats appuyés par le Rap se sont opposés dans un certain nombre de comtés. Il a été convenu que cela ne se reproduirait plus et que nous avions jusqu’aux prochaines générales pour construire l’unité organisationnelle de la gauche politique.

Le colloque sur l’unité

Un deuxième événement majeur a donné un second souffle à ce processus d’unité amorcé. Un colloque sur l’unité de la gauche politique et des forces progressistes rassemblant encore une fois plus de 700 personnes de toutes les composantes de la gauche politique et de la gauche sociale a été tenu en avril2000.

Plusieurs militants sont restés marqués par l’énergie qui s’est dégagée de ce colloque et par certaines interpellations percutantes en provenance des mouvements sociaux en direction des partis 0 «Réglez donc vos problèmes d’unité entre vous et votre appel à l’unité aura du sens pour nous ». Un comité de liaison assurera le suivi du colloque.

L’effet Mercier

Un an plus tard, c’est Paul Cliche qui se propose de poser sa candidature aux élections partielles dans Mercier à condition d’avoir un appui massif, sinon unanime, de la gauche sociale et politique. Ce qui fut obtenu et ce qui lui permit de récolter 24 % des voix.

Depuis, l’esprit de Mercier continue de souffler au point où des associations locales UFP se mettent sur pied en dehors des structures des parti pour devenir aujourd’hui une composante essentielle de l’UFP.

Un an plus tard, le PDS, puis le Rap, se prononcent en faveur d’abord, d’une coalition électorale, puis d’un parti fédéré. Ces choix ont occasionné des tensions et des déchirements internes mais ils ont été pour le mieux. La gauche politique était maintenant en partie rassemblée, il était le temps de l’unir.

La fondation de l’UFP

Le congrès de l’UFP a réuni plus de 300 membres qui ont fait la démonstration éloquente que la gauche politique québécoise est maintenant prête à sortir de sa marginalité pour offrir une alternative crédible à la population. Les débats ont été menés sous le signe du respect mutuel et de la maturité dans le but de construire et de préserver l’unité.

Malgré la lourdeur procédurale qu’impose la tenue d’un congrès de fondation, les délégués ont pris le temps nécessaire pour rédiger avec soin la position de l’UFP sur la question nationale et sur les priorités de la plate-forme électorale. Le congrès a adopté des statuts qui sont le reflet de notre projet de société alternatif et qui font de la place à toutes les composantes de l’UFP présentes et à venir.

Les suites

La naissance de l’UFP est une invitation aux organisations progressistes de la gauche sociale et politique qui doit être considérée sérieusement. Nous pensons notamment au Parti vert, au mouvement syndical et aux collectifs qui, dans le mouvement féministe et dans les régions, voudraient voir leurs revendications portées sur le terrain politique.

L’UFP enclenchera une grande campagne de promotion et de recrutement dans les semaines à venir. Elle fera l’évaluation de ses effectifs en vue de sa participation à la prochaine campagne électorale.

Elle établira un plan de travail non seulement comme parti électoral mais aussi comme parti de la rue, aux côtés de ceux et celles qui luttent au quotidien pour un monde plus juste et équitable.

Et ce n’est qu’une étape dans le processus. Nous avons maintenant la responsabilité de poursuivre jusqu’au bout le projet de l’unité des progressistes du Québec.

La plate-forme

Outre la résolution sur la question nationale, la plate-forme de l’UFP se dessine en douze points résumés ici 0

1. Non à la mondialisation néolibérale et oui à la solidarité internationale ;

2. Lutte à la pauvreté, pour le logement social et pour une économie alternative ;

3. Pour la protection de l’environnement et une agriculture à dimension humaine, respectueuse de notre santé, de l’environnement et de la vie ;

4. L’instauration d’un mode de scrutin proportionnel avec parité hommes–femmes ;

5. Un réinvestissement massif et immédiat pour des services publics et des programmes sociaux dont des systèmes de santé, d’éducation laïque et de garderie totalement gratuits, universels et publics et arrêt de tous les projets de privatisation dans le domaine de la santé ;

6. Une véritable équité salariale et une réponse satisfaisante du gouvernement du Québec à toutes les demandes formulées par la Coalition nationale des femmes pour l’élimination de la pauvreté et de la violence faite aux femmes lors de la Marche des femmes ;

7. La réduction du temps de travail, des mesures facilitant l’accès à la syndicalisation, le rehaussement des normes minimales du travail, des protections accrues contre les licenciements et les lock-out ;

8. Le soutien accru et efficace au développement économique des régions et la mise en place de structures électives favorisant la maîtrise politique et économique des communautés sur leur propre développement ;

9. La reconnaissance du droit à la libre autodétermination des nations autochtones et une alliance de nation à nation sur la base de traités égaux et réciproquement avantageux ;

10. La révision à la hausse de la taxation sur le capital, les profits et les biens de luxe et l’abolition des paradis fiscaux et un rééquilibrage des revenus fiscaux entre les individus et les entreprises ;

11. Que le Québec soit une terre d’accueil pour les réfugiés politiques et qu’il améliore les politiques d’intégration pour les nouveaux arrivants, notamment par des cours de français de qualité ;

12. Le droit à l’autodétermination des peuples, la sortie de l’Otan et de Norad, l’opposition à tout embargo économique ou opération militaire menées par les États-Unis.

La question nationale

La résolution sur la question nationale affirme clairement que «celle-ci est liée à l’émancipation sociale » et que « l’indépendance n’est pas une fin en soi pour ceux et celles qui en font la promotion, mais un moyen pour réaliser notre projet de société ». Ainsi, l’UFP propose l’indépendance nationale en favorisant l’émancipation sociale, l’équité et la justice sociale pour tous. L’UFP est en faveur de la tenue d’une assemblée constituante chargée de rédiger et de proposer au peuple, par référendum, une constitution pour un Québec progressiste, républicain et démocratique. L’UFP appuie une conception moderne de la nation, définie comme étant la communauté humaine vivant au Québec, ayant le français comme langue officielle de communication dans les institutions et au travail, partageant un ensemble de lois et de conventions sociales, et riche de sa diversité culturelle. Par ailleurs, l’UFP reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples aborigènes jusqu’à et y compris leur indépendance.

Les statuts

Les statuts de l’UFP prévoient un nombre au moins égal de sièges aux femmes sur le Conseil exécutif national de douze membres, une structure fédérative permettant d’accueillir des organisations sociales et politiques en plus des membres individuels et un Conseil de l’Union, instance décisionnelle, entre les congrès, composé de délégués des circonscriptions, des régions et des organisations.

La direction du parti n’a rien à voir avec la chefferie des partis de droite qui concentre tous les pouvoirs entre les mains d’une personne. Elle est composée d’un président, de deux vice-présidents agissant à titre de porte-parole (un homme et une femme) et d’une secrétaire générale qui assure la coordination et les fonctions de chef en vertu de la loi électorale.

Le congrès de l’UFP a convoqué un congrès d’orientation dans six mois pour entre autres réviser la plate-forme et les statuts et pour faire le point avant les élections générales.

* Pierre Dostie est vice-président/porte-parole de l’Union des forces progressistes. Pour rejoindre l’UFP 0 (514)278-9014.

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