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Le FRONT COMMUN est ESSENTIEL
N° 183 - octobre 1999

Les mensonges politiques de la finance
Paul Rose
L'affrontement ultime entre le plus gros employeur du Québéc et ses employéEs approche. Le nouveau prétexte " humaniste " de celui qui se comporte en premier Boss du Québec est tout trouvé 0 baisses d'impôts. Bien des chiffres vont être avancés par la grosse machine du capitaine-Canada, d'autres, les seuls pertinents ceux-là, circuleront en sous-main, dans les coulisses de l'État Provigo-Loblaws.

Pour les glaner, il faut cependant fouiller dans les publications les plus difficile d'accès de ces véritables plénipotentiaires de l'information économique capitaliste que sont les institutions financières en général et les grandes Banques en particulier (voir encadré).

Double discours

Ayant librement accès à ces informations privilégiées à circulation restreinte et à l'exclusivité des modes de cueillettes de données de premières mains dont disposent "de facto" les Banques, toutes les firmes d'affaires sont au parfum depuis longtemps de la réalité cachée des budgets Landry. Et de l'excessive prudence (un euphémisme feutré, dans ces pages financières, pour mensonge politique) dont celui-ci fait montre dans ses dernières prévisions économiques.

Les taux de croissance respectivement anticipés de 2,1 % pour 1999-2000 et 2,3 % pour 2000-2001 étaient dans les faits bien en deçà de la réalité connue tant du petit ministre que de ses maîtres financiers patenteux du nouvel ordre mondial.

Ainsi quelques semaines plus tard la Bank of Montreal annonçait discrètement des taux de 3,5 % et 2,9 %, la CIBC des taux de 3,5 % et 2,6 %, et l'officine du gouvernement Landry, la Caisse de dépôt du Québec, 3,3 % et 2,6 % ! Bref les publications bancaires parmi les plus conservatrices, s'annonçaient entre elles des taux moyens de croissance économique largement supérieures au Bonhomme sept heures en chef.

Une marge de manoeuvre de plus de 4 milliards $

Au décompte de la honte 0 des revenus budgétaires " non prévus " de plus de 1,16 milliard $ en 98-99 et de plus de 700 millions $ en 1999-2000. Alors qu'en regard des mêmes budgets Landry, une des études les plus conservatrices, pilotée par l'économiste en chef de la Banque Royale (John McCallum, sept. 99) annonce des surplus " non prévus " de plus de 1,5 milliard $ en 2000-2001 lesquels, précise-t-elle, grimperont au minimum jusqu'à 5,1 milliards $ en 2004-2005 et à 8,3 milliards $ en 2007-2008!

Une pluie de milliards $ tirés de la sueur et du sang du peuple. Les Banques annoncent que ces mannes de surplus iront en priorité au service de la dette et orientées vers la baisse des impôts des corporations (même si la part d'impôts payée par celles-ci n'a jamais été aussi basse au Canada 0 actuellement à peine 14 % des recettes de l'État proviennent des entreprises contre 48 % des particuliers, exactement l'inverse de la situation qui prévalait dans les années '50). Tous les scénario mis de l'avant conduisent dans les coffres blanchis des Banques et dans les poches voraces de leurs bailleurs de fonds.

Au total, pour la seule période 98-2001, ce seront donc des surplus de l'ordre de 3,36 milliards $. Somme à laquelle il faudra ajou-ter la différence entre les taux d'intérêts réels et la surélévation volontaire des taux d'intérêts à court et long terme annoncés au dernier Budget Landry, un écart qui se traduira cette année (99-2000) par plus de 600 millions $ de surplus " non prévus ". Et tout autant l'année prochaine. C'est donc d'une marge de manœuvre de 4 à 4,5 milliards dont dispose l'État québécois pour la période concernée par les négociations publiques.

Des données que l'on ne risque pas de retrouver trop trop souvent dans " nos " médias à l'automne!

