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La pilule c'est la santé
N° 209 - mai 2002

Michel Sawyer élu président du Syndicat de la fonction publique (SFPQ)
Pierre Dubuc

Seul, sans équipe, sans attaches et au-dessus de la mêlée



Avec l'abaissement de l'âge de la retraite, les jeunes retraités avec une bonne expérience syndicale sont fort en demande dans toutes sortes d'organismes communautaires où leur savoir-faire peut être mis à profit. Mais il peut également se produire qu'une personne éligible à la retraite soit plus utile en ne prenant pas sa retraite ! C'est le cas de Michel Sawyer qui vient d'être élu président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Michel Sawyer est un personnage bien connu dans les milieux syndicaux, populaires et politiques. Président régional de la section Montréal-Laval du SFPQ depuis 1976, il a été de tous les combats, de toutes les manifestations. Sa candidature « seul, sans équipe, sans attaches, au-dessus de la mêlée » précise-t-il, a été perçue par une confortable majorité du congrès comme le moyen de ramener la cohésion dans un syndicat divisé au cours des dernières années. Soulignons que ce n'est qu'avec une voix de majorité que le congrès précédent avait élu Serge Roy à la présidence.

Le SFPQ demeure indépendant

Un des débats les plus tumultueux ayant déchiré le syndicat depuis plusieurs années était celui du retour au sein de la CSN. Le SFPQ s'est désaffilié de la CSN lors du schisme qui a suivi le Front commun de 1972. Rappelons brièvement les faits. La direction de la CSN avait décidé de défier la loi spéciale du gouvernement Bourassa visant à briser la grève du Front commun. La CSN a perdu alors un tiers de ses effectifs. Dans le cas des fonctionnaires, le référendum n'avait donné que 51 % aux partisans de la désaffiliation. Ce qui explique que le débat a fait long feu.

En février 2001, le président Serge Roy a démissionné de la présidence. Au nombre des raisons qu'il a invoquées, il a mentionné le refus de l'exécutif national d'amorcer une réflexion sur la réintégration éventuelle du syndicat dans les rangs de la CSN. Le débat ne pouvait donc manquer de refaire surface au congrès de mars dernier.

« Nous avons décidé de maintenir le statu quo et de demeurer indépendant, après un débat ouvert, respectueux des différents points de vue, au cours duquel une personne déléguée sur dix a pris la parole », précise Michel Sawyer.

Le nouveau président s'est donné pour mandat de ramener la cohésion interne. « Il faut, dit-il, aller au-delà des préjugés régionaux. C'est bien la diversité, mais il ne faut pas que ça dégénère en politicaillerie. Nos membres doivent comprendre que, de la Gaspésie à l'Outaouais, de l'Abitibi à Montréal, ils ont tous un point en commun 0 faire partie de la même organisation. »

Place aux femmes, place aux jeunes

Le congrès a aussi décidé de faciliter l'implication des femmes qui représentent aujourd'hui 60 % du membership. « Il faut assurer une qualité de vie, une qualité de militance », reconnaît Michel qui fait siennes les décisions du congrès d'augmenter la présence des femmes dans les structures syndicales.

« Il faut aussi faire preuve d'ouverture aux jeunes », explique-t-il en soulignant le rajeunissement en cours de la fonction publique. « Les représentants du comité des jeunes seront dorénavant élus directement par le congrès », ajoute-t-il.

Cette consolidation interne du syndicat devrait faire en sorte que « le SFPQ reprenne la place qu'il doit avoir dans les négociations nationales, mais également au quotidien », nous dit Michel Sawyer. «J'ai toujours été un gars de terrain et je veux être un président de terrain », conclut-il.

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