L'aut'journal
Le jeudi 6 août 2020
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Le FRONT COMMUN est ESSENTIEL
N° 183 - octobre 1999

Le massacre continue
Pierre Klépock

Santé-sécurité au travail



En 1998, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a reconnu 208 décès, dont 134 à la suite d'un accident du travail et 74 reliés à une maladie professionnelle. Phénomène préoccupant, 6 de ces accidents de travail mortels ont frappé des jeunes de moins de 20 ans. Toujours en 1998, la CSST a ouvert 157 322 nouveaux dossiers relativement à des lésions professionnelles, soit 1,3 % de plus que les 155 348 dossiers ouverts en 1997. Implacables, les boss du Québec ont besoin du sang ouvrier pour augmenter leur profits.

Sur les 157 322 nouveaux dossiers reçus par la CSST, 138 196 réclamations ont été acceptées et 19 126 autres refusées. Comme par hasard, le conseil d'administration fait état d'un surplus de 310,3 millions de dollars et, à la demande du patronat, abaisse le taux moyen de cotisation des employeurs de 15 cents pour l'an 2000 (une baisse de 40 cents en deux ans). Rappelons que le taux moyen est passé à 2,22 $ du 100 $ de masse salariale en janvier 1999, alors qu'il était de 2,47 $ en 1998.

Des surplus sur le dos des accidentés

Depuis les cinq dernières années, la CSST enregistre des surplus de plusieurs millions de dollars, en diminuant les durées d'indemnisation et en forçant le retour au travail des travailleurs et travailleuses accidentés. La commission répond ainsi aux exigences des boss et entend maintenir le cap. Et si certains perdent leur vie à la gagner, faute de réinvestissement dans l'inspection du travail, vous l'avez deviné, c'est fatalement la faute à " pas de chance "...

Danger, travail

Alors que les accidents du travail et les maladies industrielles font perdre plus de journées d'ouvrage que les grèves et les lock-out au Québec, un total de 12,3 millions de jours de travail perdus en 1998, les boss refusent toujours d'éliminer à la source les conditions dangereuses sur les lieux de travail, comme le prévoit la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST). On aura beau avoir les lois les plus sévères, pour en assurer l'application, il n'y a qu'une seule voie pour les 2 692 257 salariés couvert par la LSST, des syndicats puissants et combatifs.

L'imposition d'une véritable protection des travailleurs et travailleuses passe par l'implantation de Comité d'action syndical de lutte pour la santé-sécurité, élus par les salariés dans les entreprises et les chantiers, intégrés au combat mené contre le système capitaliste. Quand sera-t-il possible de dire un jour avec raison0 " Le travail, c'est la santé ".

Plus d'un million de tués par année

Selon les estimations du Bureau international du travail (BIT), chaque année on enregistre plus d'un million de décès liés au travail, tandis que 250 millions de travailleurs et travailleuses dans le monde entier sont victimes d'accidents du travail et 160 millions souffrent de maladies professionelles. Comme le souligne le BIT, des milliers de vies pourraient être sauvées chaque année si des mesures de sécurité étaient appliquées. Mais le patronat préfère toujours les profits avant la santé et la vie du monde ouvrier.

Ce lourd bilan est l'équivalent de 685 000 accidents par jour, 475 par minute et 8 par seconde. 3 000 personnes sont tuées par leur travail chaque jour, soit 2 par minute. L'amiante est à elle seule à l'origine du décès de 100 000 travailleurs par an. Fait aggravant, 12 millions d'accidents professionnels touchent des enfants qui travaillent et environ 12 000 d'entre eux sont mortels. Sans compter les cas de maladies et d'accidents professionnels non enregistrés par les statistiques officielles.

Première cause de décès dans le monde

Cette hécatombe de 1,1 million de décès liés au travail dépasse les moyennes annuelles de morts causées par les accidents de la route (999 000), par la guerre (502 000), par la violence (563 000) et par le sida (312 000). Environ un quart de ces décès touchent des travailleurs et travailleuses qui ont été exposés à des produits dangereux leur ayant causé une maladie grave comme le cancer ou des troubles cardiovasculaires, respiratoires et nerveux.

Augmentation des victimes

Le BIT a averti que le nombre de victimes souffrant de maladies professionnelles devrait doubler d'ici 2020 et que, si les gouvernements dans le monde n'imposent pas, dès maintenant, des mesures correctrices au patronat, les travailleurs et travailleuses exposés actuellement seront mort en 2020. Qui a dit que le travail c'est la santé?

Des victimes de plus en plus jeunes

Au Québec, les jeunes sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail et ils y arrivent de plus en plus tôt. Selon les statistiques de la CSST, en 1996, 8 041 jeunes âgés de 20 ans et moins se sont blessés au travail. Les accidents recensés ne constituent pas des cas mineurs puisque ces travailleurs accidentés ont reçu des indemnités de remplacement de revenu pendant une durée moyenne de 23 jours.

Entre 1987 et 1996, une cinquantaine de jeunes travailleurs de 15 à 19 ans sont décédés en raison d'accidents de travail. Pas mois de 41 000 accidents professionnels ont touché des personnes de ce groupe d'âge entre 1991 et 1996. Les accidents sont surtout concentrés dans le secteur du commerce (vente au détail, épicerie) et d'autres services commerciaux (camelots, livreurs de circulaires, etc). À quand le retour des enfants de 5 ans dans les mines et les usines?

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.