Maux cachés en chiffres

Au même titre d'ailleurs que les coûts des demandes de dégel des syndiquéEs du public. Selon le Front commun, ces revendications les plus légitimes sont évaluées globalement à des sommes respectivement inférieures à 1,5 milliard $ cette année et l'année prochaine (en fait à la signature 389 millions$ de rétro pour 98-99 plus 859 millions $ pour l'année financière en cours et, enfin, un peu plus de 1,3 milliard $ en 2000-2001). Une dépense sociale récurante pourtant des plus " réalisteset raisonnables " en rapport avec la marge de manœuvre dégagée.

Rien d'autre qu'un rattrapage minimal de dignité en regard du cumul, effectué sur le dos du monde ouvrier, de quelque 40 milliards $ de surplus (" non prévus " par Québec, toujours) qu'anticipent dans la présente décennie (98-2008) les économistes banquiers les plus " prudents " !

Pour un gel de la dette

Une goutte d'eau dégelée que ces demandes du secteur public, quand on pense notamment que, cette année seulement, à la manne de surplus " non prévus " s'ajouteront ce 10 milliards $ (7,3 milliards $ en intérêts uniquement 0 trop bien prévus ceux-là !) que le gouvernement péquiste s'apprête une autre fois à déverser dans ce puits sans fond qu'est le service de la dette. Donc dans les poches de pauvres milliardaires! Exercice futile que les maîtres actuels de l'Assemblée nationale voudraient voir répéter pendant d'infinies décennies, au sacrifice de la souveraineté politique et du patrimoine social-culturel du Québec.

Bien sûr à l'opposé il y a les " utopistes ", ceux qui demandent le gel du paiement de la dette et des intérêts. Ceux qui proposent des solutions d'urgence, tel le réinvestissement de 10 milliards $ ou plus, dès cette année, dans les services publiques, les programmes sociaux et culturels, l'emploi, le développement durable, etc. Celles et ceux qui, de toutes les façons, placent le bien être de la société au dessus de celui de quelques milliardaires de la planète, et qui considèrent que la dette réelle du Québec (pas celle aujourd'hui surévaluée à 100 millards $ et artificiellement en progression exponentielle à chaque mois), a déjà été, comme bien d'autres dettes publiques dans le monde, remboursée largement avec les seules pointes de hausses en flèches des intérêts " patentées ", depuis 1979 notamment, par le monde de la finance.

La transparence opaque des Banques

Communications économiques à usage restreint, données protégées pour clientèle privilégiée des groupes financiers et des détenteurs d'actions votantes 0 pas facile de percer le monde fermé de l'information financière. Surtout lorsque ce type d'information concerne le sort et l'avenir de la société.

Passons outre les réactions officielles des institutions financières aux budgets du Québec, d'Ottawa0 destinées au " large " public des journalistes complaisants, elles ne sont que généralités, propagande et " idéologie ".

Essayé, par contre, d'avoir le code d'accès personnalisé permettant de connaître au moment utile, avant qu'elles ne soient passées date, des Études ou Perspectives économiques les plus pointues des Banques Royale et Nationale relève du véritable tour de force. Outre les informations personnelles, on exige le nom de votre entreprise, celui du directeur de compte à la Banque, celui du groupe finance de la Banque, l'unité opérationnelle, etc. Sans ces renseignements, impossible d'obtenir code d'utilisation et mot de passe. À moins de connaître (et encore!) un actionnaire critique genre Yves Michaud, ce qui ne se trouve pas à tous les coins de rues!

Au Mouvement Desjardins on est beaucoup plus subtil ! Chez le maître dans l'art du labyrinthe et de la file d'attente, on vous a à l'usure ou... autrement ! Sur son site Internet, par exemple, après mille entourloupettes, impossible au commun des mortels, d'avoir accès en fin de piste au document recherché à moins de télécharger un logiciel " Acrobat " au modique coût de 425 $ ! À la Banque de Montréal et à la CIBC, de plus, les documents économiques les plus pertinents, même avec le code d'accès, ne sont disponibles qu'en anglais. L'affront suprême vient cependant de la Caisse de dépôt du Québec où les Cycles & tendances les plus à date s'affichent sur le Web dans la seule langue de Shakespeare ! Par contre les allocutions insignifiantes de son PDG Secrétaire prononcées dans les cercles les plus fermés sont " traduites " en français …!

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