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De Gaulle le Québécois
N° 191 - juillet 2000

Lectures d’été
Élaine Audet
Un Belge transnational

Si vous aimez les livres fous, délinquants, éclatés, qu’on peut lire dans tous sens et tous côtés, entre Joyce, Queneau, Bersianik, Aquin, entre une fugue de Bach, le quatuor de Schubert intitulé La jeune fille et la mort, Phillip Glass et la musique orientale, jouant de tous les niveaux de langage, vous avez trouvé votre livre dans cette Confession d’un homme en trop/Maïak II. Maïak veut dire phare en russe et phare veut dire «un jeu d’oiseau» dans la langue des métamorphoses de Jean-Louis Lippert, ce Belge transnational, vagabond, visionnaire, rebelle, anarchiste et surtout poète.

«Rapporter les événements. Non dans l’ordre chronologique où ils perdent leur sens. Mais dans celui d’une spirale», nous dit-il. La matière de l’écriture n’a pas de frontières, elle oscille entre Troie, Knossos, Constantinople, Athènes, Leningrad, Lima, Kisangani au Congo, Bruxelles, la forêt de Soignes, et tant d’autres lieux. Au service de la firme Noé (Nouvel Ordre Édénique), elle est mémoire et imagination du monde, sous le signe du chiffre 5, traversée par des perdants qui ont la stature de héros, et par une blonde intemporelle en robe rouge qui prend tous les visages de la beauté, de la création, de la tendresse, de la liberté et de l’amour au fil des siècles. «Elle venait d’Alexandrie. Je n’ai pas le temps de t’expliquer. Toute l’histoire humaine est concentrée par cette vierge antérieure à la Vierge. Les empires successifs qui ont formé l’Europe avaient pour but secret de la détruire, car elle mettait en question la légende sur quoi s’étaient édifiés les pouvoirs des soudards et des prêtres».

Enfin un écrivain qui n’a pas peur de se mesurer à des femmes grandeur nature, de chair et d’intelligence, d’âme et de cœur, d’égal à égale dans leurs différences. Confession d’un homme en trop est une brillante variation sur quelques personnages, espaces et temps. Sans rien perdre en conscience et en révolte, «lui le métèque le sans-papiers l’éternel demandeur d’asile depuis combien de millénaires le sans-abri sur cette Terre sa vie fut bien plus qu’une vie lui qui chercha l’intégrité comme une flamme écoute la voix née du brasier des astres morts». Lucie Wilkin qui a publié ce livre est aussi l’éditrice du Livre de la mère (1998) de Claire Lejeune, poète et philosophe, fort appréciée au Québec.

Jean-Louis Lippert, Confession d’un homme en trop/Maïak II (roman), Avin/Hannut (Belgique), Éditions Luce Wilkin, 1999.

Treize femmes

Interrogées par la sympathique Nicole Lacelle, treize femmes ayant passé huit ans à l’hôtel de Ville de Montréal parlent de la place des femmes en politique, de la conciliation travail-famille, du rapport des élues avec la population. Une réflexion personnelle et vivante sur l’engagement politique au féminin.

Nicole Lacelle, À l’école du pouvoir, Montréal, Remue-ménage, 1999.

Une tragédie grecque

Tête à tête entre le fils et la mère, «à tour de rôle, ils dénoncent le manque. Celui du regard. Celui de la parole qui nomme. Ils disent l’absence d’être». Langage dense, incantatoire. L’absence de regard de la mère. La quête inlassable du fils. Entre elle et lui, le père inconnu, l’amour perdu. Tragédie grecque. Descente aux enfers. Tout est accordé sauf voir le visage. Épopée du regard. Cri. Apprendre «à ne pas exister seulement dans le regard des autres», nous dit l’épigraphe de Laurier Veilleux. Un beau livre qui nous emporte dans sa réflexion.

Monique Laforce, Les Spectateurs du silence (poésie), Québec, Loup de Gouttière, 1999.

Une surdose

Un premier roman et une voix originale qui nous fait participer à la descente de Sabine dans l’enfer de l’enfermement mental où il n’y a d’autre échappatoire que la fantaisie ou la surdose. L’auteure nous réserve de belles variations sur la langue en folie et l’interprétation des chiffres. Comme quoi le 9 ne tient pas toujours ses promesses! Une auteure à suivre.

Denise Blais, Le ciel non plus je ne pouvais le peindre (roman), Québec, Loup de Gouttière, 1999.

Le sexe au travail

Fruit de vingt ans de recherches, ce livre examine les conditions de travail des caissières, secrétaires, serveuses, infirmières, travailleuses d’usine, téléphonistes, préposées à l’entretien, et remet en question la division sexuelle du travail et les préjugés qui freinent le débat sur la santé des travailleuses.

Karen Messing, La Santé des travailleuses/La science est-elle aveugle ?, Montréal, Remue-ménage, 2000.

Sites français à visiter 0

SOS SEXISME 0 http0//perso.club-internet.fr

LES PÉNÉLOPES 0 http0//www.penelopes.org

LES CHIENNES DE GARDE 0 http0//chiennesdegarde.org

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