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Chartrand vu par Picard
N° 186 - février 2000

Plus d'entente avec Coke à l'UQÀM
Anne-Marie Tremblay

Les étudiants triomphent



Le conseil d'administration de l'UQÀM a décidé, le 12 janvier dernier, de rompre les négociations avec Coca-Cola sur l'entente d'exclusivité qui devait s'étendre sur 10 ans. Les manifestations et la mobilisation des étudiants ont pesé lourd dans la balance.

Un contrat de fidélisation

Le contrat que l'UQÀM s'apprêtait à signer avec Coke était d'une durée de 10 ans. La compagnie déboursait 500 000 $ par année, soit 0,25% du budget de l'UQÀM afin d'avoir l'exclusivité sur les boissons non-alcoolisées. La multinationale comptait augmenter ses ventes de 130%. Si l'objectif de vente n'était pas atteint après dix ans, aux termes du contrat, Coca-Cola bénéficiait gratuitement d'une prolongation de contrat de deux ans. Le nombre de machines distributrices devait tripler et les prix augmenter.

Lors de l'annonce de l'entente de "fidélisation" entre Coca-Cola et l'UQÀM, la rectrice Mme Paule Leduc, avait bien spécifié qu'elle tiendrait compte de l'avis des étudiantEs lors de sa décision finale. Pourtant, malgré le fait que la majorité des étudiantEs et des syndicats de l'UQÀM se soient prononcés contre l'entente, la rectrice a tout de même donné, le 19 octobre dernier, mandat à son conseil d'administration de négocier avec Coke, soulevant ainsi un tollé.

Des actions

Plusieurs actions ont été prises afin de dénoncer le mercantilisme américain que symbolise Coke. Trois actions majeures ont été entreprises, souligne Daniel Vigneault, responsable général de l'AGEsshalcUQAM (Association générale des secteurs sciences humaines, arts, lettres et communication) ce qui a fini par faire plier la rectrice."

Premièrement, une levée de cours a été décrétée les 23 et 24 novembre par les étudiantEs de sociologie, d'histoire et de politique. Au cours de la deuxième journée, les étudiantEs de sociologie, de politique et d'histoire ont décidé de manifester leur mécontentement à l'extérieur des murs de l'UQÀM. Ils ont d'abord bloqué les rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, brandissant de longues guirlandes constituées de canettes de Coca-Cola. Ils ont ensuite manifesté dans les rues du centre-ville. Revenus à leur point de départ, un comité d'accueil comme on sait en réserver à ceux qui contestent, les attendait de pied ferme, matraque à la main.

Collusion avec les policiers

Malgré la proximité des portes de l'UQÀM, les étudiants n'ont pu s'y réfugier. En effet, comme par magie, les portes de l'université se sont verrouillées lors de l'arrivé de l'anti-émeute. Cette manifestation pacifique s'est soldée par 66 arrestations. Les manifestantEs comparaîtront au début de l'été afin de décider si des charges seront retenues contre eux pour avoir troublé la paix et pour attroupement illégal.

"Ce sont ces arrestations et la manière cavalière dont l'UQÀM a traité cette affaire qui a mis le feu aux poudres" souligne Daniel Vigneault. "Les étudiantEs ont commencé à se poser de sérieuses questions par rapport à toute cette affaire." Deux autres manifestations ont donc eu lieu pour réclamer la fin de la négociation avec Coke et la démission de la rectrice Paule Leduc. Face à ces pressions, la rectrice a décidé de reculer.

"Bien, sûr, il y a des étudiantEs qui sont en désaccord avec ce recul, explique Daniel Vigneault. Certains viennent chialer aux portes de l'Asso parce qu'ils trouvent qu'on a craché pour rien sur l'argent de Coca-Cola. Mais le financement, surtout versé en bourses, était vraiment minime pour la majorité des étudiantEs. De plus, on a réussi à prouver que, la mobilisation, ça donne des résultats. Mettre de la pression, ça marche si on ne lâche pas son bout et ce, même devant une multinationale multimillionnaire comme Coca-Cola!" s'exclame Daniel Vigneault.

La morale de cette histoire0 l'UQÀM, en reculant à cause de la mobilisation de ses étudiantEs fera peut-être "jurisprudence" en la matière. Plusieurs autres campus universitaires et collégiaux se sont fait passer sous le nez des ententes avec lesquelles ils n'étaient pas d'accord. Espérons que, maintenant, ils sauront qu'unis, il peuvent avoir du poids et de l'influence sur les décisions prises et qui les concernent en tout premier lieu.

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