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Premier bilan de la grève des infirmières
N° 182 - septembre 1999

Lettre ouverte à Lucien Bouchard
Jacques Larue-Langlois
Monsieur le premier ministre,

Vous vous êtes comporté, avec les infirmières comme le fossoyeur de la social démocratie, d'ailleurs moribonde, que vous prétendez représenter. Issu des rangs conservateurs, vous ne pouvez vous empêcher de mener le Québec à la baguette0 "Même si tout le mode a raison, je vais leur montrer moi, qui c'est qui mène ici. Ils et elles n'ont qu'à se soumettre. La loi, c'est moé", reprenez-vous implicitement par votre attitude, dans la foulée de Maurice Duplessis, un autre grand conservateur désireux de nous sauver à n'importe quel prix.

En vous mettant en tête – alors que votre programme électoral n'y faisait même pas allusion – d'atteindre le déficit zéro, quitte à le faire rembourser par les plus démunis, vous avez réussi, en trois brèves années à tuer dans l'oeuf toute velléité d'indépendance chez les citoyens que vous prétendez représenter. On serait alors en droit de se demander si vous n'avez pas vraiment été planté à cette fonction par un organisme fédéraliste dans le but de noyer le poisson. Car il est de plus en plus évident que personne au Québec ne souhaite un pays indépendant dont vous et vos lieutenants détiendriez les commandes.

Votre Québec ne m'intéresse pas

Pour ma part, j'ai été membre du RIN dès 1961, j'ai milité de toute mon énergie pour la cause du Québec indépendant depuis près de 40 ans, sans jamais adhérer au PQ dont j'ai supputé les visées réactionnaires qu'incarnait René Lévesque et que vous perpétuez servilement. Arrêté à quelques reprises et battu par les flics, j'ai passé douze semaines en prisons en 1970. Je ne m'en plains pas. Je l'ai fait avec fierté, pour une cause qui me tenait à coeur. Or, je vous le dis, le Québec indépendant que vous prônez ne m'intéresse aucunement. Je m'engage formellement à travailler contre le PQ tant qu'il ne sera pas redevenu le parti social-démocrate qu'il prétendait jadis incarner pour tous les Québécois.

Ce parti est devenu votre petit fief à vous et celui de vos téteux pour qui tout ce qui compte c'est le pouvoir. Que Bernard Landry se rassure0 il ne peut y avoir de référendum au cours du présent mandat, les conditions gagnantes que vous posez comme exigences à sa tenue même ne peuvent être réunies sous le règne du parti que vous dirigez. Et l'âge ne fait rien à l'affaire, comme s'en gaussait tonton Georges, infiniment plus efficace et indubitablement plus drôle qu'oncle Bernard, sexagénaire et pourtant indépendantiste.

Dans un monde où les riches trouvent toujours moyen d'éviter de payer des impôts alors que les petits crève-la-faim n'ont qu'à se taire et à casquer, vous, M. le premier ministre, êtes à la fois la cheville motrice et la caution politique de ce désordre social, lequel ne peut dorénavant, grâce à vos bons soins, que d'étendre et gagner tous les travailleurs à la cause de la révolution.

J'en appelle à la dissidence

Pour le moment, cela va plutôt bien0 après la fermeté des infirmières appuyées par les médecins, les services d'Urgence-Santé, les pharmaciens d'hôpitaux, les employés d'Hydro-Québec et, avant la fin du mois – sons l'espérer –- les enseignants. Et ce n'est que là la partie apparente de l'iceberg car, vous le sentez comme nous0 la population entière est derrière les exploités qui se soulèvent, qui en ont assez de payer des impôts pour engraisser les parlementaires à la remorque des vrais pouvoirs, ceux de l'argent.

J'en appelle à la dissidence, au mépris souverain de l'institution que vous représentez. Il semble que soient enfin réunies les conditions objectives du renversement de l'autorité pourrie qui soutient les nantis aux dépens des démunis. Si seulement tous le syndiqués du Québec unissaient leurs efforts pour tenir tête à la morgue et à la bêtise qu'incarne le gouvernement dont vous avez le contrôle, ils ne feraient qu'une bouchée de vos marionnettes que manipule la haute finance. L'indépendance sous un tyran prêt à faire toutes les concessions pour aider les pauvres millionnaires du baseball ou du hockey avec l'argent qu'il refuse aux honnêtes travailleurs, personne n'en veut. Il faut que la gauche se réactive.

Quant à vous, Monsieur le premier ministre, je profite de la rentrée pour espérer, votre sortie, le plus rapidement possible, des fonctions que vous avez usurpées en faisant miroiter la possibilité d'une indépendance que vous souhaitez limitée à la chose politique, alors qu'elle doit absolument passer par la fin de l'exploitation et la juste répartition des biens entre tous les citoyens, sans exception.

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