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Faut-il croire les sondages?
N° 187 - mars 2000

L'affaire (en)Lisée
Pierre Dubuc
Quand Jean-François Lisée a quitté son poste de conseiller auprès du premier ministre, il y a quelques mois, on a laissé entendre que c'était parce qu'il n'y avait pas de référendum en vue. On pensait à un référendum sur la souveraineté, mais on comprend aujourd'hui que Lisée a choisi la " sortie de secours " faute d'un référendum, peu importe le sujet. Dure, dure la vie de stratège !

Un retour aux sources ?

On a fait un rapprochement avec le Rapport Allaire pour qualifier la nouvelle position constitutionnelle de J-F Lisée d'un " Québec fort dans un Canada uni ", mais on pourrait aussi rappeler qu'elle a beaucoup en commun avec la position de l'ex-PCO, le Parti communiste ouvrier des années 1970, dont Lisée était membre 0 Une république du Québec dans un Canada uni.

Le Devoir pro-Lisée

Le journaliste Michel Venne du Devoir a ramé fort pour Lisée. Le jour de la Saint-Valentin, Le Devoir titrait à la une sous sa plume 0 " Québec manigance pour étouffer le débat ". Il révélait comment l'entourage du premier ministre avait coulé au journaliste Denis Lessard le livre de Lisée quelques jours avant son lancement, histoire d'en diminuer l'impact. Puis, au fil des jours, Venne a cherché, sans grand succès, à débusquer dans les rangs péquistes et bloquistes des partisans de l'option Lisée.

Le Devoir a toujours été plus " affirmationniste " qu'indépendantiste et l'option constitutionnelle de Lisée ne peut que plaire. D'ailleurs, en éditorial, le directeur Descoteaux demandait au gouvernement péquiste de s'engager à ne pas tenir de référendum au cours de l'actuel mandat. Ajoutons que Le Devoir aime les stratèges au point de continuer à ouvrir ses pages à Claude Morin après qu'il eût avoué avoir été à la solde de la GRC.

Et si tout cela n'était qu'un coup monté ? !

Quand on y pense à deux fois, on a de la difficulté à croire en la démarche de Jean-François Lisée. Reconnaissons-lui un certain sens politique et des qualités de stratège. Comment alors imaginer qu'il ait pu se lancer dans cette galère avec si peu d'appuis ? Peut-on imaginer un titre plus malhabile, plus mal choisi, plus risible que Sortie de secours ? D'ailleurs, les caricaturistes en ont vite fait leurs choux gras. Comment croire que ce soit Jean Royer, celui qu'on présente comme son grand ami , qui ait manoeuvré pour faire échouer son lancement ? Est-il crédible que Michel Venne, qui a été au cours des dernières années l'homme de main de Lucien Bouchard au Devoir, ait à ce point viré capot ?

Et si tout cela n'était qu'une vaste mise en scène en vue de permettre à Lucien Bouchard d'afficher des convictions souverainistes à l'approche du congrès du Parti québécois, d'obtenir un vote de confiance supérieur au 76% qui l'avait si " humilié " lors de dernier congrès et de rester bien en selle à la tête du parti. Et, une fois cette échéance passée, il sera toujours possible de " réévaluer " l'option mise de l'avant par Lisée !

Trop machiavélique que tout cela ? Pas si sûr. En tous les cas, ce serait à ranger dans le cadre des grandes stratégies politiques comme Lisée les aime. Et comme les aimait Claude Morin ! D'ailleurs, ces deux personnages ont une autre chose en commun 0 ils sont tous deux friands de romans policiers !

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