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Le FRONT COMMUN est ESSENTIEL
N° 183 - octobre 1999

Un journal pour le monde syndical et populaire
Pierre Dubuc
Le journal Le Devoir a résumé en un entrefilet non signé, intitulé " Lapierre se déchaîne ", le contenu de la conférence de presse de Jean Lapierre et Denis Maynard auquel nous accordons l'importance qu'elle mérite dans les pages de ce journal étant donné les enjeux en cause. L'entrefilet se termine par ces mots 0 " Ça fait six ans que je me tais ; il n'y a personne qui va me bâillonner " a lancé M. Lapierre après qu'une journaliste a tenté d'interrompre son long discours alambiqué " (Le Devoir, 23/09/99).

En fait, le discours de Lapierre n'était pas alambiqué et la journaliste qui a tenté de l'interrompre était nulle autre que Kathleen Lévesque, la journaliste du Devoir, celle-là même évidemment qui relate de façon anonyme les événements la mettant en cause comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre ! Du grand journalisme ! Et dire qu'on retrouve au nombre des principaux bâilleurs de fonds du Devoir ces mêmes organisations syndicales que le journal massacre quotidiennement !

Le mouvement syndical est sans voix

Depuis plusieurs années, le mouvement syndical fait face à une offensive en règle. Dans le secteur privé, les syndicats sont souvent forcés de faire des concessions, de signer des contrats de longue durée. Dans le secteur public, les lois spéciales et les amendes s'abattent sur les grévistes et leurs organisations, comme ce fut le cas avec les infirmières cet été. Les tribunaux s'en mêlent ; apparaît au grand jour une justice de classe. Le dossier des cols bleus en témoigne, tout comme l'acharnement judiciaire contre Lorraine Pagé.

Face à cette offensive, le mouvement syndical et populaire est sans voix. C'est sa plus grande faiblesse. Tous les médias sont contrôlés par le patronat. La Presse de Desmarais, Le Soleil de Conrad Black, le Journal de Montréal et de Québec de Péladeau, Le Devoir d'Outremont entonnent en choeur le même discours néolibéral, capitaliste et patronal. Et, paresseusement, les médias électroniques ne font que reprendre ce qui se trouve dans les journaux.

Faites l'exercice de compter le nombre d'articles relatant les déclarations d'associations comme les Chambres de commerce, le Conseil du Patronat, l'Association des manufacturiers ou des banquiers en faveur d'une réduction d'impôt de 20 %. Ça semble faire l'unanimité car, rarement, on publie une voix discordante. Pourtant, les derniers sondages démontrent qu'une majorité de Québécoises et de Québécois favorisent plutôt un réinvestissement dans les soins de santé et de l'éducation plutôt qu'une baisse d'impôts. Le traitement journalistique qu'on réservera au cours des prochains mois aux salariés du secteur public sera une preuve supplémentaire du parti-pris patronal.

Le mouvement syndical n'a pas de presse nationale pour faire valoir son point de vue, discuter de stratégies, débattre de nouvelles idées. Alors que la droite a compris la nécessité d'articuler un discours unique vantant les mérites du marché, des privatisations, des compressions budgétaires et de le diffuser largement, le mouvement syndical se contente de déplorer le caractère biaisé des médias comme s'il était possible de les réformer.

Des solutions

Certains constats s'imposent. Premièrement, les grands médias ne sont pas réformables. Ils vont continuer à présenter le point de vue de leurs propriétaires. Deuxièmement, le mouvement syndical et populaire doit faire autre chose que se plaindre les bras croisés.

S'il apparaît utopique pour le moment de penser à la mise sur pied d'un quotidien ou d'un hebdomadaire progressiste à grand tirage, des initiatives peuvent y conduire. L'équipe de l'aut' journal en propose et invite l'ensemble du mouvement syndical et tous les individus progressistes à les prendre en considération.

Rappelons d'abord que l'aut' journal paraît à chaque mois depuis 15 ans et son tirage régulier est d'environ 20 000 exemplaires. Son budget pour l'année qui s'est terminée le 31 juillet dernier a été de 90 000 $. C'est dire qu'il compte surtout sur le militantisme de ses collaborateurs et collaboratrices pour la production du journal et sa diffusion.

Au début du mois d'octobre, l'association Les AmiEs de l'aut' journal verra le jour. Son objectif général est de mettre sur pied un réseau militant de distribution à travers le Québec, d'aider au financement du journal et d'organiser des activités tels des colloques, des conférences, des lancements de livres.

Le samedi 16 octobre, l'aut' journal organise avec d'autres publications progressistes un colloque sur la presse alternative à Drummondville. Notre objectif est de stimuler le développement d'une presse alternative dans les différentes régions du Québec. Nous discuterons également de l'utilisation possible des nouvelles technologies de communication pour briser le monopole des médias traditionnels et des multiples avenues qu'elles offrent.

Nous vous invitons, d'abord à vous abonner au journal, puis à vous joindre aux AmiEs de l'aut' journal et à participer au colloque sur la presse alternative. Il n'y a pas de solutions miracles. Seuls le militantisme et le soutien des organisations syndicales, populaires et des individus progressistes permettront l'émergence de cette presse progressiste dont nous avons tant besoin.

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