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N° 190 - juin 2000

Un dirigeant du Sinn Féin aux bureaux de l’aut’ journal
Pierre Dubuc
Nous avons rencontré dans les bureaux de l’aut’ journal Alex Maskey, député de West Belfast à la nouvelle assemblée d’Irlande du Nord, conseiller municipal depuis 13 ans et numéro cinq du Sinn Féin.

De toute évidence, le Sinn Féin de Gerry Adams a gagné la première manche du processus de paix en Irlande du Nord en réussissant, contre toute attente, à faire fonctionner les institutions issues des Accords du Vendredi Saint de 1998.

C’est ce qu’il faut comprendre de la réaction des protestants de David Trimble qui ont fait marche arrière, mettant fin à leur participation et amenant le gouvernement britannique à en suspendre le fonctionnement.

3 000 marches protestantes

Selon Alex Maskey, les protestants y vont de différentes provocations pour tenter de miner le processus de paix. « Dans le but de chercher à nous intimider, les forces policières ont informé une vingtaine de membres du Sinn Féin qu’ils avaient eu vent de menaces de mort pesant contre eux », nous dit Maskey qui a été lui-même, par le passé, victime de deux tentatives d’assassinat, et dont le corps conserve encore des fragments de projectiles.

D’autre part, l’Ordre d’Orange a annoncé qu’elle tiendrait plus de 3 000 marches, dont plus de cent dans les quartiers catholiques, pour commémorer l’écrasement du roi catholique Jacques II d’Angleterre par Guillaume d’Orange en 1690, alors que l’Accord du Vendredi Saint prévoyait la fin de telles provocations.

Pour mesure l’ampleur de la provocation, imaginons quelle serait notre réaction si les anglophones de Montréal organisaient chaque année une centaine de marches dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve ou Plateau Mont-Royal à Montréal, ou dans les rues du Vieux-Québec, pour célébrer la victoire de Wolfe sur Montcalm lors de la bataille des plaines d’Abraham.

Le rôle des médias

Le voyage de Maskey avait pour but de contrer le message des médias britanniques qui présentent l’armement de l’IRA comme étant l’obstacle à la remise en fonction des institutions politiques.

Il rappelle quelques vérités élémentaires passées sous silence par la presse britannique 0 12 000 soldats britanniques sont toujours présents en Irlande. À cela, il faut ajouter 13 000 policiers protestants, 4 000 membres de la Royal Ulster Constabulary, un autre 4 000 soldats, presque tous protestants, du Royal Irish Regiment, rattaché à l’armée britannique. En bref, 17 000 policiers et 16 000 militaires sur lesquels peuvent compter les loyalistes. Tout cela pour une population totale de 1,5 million de personnes vivant en Irlande du Nord.

S’y ajoute le fait que le gouvernement britannique fait construire à la frontière irlandaise des installations dotées de moyens technologiques très sophistiqués avec lesquels ils seront en mesure d’espionner tout le territoire irlandais.

« Alors, quand on parle de désarmement, nous dit Alex Maskey, il faudrait également parler, comme cela était prévu, du départ des troupes britanniques et du désarmement des milices protestantes. »

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