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Lulu 1er
N° 184 - novembre 1999

Les COFI 0 prochaines victimes du couperet ?
Luc Charlebois
Le gouvernement du Québec songe à fermer les Centres d'orientation et de formation des immigrants (COFI). Nous sommes en droit de nous poser des questions sur les véritables intentions du gouvernement dans ce dossier. Luc Perron, le président du Syndicat des professeurs de l'État du Québec (SPEQ) nous explique les intentions véritables du gouvernement.

“ Ce sont des technocrates qui ne connaissent rien au milieu qui ont imaginé un tel scénario. " C'est ainsi que M. Perron décrit les instigateurs du plan de fermeture, qui se pourléchent les babines à l'idée des économies qu'entraînerait la fermeture des COFI. " Ils se disent, comme par enchantement, que notre clientèle pourrait s'intégrer au réseau régulier d'enseignement (commissions scolaires, cégeps et universités) ! Évidemment, ils n'ont pas tenu compte du fait que ces gens ne vivaient pas les mêmes problématiques que les autres étudiants de ces institutions. Actuellement, des tentatives sont menées dans des cégeps et des universités et les résultats sont peu concluants. "

Ce qui n'est pas étonnant sachant que la clientèle des COFI est composée de nouveaux arrivants au Québec qui ne parlent pas un mot de français au début des cours. Ils sont dirigés vers les COFI pour les apprentissages de base, axés sur l'oral surtout, et s'ils le désirent, ils poursuivent leur apprentissage du français dans les commissions scolaires, celles-ci se chargeant principalement du volet écrit. Il est aussi à noter que, contre toute logique, le gouvernement se prépare à donner le volet écrit aux cégeps et aux universités, rendant encore plus précaire la situation des professeurs de francisation (écrite) dans les commissions scolaires.

Une simple récupération d'argent ?

Il est malheureusement à redouter que la véritable raison de ce triste projet soit économique plutôt que pédagogique. En comparant les conditions de travail des professeurs du SPEQ et celles des professeurs de l'éducation des adultes à la CEQ, on s'aperçoit que, pour la même tâche effectuée dans une commission scolaire, les enseignants aux adultes gagnent environ 25 % de moins que leur collègues du SPEQ, même s'il n'y a pas de différence entre les tables salariales des professeurs de la CEQ et ceux du SPEQ.

À l'éducation des adultes, il faut totaliser 800 heures d'enseignement (peu importe la répartition heures/semaine) dans un contrat pour être considéré temps plein 100 % de tâche. Dans les COFI, par contre, les professeurs occasionnels sont considérés à temps plein lorsqu'ils enseignent 20 heures/semaine, peu importe le nombre total de semaines travaillées à l'intérieur du contrat.

Nos fameux technocrates s'y connaissent peu en pédagogie, mais ils savent compter. Ils ont constaté que le programme enseigné dans les COFI avait une durée standard totalisant 600 heures d'enseignement. En le faisant faire en " sous-traitance " dans les commissions scolaires, ils paient l'enseignant à 75 % d'un salaire temps plein parce que l'on calcule son salaire sur une base de 800 heures (600/800 = 0,75), même si ce dernier donne 20 heures de cours/semaine comme son collègue du COFI. Donc une récupération de 25 % pour le gouvernement, la passe quoi !

Quelques explications

Perron nous explique en partie pourquoi le transfert des activité des COFI dans les commissions scolaires ne s'est pas encore fait 0 " Notre convention collective dit clairement que les professeurs permanents transférés ou cédés à une autre institution doivent conserver leur statut et les avantages auxquels ils avaient droit dans les COFI. C'est une obligation de la part du gouvernement. " Du coup, les technocrates ont dû comprendre que la récupération salariale projetée se faisait évacuer par cette clause... Sauf que la moyenne d'âge étant élevée chez les professeurs des COFI, il se pourrait très bien que le gouvernement n'attende que les nombreux départs à la retraite qui se profilent pour réaliser son projet. En effet, il n'aura qu'à ne pas remplacer les professeurs permanents qui partiront à la retraite pour faire appel à la "sous-traitance" des commissions scolaires au fur et à mesure que les départs se confirmeront...

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