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De Gaulle le Québécois
N° 191 - juillet 2000

Du cafouillage au gaspillage jusqu’au gouffre
Saël Lacroix

Stationnement de Montréal



C’est en 1994 qu’à été signée l’entente de «partenariat» entre la Ville de Montréal et la Chambre de commerce qui cédait à cette dernière la gestion des stationnements et des parcomètres pour une période de trente ans. Depuis, cafouillages administratifs et gaspillages de fonds publics ont entraîné la ville dans un véritable gouffre financier. Ce gâchis vient une fois de plus contredire la thèse trop répandue selon laquelle toute solution aux problèmes de gestion passe par la privatisation.

Selon le vérificateur général Guy Lefebvre, l’entente a coûté jusqu’ici plus de 15 millions $ 0 «À raison de 3 millions par année pour supporter une telle entente, je ne vois pas où est réellement l’intérêt des contribuables», précise-t-il. Son rapport, déposé le 16 mai dernier, recommandait à la ville de mettre fin à toute entente avec Stationnement de Montréal (SdM), société de commandite de la Chambre de commerce. En plus de la mise sur pied de projets insensés comme Parcoflex qui a coûté près de 1,5 millions $, le commandité Accessum, gestionnaire de SdM, y est allé d’une série de dépenses injustifiées qui ont entraîné des coûts directs et indirects de plus de 11 millions à la ville, laquelle assume tous les risques.

En 1999, la ville, qui devrait toucher 80 % des profits d’après l’entente, ne s’est fait verser que 1,5 millions $ sur les 26 millions $ de revenus de SdM/Accessum. La Chambre de commerce, qui n’a jamais injecté de capitaux dans l’ensemble du groupe et qui ne court aucun risque financier, encaisse pour sa part 400 000 $ de redevances fixes chaque année pour sa «collaboration». À la fin de l’entente, elle aura donc touché 12 millions $ qu’elle dépensera comme bon lui semble. Et vive les intérêts municipaux…

La conjoncture pour le moins complexe du groupe Accessum (compagnie mère à la tête d’un agglomérat de petites filiales comme Parcoflex) ainsi que son manque de transparence, que dénonçait M. Lefebvre dans son rapport, étaient révélateurs. En approfondissant les recherches, on a découvert que plusieurs acteurs portaient plus d’un chapeau dans cette histoire. Ainsi, le vice-président exécutif de la Chambre de commerce, Luc Lacharité, agissait aussi comme membre du conseil d’administration de ces filiales. Et que dire de Mme Nicole Forget, présidente d’Accessum, qui autorisait la sortie des fonds chez SdM en même temps qu’elle dirigeait Parcoflex, ceux-là même qui dépensaient ces fonds...

On a également appris que, malgrés l’article VIII (K) de l’entente qui stipule clairement que le commandité (Accessum) renonce à tout honoraire, Nicole Forget touchait à elle seule 48 000 $ par année pour gérer à temps partiel SdM. Au total les frais de gestion chez Accessum s’élèveraient à 429266 $.

À ce rythme, le fiasco Accessum entraînerait une perte de 87 millions $ pour la durée totale de l’entente. Aurions-nous pu prévenir un tel désastre économique ? Rappelons que le professeur Léo-Paul Lauzon, dans son article Le scandale de la privatisation du stationnement à Montréal paru dans l’aut’journal de novembre 1996, prévenait des conséquences qu’entraînerait la gestion des parcomètres et stationnements par la Chambre de commerce. Il semble qu’on ne l’ait pas écouté...

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