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N° 190 - juin 2000

La non-violence n’est ni douce ni gentille
Anne-Marie de la Sablonnière
À la veille de la Marche mondiale des femmes, il est intéressant de se pencher sur nos moyens d’action, nos méthodes de lutte et nos stratégies de résistance. Des femmes du CANEVAS (Collectifs d’actions non-violentes autonomes) se sont penchées sur la non-violence comme type de résistance et les similitudes qu’elle présente par rapport au féminisme, dans un document intitulé « Action féministe et non-violence radicale ». Voici quelques-uns des principes qu’elles avancent.

À première vue, on croit que la non-violence, c’est la passivité. Que c’est tout ce qui n’est pas violent. Qu’elle est gentille, douce, ne se fâche jamais et ne trouble surtout pas la paix... Mais la non-violence, en théorie politique, c’est avant tout une méthode de lutte. En fait, la nonviolence refuse la neutralité, la capitulation, la fuite, la bagarre et la violence. La non-violence est à la portée de tous et toutes. On peut donner plusieurs exemples d’actions 0 elles vont de la manifestation de rue au « sit-in » en passant par le « boycott ».

Il s’agit d’une méthode de lutte en contraste net avec les pouvoirs en place. C’est refuser d’être semblable à l’oppresseur. C’est vivre notre projet de société dans nos moyens d’action. Ici, la fin se trouve dans le moyen en opposition à la maxime 0 « La fin justifie les moyens. » La non-violence vise à promouvoir une société fondée sur la justice et la liberté... Pour la lutte des femmes, c’est une occasion de cesser de coopérer avec un patriarcat qui est en train de nous détruire

Par contre, la non-violence ne suppose pas que nos opposants agiront envers nous sans violence. Elle comprend aussi la non-coopération, comme refuser de payer ses impôts, et les méthodes d’intervention comme les blocages. L’histoire nous apprend que même les luttes non-violentes peuvent faire face à la répression. Mais face à des actions non-violentes, l’appareil répressif devient politiquement entravé.

Ce que les féministes en disent

Un courant féministe américain s’est penché sur la non-violence et son importance pour les femmes, qui a pris sa source dans la lutte contre la violence faite aux femmes. Selon Andréa Dworkin, pour un engagement non-violent authentique, on se doit d’abord de prendre conscience des formes de violence qui sont posées à l’encontre des femmes. Jane Meyerding ajoute que le personnel est politique et qu’il n’existe aucune frontière entre les deux. Car c’est en les séparant qu’on banalise la violence faite aux femmes.

Bien que le mouvement féministe ne soit pas explicitement non-violent, Donna Warnock en a dégagé quelques similitudes. Les deux s’opposent aux institutions oppressives de domination et aux formes de pouvoir manipulateur et exploiteur. Elles défendent le droit à la dignité, la justice et la liberté. Pam McAllister intégrait la non-violence à l’optique féministe comme étant 0 « Une rage intraitable face aux pulsions destructrices et brutales du patriarcat et de notre refus d’adopter ses méthodes, un refus de céder au désespoir ou à la haine. » En fait, il s’agit de rager contre, mais de refuser de détruire. Ce sont deux émotions qui peuvent sembler contradictoires, mais qui se marient pour créer une force.

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