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Lulu 1er
N° 184 - novembre 1999

tout feu tout femme
Élaine Audet

Une publication féministe



Je suis très heureuse aujourd'hui de présenter ce deuxième supplément des femmes de l'aut'journal. Le premier a été distribué lors de l'assemblée publique du Rassemblement pour une alternative politique (RAP), au Cégep Maisonneuve, en novembre 1997, afin de mettre de l'avant les revendications des femmes et la nécessité d'instaurer la parité dans toutes les instances du nouveau groupe.

La parité formelle a été acquise au départ, mais malheureusement, les revendications des femmes ne sont toujours pas considérées comme prioritaires même si elles affectent plus de la moitié de la population et concernent l'ensemble de l'humanité. Les choix éditoriaux de l'aut'journal ne font pas exception à cet égard.

L'arrivée de plusieurs nouvelles collaboratrices au journal et la grande mobilisation, initiée par la Fédération des femmes du Québec (FFQ), pour préparer la Marche mondiale des femmes en l'an 2000, ont permis de réunir suffisamment de ressources pour créer une publication consacrée entièrement à la lutte des femmes contre la pauvreté et la violence qui frappent la majorité d'entre elles à ce stade suprême du patriarcat, où hommes et femmes sont traités partout dans le monde comme de simples marchandises. Sur le milliard trois cent millions de personnes qui vivent dans un état de pauvreté absolue, 70 % sont des femmes et des enfants.

L'aut'journal et la lutte des femmes

Il n'est pas étonnant que le projet d'une publication féministe, indépendante des institutions ou des organisations non gouvernementales (ONG), ait vu le jour au sein de l'aut'journal qui est indépendant financièrement, et qui a eu, dès sa création en 1984, une rubrique « Mouvement des femmes ».

Cette rubrique avait pour objectif de traiter non seulement des luttes et des revendications spécifiques des femmes, mais de l'ensemble des problèmes qui touchent l'humanité, les problèmes des femmes n'étant pas, pour nous, séparés de ceux du reste de la société et vice versa. Tant que les valeurs patriarcales demeurent, il est essentiel de connaître la vision des femmes sur tous les aspects de la réalité et non seulement la version masculine – souvent misogyne – de l'histoire et de l'actualité.

En feuilletant les archives de l'aut'journal, on se rend compte de la diversité des sujets abordés par les chroniqueuses (1). Au fil des ans, elles ont assuré le suivi sur 0

1. La violence et la discrimination envers les femmes (viols, meurtres conjugaux, assassinats collectifs, montée de la pornographie et du tourisme sexuel dans le monde, etc.).

2. La recherche d'une alternative politique féministe.

3. Les luttes des travailleuses et les initiatives populaires.

4. Les femmes et les médias (réseaux de femmes journalistes, NetFemmes, etc.).

5. Les livres, les revues, les événements culturels.

En 1994, les Éditions du Renouveau québécois de l'aut'journal ont également coédité, avec les Éditions du remue-ménage, Pour une éthique du bonheur, reprenant la plupart de mes chroniques de 1989 à 1993.

Dans nos têtes et dans nos vies

L'équipe de Tout feu, tout femme veut élaborer une publication féministe mobilisatrice qui donnera la parole aux femmes en marche pour éliminer tous les rapports de domination. Nous ne nous arrêterons pas avant d'avoir conjuré la violence masculine, dont la fonction sociale est de contrôler les femmes afin qu'elles restent dépendantes, soumises, muettes, sans remettre en question la suprématie masculine et les modèles figés de féminité et de virilité. Tous les moyens sont bons 0 le dénigrement, le ridicule, les injures, les coups, le viol, le meurtre. Et, comme si cela n'était pas suffisant, on les exclut de l'Histoire.

La violence envers les femmes a augmenté au cours des deux dernières décennies, notamment aux États-Unis où une femme est violentée par son partenaire toutes les neuf secondes. Au Québec, le bilan n'est pas plus reluisant. Du 6 décembre 1989 au 17 novembre 1998, le Collectif masculin contre le sexisme dénombrait 515 assassinats de femmes et d'enfants par des hommes, la plupart des 98 enfants ayant été tués par leur père.

Nous marcherons avec les femmes du monde pour dire non à l'internationale des capitaux, à cette pornocratie déshumanisée qui, au nom du profit maximal, mondialise l'esclavage et la traite des femmes et des enfants dans ses manufactures et ses bordels. Nous marcherons pour redéfinir la place du travail salarié dans nos vies, pour abolir le fossé que des siècles de patriarcat ont creusé pour y enterrer la démocratie et priver les femmes de la liberté, de la culture et du droit de déterminer leur propre destin. C'est aujourd'hui qu'il faut se mettre en marche, dans nos têtes et dans nos vies.

Tout feu, tout femme vous invite à participer à cette concertation sans précédent pour faire de l'élimination de la pauvreté et de la violence envers les femmes la priorité de l'humanité à l'aube du nouveau millénaire.www

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