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Faut-il croire les sondages?
N° 187 - mars 2000

La paix en panne en Irlande
Comité Québec-Irlande
A peine deux mois après l'accord historique qui a vu deux membres du Parti républicain de l'Irlande du Nord, le Sinn Fein, nommés à l'exécutif de la nouvelle assemblée législative du nord de l'Irlande, le processus de paix risque d'éclater.

Grâce à une campagne du parti unioniste (droite) de David Trimble pour saboter les réformes contenues dans l'accord du Vendredi saint de 1998 et la lâcheté du gouvernement britannique qui a cédé aux menaces unionistes, la nouvelle assemblée est suspendue et l'Irlande du Nord se retrouve, encore une fois, gouvernée de Londres.

Signé en 1998 par tous les partis politiques d'Irlande du Nord ainsi que par les gouvernements britannique et irlandais, l'accord du Vendredi Saint envisage une assemblée multipartite, une réforme importante de la police sectaire (le RUC—à 95% protestant/unioniste), et des liens plus étroits entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

L'encre n'était pas encore sèche que les unionistes commençaient à réclamer que l'IRA rende les armes avant que les réformes soient mises en place. Pourtant, l'accord prévoyait le désarmement de tous les groupes paramilitaires en mai 2000 seulement.

Les faits

Pendant dix-huit mois, Trimble et son parti ont étiré le processus en longueur, espérant ainsi arracher des concessions du gouvernement britannique et au mouvement républicain irlandais.

En décembre 1999, les unionistes étaient enfin d'accord, sous la pression énorme des gouvernements britannique et américain, pour prendre leurs sièges et ainsi faire fonctionner l'assemblée d'Irlande du Nord. Néanmoins, toujours dans l'espoir d'empêcher l'entrée du Sinn Fein au gouvernement, Trimble a menacé de démissionner avec ses députés si l'IRA ne rendait pas les armes en février 2000.

L'IRA, dans un geste de bonne foi, a même nommé un représentant pour négocier avec le comité du général canadien, John de Chastelain, qui surveille le désarmement des groupes paramilitaires. Mais l'IRA insiste pour que la question des armes ait lieu dans un contexte de démilitarisation de toute la société nord-irlandaise.

Il faudrait alors que les nouvelles institutions démocratiques commencent à fonctionner, que la présence militaire de l'armée britannique soit retirée, et que les paramilitaires loyalistes, responsables des meurtres de 800 nationalistes irlandais civils depuis 1969, rendent aussi leurs armes.

Pour sa part, le Sinn Fein a expliqué que le parti n'est pas responsable pour l'IRA. Il est donc malhonnête d'essayer de l'exclure de l'assemblée parce que l'IRA n'a pas rendu les armes.

Londres cède aux pressions unionistes

Début février, de Chastelain a fait son premier rapport sur le désarmement en disant que l'IRA n'avait pas encore commencé le processus de désarmement. Avant que le document ne soit publié, Trimble a encore menacé de démissionner. Quelques jours après, le gouvernement britannique s'est dépêché de faire passer une loi pour rétablir le contrôle britannique sur la région. Le secrétaire d'État pour l'Irlande du nord, Peter Mandelson, a cédé aux pressions unionistes même si l'IRA venait de soumettre, selon de Chastelain, des propositions importantes.

Dégoûté par ce mépris pour la démocratie, le leader du Sinn Fein, Gerry Adams, songe à quitter le parti, prétextant qu'il ne sera pas le bouc émissaire dans l'échec du processus de paix. Quant à l'IRA, elle retire son représentant du comité du général de Chastelain ainsi que ses dernières propositions sur la question des armes.

Il est clair que le parti unioniste de Trimble ne s'intéresse aucunement aux réformes contenues dans l'accord du Vendredi saint. Il n'accepte pas que l'heure de l'hégémonie protestante en Irlande du Nord soit enfin finie. Il veut maintenir le statut quo et refuse carrément d'envisager l'égalité de la communauté nationaliste. Cet entêtement risque de provoquer une nouvelle flambée de violence dans la région.

Un appel du Sinn Fein

Le Sinn Fein lance un appel international pour appuyer une paix avec justice en Irlande du Nord et pour faire pression sur les unionistes et le gouvernement britannique pour que l'accord du Vendredi Saint soit respecté.

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