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Les budgets
N° 188 - avril 2000

515 jours de résistance
Pierre Klépock

Un conflit et une victoire exemplaires



Après 17 mois de grève - durée record pour un conflit de travail entre une municipalité et ses salariés au Canada - les 134 ouvriers cols bleus de la ville de Verdun sont retournés au travail la tête haute, le 27 février dernier. " Le message est maintenant passé à toutes les autres municipalités, si le patronat veut s'attaquer à un syndicat de cols bleus, les boss n'ont qu'à bien se tenir ", a déclaré Maurice Rolland, président du syndicat.

Membres de la section locale 302 du SCFP-FTQ, les syndiqués ont accepté, par un vote majoritaire de 87%, l'entente de principe obtenue avec le " cheuf " de Verdun, le maire Bossé. Dorénavant, la convention collective prévoira un plancher d'emploi de 134 employés, soit le niveau actuel, et l'ancienneté sera respectée dans le cadre des mouvements de personnel. Ces deux points en litige formaient le principal cheval de bataille des cols bleus.

Rappelons que la municipalité voulait tout simplement casser le syndicat et se débarrasser de ses cols bleus, pour les remplacer par des personnes payées au salaire minimum. " Si le maire Bossé veut embaucher du monde, il devra les payer au salaire prévu par notre convention collective ", ajoute Paul Bélisle, vice-président du syndicat.

Une convention dans l'béton

Le syndicat a réussi à stopper l'hémorragie de la sous-traitance, à maintenir les acquis de ses membres et la semaine de travail sera réduite en moyenne à 35 heures et demie sans perte de salaire. L'entente, rétroactive au 1er janvier 1997, prévoit aussi une bonification du fonds de retraite et une augmentation de salaire représentant l'augmentation de l'indice des prix à la consommation pour la région de Montréal (IPCM).

De plus, un comité de santé-sécurité avec le droit de refuser d'exécuter un travail dangereux, sans sanction disciplinaire, sera maintenant inclus dans la convention collective. Toute question relative au bien-être des travailleurs est sujette à grief en cas de litige avec l'employeur, ce qui constitue une grande avancée. " Aujourd'hui, on ne peut plus se fier à la CSST, ça va forcer notre boss à nous donner des conditions de travail sécuritaires ", explique Paul Bélisle. Toutes ces nouvelles conquêtes seront coulées en lettres de béton dans une convention collective se terminant en 2002.

Une lutte de classe

Dans cette lutte pour le respect et la dignité des cols bleus de Verdun, le syndicalisme ouvrier, tant québécois que canadien, s'est senti interpellé. L'enjeu était de taille. Laisser la section locale 302 se faire écraser par le maire Bossé aurait créé un dangereux précédent dans les municipalités du Canada. C'est pourquoi plusieurs sections locales du SCFP ont fait parvenir des lettres de soutien et des montants d'argent pour alimenter la caisse de résistance de leurs camarades en grève. " Au SCFP, la solidarité est grande, on n'a jamais été seul. Même si on est un p'tit groupe de travailleurs, on est capable de mener une bataille ", conclut avec fierté Maurice Rolland. Malgré les répressions de toutes sortes qui frappaient les militants du syndicat, le patronat a perdu la bataille de Verdun.

« Les grands médias protègent toujours la classe des boss. Jamais ils ne reconnaissent la valeur des services rendus par les travailleurs, surtout cols bleus. Ils ne cherchent qu’à détruire le mouvement syndical », indique le syndicaliste Maurice Rolland. Paul Bélisle ajoute 0 « Dans notre conflit, ils n’ont jamais été impartiaux. L’aut’journal est le seul média qui rapporte vraiment ce que vivent les travailleurs. »

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