L'aut'journal
Le jeudi 23 mai 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Le FRONT COMMUN est ESSENTIEL
N° 183 - octobre 1999

Les dividendes et les gains de capitaux financés par les baisses de salaires.
Michel Bernard et Michel Chartrand
On parle de la pression des gros syndicats ; on devrait plutôt parler de la pression du capital qui produit une société tendue vers le profit-éclair, qui rase à blanc, qui vide les océans pour la fortune d'une minorité. Le capital ne partage plus avec le travail.

On a tenté de nous faire accroire que les actions des compagnies étaient tellement largement détenues par le petit peuple canadien, qu'il s'agissait d'un capitalisme populaire, presque un néo-communisme. En vérité, les 10 % des Canadiens mieux nantis détiennent 50 % de la richesse (incluant actifs financiers, maisons familiales, autres immobiliers, etc.) et environ 70 % des actifs financiers du genre actions et obligations. Les 1 % des mieux nantis détiennent environ 25 % de la richesse et 40 % des actifs financiers1. Donc, les actions de compagnies sont concentrées entre les mains d'une minorité.

Les 300 000 contribuables qui gagnent plus de 100 000 $ par année (1,5 % des contribuables) récoltent 45,3 % des dividendes ; ils bénéficient donc de 45,3 % du total des crédits d'impôts pour dividendes. Ils récoltent 70,2 % des gains de capital (par exemple le gain que l'on fait en vendant des actions) et en bons free-riders bénéficient de 80,6 % des exemptions sur gain de capital (25 % des gains de capital sont exemptés d'impôt, petite faveur de nos gouvernements aux riches).

Ces derniers réclament 41,6 % des frais de placement (intérêt, commission) qui sont déductibles d'impôt contrairement aux dépenses des salariés. Ce sont eux qui pressurisent les managers qui pressurisent les travailleurs. Ils ne sont pas dans la rue mitraillette à la main, mais ils ont leur armée de mercenaires intellectuels et ils déterminent tout aussi sûrement nos vies.

Ils ont su donner à leur coup de force des dernières décennies la forme du droit et conférer un air de légitimité à leur richesse en s'appuyant sur le discours néolibéral que leurs économistes concoctent. La Cour d'appel du Québec vient même d'accorder aux employeurs le loisir de surveiller clandestinement les employés dans le contexte de leur vie privée s'ils ont des motifs de douter de leur loyauté. C'est un appauvrissement de la dignité des travailleurs et une exonération des patrons face au respect des droits de la personne.

1. Les données et le tableau sont tirés de STANFORD, Jim, " Debunking the Myth of "People's Capitalism", Vast Majority of Shares Held but Élite of Well-off Families ", The CCPA Monitor, The Canadian Centre for Policy Alternatives, vol. 6, no. 4, p. 15-17.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.