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1 millard 180 millions d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau
N° 189 - mai 2000

La Bolivie à contre-courant
Saël Lacroix

Privatisation de l'eau



La situation est tendue en Bolivie suite à l'adoption d'un projet de loi qui impose aux paysans un coût sur l'eau qu'ils consommaient jusqu'ici gratuitement. Plusieurs manifestations ont éclaté à travers le pays. Devant l'ampleur des réactions, les autorités boliviennes ont décrété l'état de siège. Malgré les violentes interventions policières, la persistance des manifestants a forcé le gouvernement à revenir sur sa décision. Voilà un bel exemple démontrant le courage et l'acharnement d'un peuple affamé, mais bien en vie.

Le premier avril dernier, l'Action démocratique nationaliste, parti de l'ancien dictateur et actuel président Hugo Banzer, a ratifié unilatéralement un projet de loi octroyant à des intérêts privés le contrôle du "marché " de l'eau en Bolivie. Le consortium Aguas del Turani, composé notamment du London-based International Water Ltd. et du géant français Suez-Lyonnaise des eaux, recevait le pouvoir d'administrer l'ensemble des besoins en eau des villes de La Paz et de El Alto.

Le passage d'une gestion publique au secteur privé est prévu pour une période de trente ans et entraînera une hausse du coût de l'eau de 35 % à 200 %. Outré devant cette aberration (le salaire moyen par habitants de certains quartiers pauvres se situe autour de 65 $ par mois), le peuple bolivien, qui a toujours considéré l'eau comme une ressource appartenant à la communauté, n'a pas tardé à manifester son désaccord. Ainsi, des masses, majoritairement composées d'étudiants et d'ouvriers, se sont rassemblées dans plusieurs villes pour protester, bloquant les rues et incendiant des pneus.

Débordé face à cette mobilisation populaire, le gouvernement bolivien à décrété l'état de siège pour les 90 prochains jours. Cette mesure d'urgence signifie l'imposition d'un couvre-feu, la suspension des garanties constitutionnelles, et une restriction des activités politiques et des déplacements. L'intervention des milices, armées de gaz lacrymogènes et de projectiles de plastique, a rapidement fait dégénérer une situation qui était déjà explosive. Le bilan des derniers jours est lourd alors que six personnes ont été tuées, 91 blessées, et au moins 92 autres qui ont été arrêtées. Selon plusieurs, la Bolivie sort de sa pire crise sociale et politique depuis son retour à la démocratie en 1982. La ville de Cochabamba, troisième en importance et située à 563 km de La Paz, constitue la région la plus touchée par ces événements.

Malgré l'oppression policière, les manifestants boliviens ont poursuivi leurs moyens de pression (grèves générales, blocage des routes…), forçant ainsi le gouvenement à revenir sur son projet de loi et à annuler ses accords avec les investisseurs étrangers. Même s'il ne s'agit que d'une bataille gagnée par le peuple dans une longue lutte contre le contrôle abusif du secteur privé et du capital sur les ressources planétaires, les Boliviens nous auront démontré les vertus d'une valeur de plus en plus négligée dans nos sociétés individualistes d'aujourd'hui 0 la solidarité.

Guerre de l'eau en Nouvelle-Zélande

Metrowater, la compagnie privée qui traite les eaux usées de la Ville d'Auckland, perd la bataille contre les citoyens qui se rebellent contre la tarification que la compagnie impose. Durant la dernière année, la compagnie a coupé l'eau à 500 familles qui refusaient de payer la facture du système d'égout. Pour contrer les citoyens qui contestent la hausse des tarifs, la compagnie met des cadenas aux champleurs, débranche les compteurs à eau, enlève les tuyaux à eau et même scie la tuyauterie principale pour rendre le service inutilisable. "Dans les faits, la compagnie se comporte comme des fiers-à-bras", déclare la ministre de Auckland. " Je crois que, lorsque l'on parle d'un service essentiel comme l'eau, il y a des façons plus constructives de communiquer avec les clients. " New Zealand Herald, 4 avril 2000

(source 0 Coaltion Eau-Secours 0 http0//www.eausecours.org/)

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