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Les budgets
N° 188 - avril 2000

La démocratie en marche
Jacques Larue-Langlois
La ministre fédérale des Ressources humaines souffre du syndrome de l'écureuil 0 elle cache des trésors pour utilisation ultérieure mais ne sait plus les retrouver par la suite. Incapable de fournir des explications cohérentes sur l'utilisation de fonds d'un milliard de dollars, Jane Stewart doit avoir recours aux limiers de la GRC pour en retracer la distribution.

Si on se fie aux premiers résultats de cette recherche, il semble bien que ce soit du côté de l'organisation politique du Parti libéral du Canada (PLC) qu'il faille chercher ces argents supposément prévus pour distribution non-partisane. Il y a fort à parier que les organisateurs de campagnes électorales et les principaux bailleurs de fonds du Parti accumulent, chacun de leur côté, les sommes nécessaires aux prochaines élections fédérales. Pourquoi se le cacher ? En démocratie parlementaire, les votes s'achètent à coups de promesses et de faveurs de toutes sortes.

Et plus près de chez nous

La situation n'est guère mieux au Québec où le ministre des Finances, Bernard Landry, a laissé dormir 841 millions $ dans une banque torontoise pendant un an, serrant la ceinture à tous les organismes publics dont son gouvernement devait assurer la responsabilité, fermant des hôpitaux complets alors qu'on manque de lits, forçant des infirmières à la retraite, retardant des chirurgies urgentes, etc. pour pouvoir, soudain, dans un budget précédant une élection, sortir ses millions du sac et poser en biais de ridicules baisses d'impôts qui ne profitent vraiment qu'aux nantis. En effet, des citoyens parmi les plus nécessiteux (les couples dont l'unique salaire atteint 20 000 $ par année) pourront disposer chaque semaine de 1,50 cents de plus. La belle affaire !

Et les riches ont tous les droits

Bien entendu, nulle mauvaise foi n'est ici en cause. Pas plus d'ailleurs que dans le cas d'une décision, remontant à 1991, du ministère fédéral du Revenu, qui permettait à une riche famille de Montréal (les Bronfman) de transférer à l'extérieur du pays des actifs d'une valeur de deux milliards de dollars sans payer d'impôts. L'affaire a été rendue publique grâce à un citoyen de Winnipeg, George Harris, qui tente d'obtenir un recours collectif, au nom de tous les citoyens canadiens, pour contester cette injustice.

Un tribunal de première instance a donné raison à Monsieur Harris, mais Revenu Canada conteste cette décision qui sera portée en cour fédérale d'appel. Le juge Francis Muldoon, qui a rendu cette décision, a mis ses culottes et n'a pas hésité à affirmer qu'une société libre et démocratique " n'est pas une société dans laquelle le gouvernement devrait être autorisé à faire d'énormes concessions fiscales au profit de quelques personnes et au détriment de plusieurs autres qui, comme en bons petits serfs, doivent se taire et ne jamais se plaindre ".

Plus pour les riches, moins pour les pauvres

Et pourtant, comme le rappelait notre camarade Michel Bernard dans L'Utopie néolibérale 0 " Au Québec, de 1975 à 1995, le salaire réel des travailleurs (compte tenu de l'inflation) a diminué de 18%. Pendant ce temps, celui des dirigeants d'entreprises augmentait de 19% avant impôts (66% après impôts) ".

Un barème de majorité claire

Nous prions nos camarades anglophones de noter que, dans le cas d'un référendum tenu récemment à l'Université McGill en vue de remettre en question une entente intervenue entre l'administration universitaire et la compagnie Coca-Cola, une majorité de 56% des votes a semblé suffisante pour provoquer une réouverture du dossier. S'agit-il de la " majorité claire " qu'exigent par ailleurs les fédéralistes dans le cas d'un référendum portant sur l'éventuelle indépendance du Québec ?

Un prof qui se tient debout

Chapeau au professeur Thomas Ingersoll, agrégé d'histoire à l'Université de Montréal depuis dix ans, qui a démissionné, le mois dernier, pour dénoncer la présence envahissante de l'affichage publicitaire sur le campus de l'institution. Il refuse d'être associé au système capitaliste que prônent les affiches. Selon lui, les grandes corporations entendent faire main basse sur les universités et leurs ressources. Le professeur Ingersoll fait preuve d'une comparaison avec ses 1500 collègues qui, de l'aveu même du président du syndicat des professeurs, Yves Lépine, sont indifférents au débat sur la publicité.

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