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Le FRONT COMMUN est ESSENTIEL
N° 183 - octobre 1999

Université Coke
Anne-Marie Tremblay et Anne-Marie de la Sablonnière
L'Université du Québec à Montréal s'apprête à signer un contrat d'exclusivité de dix ans avec la multinationale Coca-Cola, qui lui permettra d'empocher 550 000 $ par année. Plus de 19 000 étudiants et étudiantes, ceux d'art, de lettres, de communication, de sciences humaines et d'éducation sont en désaccord avec cette entente.

Par ce contrat d'approvisionnement, Coca-Cola vise une augmentation de la consommation de 130 %. L'entente prévue de dix ans se prolongerait de deux ans sans compensation financière si Coca-Cola n'a pas atteint ses objectifs de vente. Le nombre de machines distributrices, contenant eau, jus, boissons gazeuses et autres boissons non alcoolisées, devrait doubler.

Une hausse déguisée des frais de scolarité

Dans la plupart des points de vente, le format de boisson passerait de 355 ml à 610 ml, ce qui équivaut à une augmentation du prix de 50 cents. L'argent versé à l'UQAM représenterait près de 0,25 % du budget annuel. Cette somme servirait entre autres, à l'amélioration du matériel informatique, à financer des bourses d'étude et à l'embauche d'étudiants dans des projets de recherche. Il faudra voir quel genre de recherche...

Le contrat n'oblige pas l'université à afficher des publicités de Coca-Cola, mais les 206 distributrices aux couleurs éclatantes de Coke, Fruitopia, Powerade ou Minute Maid, par exemple, sont aussi efficaces qu'un panneau publicitaire. En plus, chaque personne qui déambule avec, à la main, un produit Coca-Cola ou qui le dépose sur son bureau devient une publicité ambulante, comme le soulignait un étudiant lors de l'Assemblée générale de l'AGEsshalcUQAM (Association étudiante de sciences humaines, art, lettres et communication de l'UQAM). D'ailleurs, la multinationale estime que 80 % des achats se font d'une manière impulsive.

En fait, Coca-Cola achète une clientèle captive, déjà surendettée. Selon Dominic Pilon, responsable aux finances et aux services à l'AGEsshalcUQAM (représentant 14 000 étudiants), " C'est encore les étudiants qui vont payer, parce que 40 % du prix déboursé retournera dans les poches de l'université. En fait, c'est une hausse des frais de scolarité déguisée ".

Non au contrat d'exclusivité

Selon l'Unité, le journal de l'association étudiante, la rectrice Paule Leduc a déclaré que " si les étudiants ne veulent pas de contrat d'exclusivité, ils peuvent le refuser ". " Reste à voir si la rectrice tiendra ses promesses ", souligne Dominic Pilon. Les membres de l'AGEsshalcUQAM se sont justement prononcés le 23 septembre dernier contre l'entente avec Coca-Cola et contre toute forme de contrat d'exclusivité avec un organisme à but lucratif. Les membres de l'association des étudiants en éducation se sont également prononcés contre, mais les étudiants en gestion sont pour.

Les ententes d'exclusivité fusent au moment où un réinvestissement massif dans l'éducation est demandé de toutes parts. Le cégep du Vieux-Montréal a déjà signé un contrat avec Coca-Cola et l'Université de Montréal avec Pepsi. L'UQAM a déjà de tels contrats avec Rougemont et Pepsi par exemple. La différence, c'est que ces ententes ne visent pas une hausse de consommation et qu'elles sont de courte durée. Dans notre société, la publicité est de plus en plus agressive et omniprésente. Ne serait-il pas nécessaire que les écoles soient protégées de ce fléau ? La publicité nous poursuit partout, même dans les toilettes ! Jusqu'où cela ira-t-il ? Un débat sur la publicité dans l'éducation est plus que nécessaire.

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