L'aut'journal
Le jeudi 17 octobre 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Premier bilan de la grève des infirmières
N° 182 - septembre 1999

Les États-Unis préparent une intervention en Colombie
André Maltais

Après la Grenade (1983) et le Panama (1989)



Depuis quelques semaines, les forces de gauche colombiennes lancent un appel visant à faire du 12 octobre prochain une "Journée internationale contre l'intervention militaire en Colombie". Tout laisse croire, en effet, que de grandes manoeuvres américaines se dessinent en ce moment autour de la Colombie. Comme la question ethnique en Yougoslavie, le traffic de drogue servira cette fois de prétexte pour sanctionner cruellement une population qui ne se résigne pas assez à garder sa place dans le Nouvel ordre mondial.

Ces manoeuvres commencent en juillet dernier quand la population équatorienne apprend que son gouvernement a accepté l'invasion de son territoire par 11 bases militaires américaines dont plusieurs seraient situées près de la frontière colombienne. Les raisons invoquées sont le traffic de drogues qui transiterait de l'Équateur vers la Colombie et de possibles et étranges "incursions" en Équateur des guérilleros colombiens.

Les îles antillaises d'Aruba et de Curaçao (toutes proches des côtes colombiennes et vénézueliennes) sont aussi élues pour abriter deux autres bases militaires "made in USA".

Le 16 août, le président Alberto Fujimori du Pérou modifie la loi sur le service militaire des recrues en raison de la "menace de la guérilla colombienne".

Au Brésil, selon la presse de ce pays, Washington insiste pour que les autorités augmentent le nombre de policiers le long du fleuve Içama pour "couper les routes d'approvisionnement en drogue et en armes" des FARC.

D'autres indices

La toute nouvelle présidente du Panama, Mireya Moscoso, et le général américain Barry McCaffrey, responsable de la lutte antidrogue pour l'Amérique latine, poursuivent des conversations concernant l'installation d'un "centre multirégional d'intelligence" pas trop loin de la frontière colombienne. Pourtant le traité Carter-Torrijos sur la rétrocession du canal de Panama prévoit bien que tous les militaires américains devront avoir quitté le pays le 31 décembre 1999.

En Colombie même, les pourparlers de paix entre le gouvernement Pastrana et les guérilleros se mettent soudainement à piétiner, en juillet dernier, suite à des rumeurs de coup d'état émanant de Washington et à une demande d'intervention de la communauté internationale (Brésil, Mexique et États-Unis) de la part des militaires colombiens

Le 18 août, le président Clinton tient une réunion avec les plus hauts membres de son cabinet sur le seul thème de la "crise colombienne". Une semaine plus tard, la Maison Blanche annonce une aide militaire accrue de plus du double pour la Colombie qui était pourtant déjà le troisième récipiendaire mondial de l'aide militaire américaine (après Israël et l'Égypte).

Avion espion

Au même moment, on apprend qu'un prêt de trois milliards de dollars est en négociation entre le gouvernement colombien et le FMI soi-disant pour "défendre la monnaie".

Gustavo Becerra, correspondant colombien pour Granma International, révèle qu'approximativement 300 officiers américains sont déjà à l'oeuvre dans la forêt tropicale colombienne, ce que tendrait à confirmer la mort de cinq militaires américains dans l'écrasement d'un avion espion, au début du mois d'août, dans la jungle de Colombie.

Ces morts, dit Becerra, "pourraient être comptées comme les premières pertes d'une intervention directe de

Washington dans les affaires internes de cette nation [colombienne]."

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.