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Le Bloc goes US
N° 180 - juin 1999

" On en est rendu à revendiquer le droit à la vie "
Pierre Klépock

Droits humains et syndicaux en Colombie



" L'État colombien se livre à un véritable nettoyage social, on revendique non seulement le respect des droits de la personne, mais le droit de vivre, " nous déclare Gloria Florès, présidente du Groupe de défense des droits humains en Colombie (Minga-Tous ensemble). " Le gouvernement Pastrana criminalise la contestation sociale et réprime les luttes syndicales par l'assassinat, " ajoute Ernesto Ramirez, coordonateur pour les droits humains en Colombie, à Montréal. Venus nous rencontrer au mois d'avril dernier, soulignons que Mme Florès a mis en danger sa sécurité pour nous témoigner de la situation de la violence institutionnalisée en Colombie.

Récipiendaire en 1988 du prix Robert Kennedy du Centre des droits humains, Gloria Florès nous invite à renforcer les liens de solidarité pour la défense des droits humains et syndicaux en Amérique latine. Elle nous rappelle que plus de 300 groupes paramilitaires d'extrême-droite sèment la mort et la terreur dans l'ensemble du territoire colombien avec l'appui de l'armée et de l'État. Les premières victimes de ces assassinats sélectifs sont les meilleurs représentants du mouvement ouvrier et populaire, les défenseurs des droits de la personne, les voix qui s'opposent à la guerre contre le peuple que mène l'État colombien. " Malgré l'assassinat des dirigeants du mouvement ouvrier et populaire, les massacres sans discernement de populations sans défense, la capacité de mobilisation du peuple colombien pour les droits fondamentaux va en s'agrandissant, " nous assure Ernesto Ramirez.

L'appui de l'Oncle Sam

L'appui des États-Unis et sa lutte contre les narco-traficants servent de prétexte pour anéantir le mouvement de démocratisation et d'opposition aux politiques néolibérales du gouvernement Pastrana. C'est que l'impérialisme yankee et les multinationales comme la Texas-Petroleum veulent mettre la main sur le pétrole colombien. Une zone départementale comme Arauca produit plus de 360 000 barils de pétrole par jour. L'USO (Union syndicale ouvrière) mène la lutte contre la privatisation de la compagnie d'État Éco-pétrole. Mais des centaines de militants syndicaux reçoivent des menaces ou sont victimes d'attentats. Et pour s'accaparer des ressources naturelles, des millions de personnes sont déplacées de force par l'État colombien dans des régions entières. Ici, on ne parle pas de nettoyage ethnique, mais plutôt d'un nettoyage social. Pour la classe dominante colombienne, l'ennemi à abattre, ce sont les paysans pauvres.

Les pauvres s'organisent

Face au mécontentement des paysans et en raison de l'exclusion des forces politiques populaires de toute participation à la vie sociale et politique de la nation colombienne, naissent alors des groupes de guérilla comme seule voix et seule alternative possible d'opposition politique. Des groupes d'autodéfense paysannes, tel les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP), exerce leursinfluence sur 60% du territoire national. Depuis les dix dernières années, avec l'aide des USA, l'État colombien met en œuvre une stratégie de guerre intégrale pour mettre fin au mouvement populaire de lutte pour les droits fondamentaux et la souveraineté du peuple colombien.

En guerre depuis 1948

Depuis plus de 50 ans, une sale guerre est menée contre le peuple colombien. Après le 50ième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, célébré en 1998, les pays occidentaux peuvent se réjouir des progrès accomplis en matière des droits humains. " Car il faut reconnaître que, malgré les importants reculs que les politiques néolibérales nous imposent en matière de droits civiques et sociaux, les pays occidentaux jouissent, jusqu'à maintenant, du respect du droit inaliénable à la vie, contrairement à des pays comme la Colombie ". Voici quelques crimes de lèse-humanité commis contre le peuple colombien 0

- Les 300 000 morts de la " Violencia " (1948-57)

- Exécutions extrajudiciaires de plus d'un million de personnes

- Des milliers de personnes torturées

- Assassinat d'environ un journaliste par mois depuis 20 ans

- Assassinat de milliers de syndicalistes (le pourcentage le plus élevé au monde)

- Deux millions et demi de personnes déplacées seulement au cours des quatre dernières années

- Extermination des membres des forces de gauche comme 0 Le Front Populaire, le Parti révolutionnaire des travailleurs, le Parti communiste, entre autres.

100% DE TOUS CES CRIMES RESTENT IMPUNIS

Et les pays occidentaux continuent à se fermer les yeux.

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