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1 millard 180 millions d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau
N° 189 - mai 2000

L'aut' journal a 16 ans !
Pierre Dubuc
C'est lors de la manifestation du Premier Mai 1984 que les premières copies de l'aut' journal ont été distribuées. Seize ans et 189 numéros plus tard, notre tirage atteint 20 000 exemplaires et notre distribution militante s'étend aux quatre coins du Québec.

En 1984, l'aut' journal a été lancé en plein vide politique à gauche. Les médias écrits étaient dominés par les empires de Black, Péladeau et Desmarais; et le mouvement ouvrier et les groupes populaires étaient sans voix. Seize ans plus tard, le discours unique du néolibéralisme s'est consolidé et il y a de moins en moins de place dans les grands médias pour un aut' point de vue.

Contrairement à la France par exemple, il n'existe pas de presse de gauche à grande échelle au Québec. C'est dû, d'abord, à l'absence d'une solide tradition de gauche ; puis, à la petitesse de notre marché.

Dans ces conditions, la mise sur pied rapide d'une presse progressiste hebdomadaire à grand tirage ne peut se concevoir sans investissements massifs de la part des organisations syndicales ou para-syndicales. Pour le moment, nous ne discernons pas de volonté politique en ce sens. À défaut de telles initiatives, il est essentiel de poursuivre le projet de l'aut' journal.

Sur la base de notre expérience et d'une analyse de la conjoncture, nous avons tiré certaines conclusions.

De l'importance d'une solide équipe de journalistes

Un journal, c'est d'abord son contenu. Au fil des ans, nous avons consacré beaucoup d'efforts à constituer une solide équipe de journalistes progressistes. Nous avons cherché l'amalgame entre journalistes chevronnés et jeunes recrues. Nous comptons dans notre équipe de " vieux routiers " comme Jean-Claude Germain, Paul Cliche et Jacques Larue-Langlois et, dans ce numéro, on notera une première participation de trois jeunes d'à peine ou même de moins de vingt ans 0 Gabriel Ste-Marie, Valmi Dufour et Saël Lacroix. Nous favorisons également la participation de journalistes issus du mouvement ouvrier et populaire. Toutefois, nous déplorons la faiblesse de la participation féminine et entendons tout mettre en oeuvre pour y remédier.

Cependant, le fait que tous ces journalistes collaborent sans rémunération aucune impose des limites au journalisme d'enquête que nous voudrions pratiquer. Mais cela témoigne également d'une grave lacune du mouvement progressiste 0 l'absence quasi-totale de centres de recherche, de think thank de gauche.

De la nécessité de centres de recherche et de think tank de gauche

Nous savons jusqu'à quel point les médias traditionnels s'abreuvent à même les recherches d'instituts néolibéraux comme le Fraser Institute. Aussi, l'aut' journal a collaboré très activement, il y a quelques années, à la création de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQÀM et nous espérons que la Chaire se remettra à produire les études qui faisaient sa marque de commerce.

Cependant, nous croyons qu'il y a de la place pour d'autres centres de recherche et que nous devrions favoriser la constitution de groupes de réflexion, de think tank progressistes. Les études, les réflexions produites par ces organismes trouveraient tout naturellement leur place dans les pages de l'aut' journal.

De l'importance de la distribution

Une fois le contenu produit par des journalistes ou des centres de recherche, il doit être accessible aux lecteurs potentiels. Cela pose la question cruciale de la distribution.

Tous les journaux progressistes, y compris Québec-Presse jadis, s'y sont cassés les dents. Comment procéder ? Éliminons d'abord la distribution commerciale, monopolisée par Les Messageries Dynamiques et Benjamin News. Ses objectifs de rentabilité et sa structure rendent ce mode de distribution hors de prix.

La distribution par le biais de l'abonnement a également ses limites étant donné les frais postaux et de marketing nécessaires, auxquels s'ajoutent les faibles habitudes d'abonnement de la population que nous voulons rejoindre.

D'autre part, au cours des dernières années, s'est imposée la distribution gratuite de journaux dans les grandes villes (Voir, ICI, etc.), mais également hors des grands centres avec les hebdos régionaux. L'habitude de lire gratuitement un journal s'est installée, facilitée par la disponibilité du Journal de Montréal ou du Journal de Québec dans tous les restaurants. La distribution gratuite est donc devenue incontournable pour une publication comme l'aut' journal.

Du rôle-clef des AmiEs de l'aut' journal

Il existe deux modèles de distribution gratuite 0 commerciale ou militante. Le magazine progressiste Recto-Verso a choisi la première voie et une entreprise commerciale se charge, à chaque parution, d'alimenter les centaines de présentoirs installés aux quatre coins du Québec.

Nous avons opté pour l'autre voie 0 la distribution militante. D'abord, à cause de considérations financières, mais surtout parce que nous voulons impliquer le plus grand nombre d'organisation syndicales et populaires et de progressistes dans l'aventure de l'aut' journal. Notre objectif est de constituer un réseau de contacts à travers le Québec qui se chargeront de placer des présentoirs aux endroits stratégiques et de les remplir à chaque mois.

Ces contacts, prenant l'habitude d'être en relation régulière avec l'équipe du journal, nous informeront de la situation dans leur région et nous fourniront du matériel pour d'éventuels articles. Le journal aura ainsi des antennes partout et il aura le pouls du Québec, de ses luttes et des espoirs.

Pour structurer ce réseau, nous avons créé l'association Les AmiEs de l'aut' journal qui, en plus de la distribution, a pour tâche d'aider au financement et d'organiser des activités à caractère socio-politique (conférences, lancements de livre, etc.).

Si nous parvenons à implanter ainsi le journal dans les différents syndicats, organismes, et jusque dans les plus petites villes, nous aurons jeté les bases d'une véritable presse ouvrière et populaire, indépendante de toutes pressions gouvernementales ou commerciales.

Avec un budget minime (89 000 $ l'an dernier), nous réussissons à publier 20 000 exemplaires à chaque mois parce que nous misons principalement sur le militantisme de nos collaboratrices et collaborateurs. Cela a est la clef de notre succès. Aussi nous vous invitons à faire votre part et à joindre le réseau des AmiEs de l'aut' journal.

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