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N° 190 - juin 2000

Kosovo 0 l’OTAN a détruit beaucoup de canons en bois et de ponts en styrofoam
Pierre Dubuc
Nous n’avons perdu que 13 blindés », déclarait le général serbe Nobojsa Pavkovic à la fin de la guerre du Kosovo. « C’est de la désinformation serbe », proclamait le commandant suprême de l’OTAN, le général Wesley Clark. En affirmant 0 « Nous avons détruit plus de 120 blindés, près de 220 véhicules de transport de troupes et environ 450 pièces d’artillerie. »

Mais des experts de l’OTAN ont invité le général Clark à plus de prudence. Pour en avoir le cœur net, le général a envoyé sur le terrain une équipe d’enquêteurs. Le magazine Newsweek (15/05/00) révélait les résultats de leur recherche 0 les forces de l’OTAN ont détruit 14 blindés et non 120, 18 transports de troupes et non 220, et 20 pièces d’artillerie plutôt que 450 ! Sur les 750 objectifs atteints proclamés par les pilotes de l’OTAN, les enquêteurs n’ont trouvé confirmation que de 58 !

Par contre, plusieurs voitures déguisées en blindés ainsi que de nombreux canons en bois ont été détruits. Les pilotes de la stratosphère ont également pilonné à plusieurs reprises un pont en styrofoam érigé à côté du véritable pont qui, lui, n’a jamais été atteint !

La guerre au Kosovo devait révolutionner l’art de la guerre. Désormais, il était possible de gagner une guerre, sans envoyer de troupes au sol, par des frappes chirurgicales en utilisant des armes de haute technologie larguées par des avions volant à trois milles d’altitude. L’enquête révélée par Newsweek nous apprend qu’il n’en est rien. En fait, seules les frappes d’objectifs civils, comme les centrales hydro-électriques et les usines, ont porté fruit.

Le haut-commandement militaire de l’OTAN a volontairement exagéré les succès de ses pilotes pour répondre aux désirs des autorités politiques américaines qui ne voulaient pas entendre parler de l’envoi de troupes au sol, nous apprend Newsweek.

Tout cela explique sans doute pourquoi l’accord intervenu pour mettre fin à la guerre n’avait rien d’une capitulation et se situait bien loin des conditions que l’OTAN avait voulu imposer à la Serbie lors des négociations de Rambouillet. On comprend également pourquoi les États-Unis ont demandé et obtenu la démission du général Wesley Clark.

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