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N° 190 - juin 2000

La démocratie en marche
Jacques Larue-Langlois
Tit Jésus et père Noël, même légende

Soucieux de ne déplaire à personne, le gouvernement du Québec vient de prendre une décision qui déplaira à tous, croyants comme agnostiques. En décrétant que l’enseignement religieux restera obligatoire au primaire - laissant, au secondaire, le choix aux parents, entre d’une part un enseignement catholique ou protestant ou d’autre part un cours de morale - le ministre François Legault a tenté, en bon politicien qu’il est, de couper la poire en deux.

Afin de ménager les susceptibilités de toutes les catégories d’électeurs éventuels, l’administration Bouchard relègue en quelque sorte le petit Jésus au rang du père Noël 0 on vous apprend à y croire (en vous forçant la main au besoin) pendant la petite enfance puis, l’adolescence venue, coucou ! on vous révèle qu’il s’agissait d’une simple légende. Comme ça, tout le monde est content. Et vive le Grand Lulu !

Aider les riches 0 une priorité du PQ

Des dizaines de milliers de Québécois doivent dépendre du bien-être social pour manger tous les jours, sans compter la centaine de milliers qui parviennent à subsister de façon précaire avec des salaires de crève-la-faim. Ces gens ont élu le gouvernement qui dirige la nation québécoise dans l’espoir qu’il les représente adéquatement, qu’il assure leur bien-être, qu’il les défende contre l’exploitation dont ils sont victimes de la part des nantis.

Or, que fait le gouvernement du Québec avec l’argent des taxes et des impôts que leur versent plusieurs de ces démunis ? Il donne généreusement aux riches. Ainsi, les médias nous apprenaient récemment que « le gouvernement du Québec est prêt à consentir aux Expos 280 millions de dollars sur 35 ans ». Ce don généreux permettra de verser à des millionnaires étrangers, dont le seul apport social est de savoir cogner sur une balle avec un bâton, des salaires mille fois plus élevés que le revenu moyen des citoyens ordinaires (2 000 000 $ contre 20 000 $ par année).

Parallèlement, la ministre des Affaires municipales de ce même gouvernement, Louise Harel, se montre ouverte à modifier la loi concernant la « taxe de bienvenue » imposée lors de la vente d’un immeuble, afin de permettre au diocèse de Montréal de vendre plus facilement 27 de ses églises que plus personne ne fréquente. Voilà 2 000 ans que leur sainte mère l’Église s’enrichit sur le dos des croyants et, maintenant que le racket ne va plus, il faudrait priver l’état (et donc les citoyens) de revenus afin de permettre la poursuite du luxe et du faste dont se pare le culte religieux. Qu’ils vendent leur ciboires en or et leurs chasubles de damas et de soie brodée, qu’ils mettent aux enchères toutes les richesses qu’ils ont accumulées au cours de deux millénaires s’ils le souhaitent, mais ils ne devraient pas compter sur un peuple auquel ils n’ont appris que la soumission pour dépenser un seul sou pour les tirer d’embarras ! Dieu est mort ! Ne leur a-t-on pas dit ?

Économie ou démocratie ?

« La paix économique est plus importante que la paix diplomatique », a lancé le vice-premier ministre Bernard Landry, au terme d’une rencontre avec l’ex prix Nobel de la paix et actuel ministre israélien Shimon Peres. Cette déclaration confirme, si besoin était, que, pour notre ministre, l’économie prend le pas sur la démocratie. Ce qui compte, nous dit-il en somme, c’est qu’on puisse d’abord et avant tout faire des profits ; et tant pis si la démocratie est plus ou moins égratignée au passage.

Par la même occasion, Shimon Peres, pressenti comme prochain président de l’État d’Israël, admettait que son dernier voyage à Montréal, il y a cinquante ans, visait l’achat d’armes. Et à quoi pouvaient bien servir ces armes, sinon à imposer par la force la « paix démocratique aux Palestiniens, dont la création d’Israël venait de bousculer la paix tout court » ? Il semble bien que les armes n’aient pas suffi puisque Peres revient à la charge, cette fois en vue de « créer un parc industriel tripartite Québec-Israël-Palestine ». On voit ça d’ici 0 deux nations industrielles modernes s’alliant à un peuple du tiers monde pour mieux l’exploiter. Colonisateurs de tous les continents, unissez-vous !

Le « love bug »

« Un virus attaque la planète 0 les parlements d’Ottawa et de Québec contaminés », titraient les quotidiens, au début de mai, suite au virus informatique inoculé par un couple philippin dans des millions d’ordinateurs de la planète via Internet. Cet incident, suivant de près l’exploit du jeune Montréalais Mafiaboy, donne à penser. C’est au défaut de la cuirasse que doit frapper l’attaquant, et il semble que le système Internet offre un point sensible à tous ceux qui, dans le monde, ne demandent qu’à s’unir pour détourner ou même carrément renverser le néolibéralisme.

Pourquoi en effet perdre son temps en vaines manifestations de rue, puisque le moindre petit virus suffit à ébranler le système ? Socialistes, anarchistes, ennemis du capital et protestataires de tous genres n’ont qu’à utiliser cette méthode, pour le moment imparable, pour déséquilibrer les possédants. On imagine aisément les gouvernements des grandes nations qui exploitent les masses, paralysés par une action universelle longuement concertée et habilement planifiée. D’autant plus que les enquêteurs aux crimes informatiques de la GRC avouaient publiquement être « débordés, voire dépassés, par l’émergence des pirates du cyberespace ». Prolétaires de tous les pays, mettez-vous à l’Internet et bousillez le système !

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