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De Gaulle le Québécois
N° 191 - juillet 2000

La FTQ s’inquiète
Pierre Klépock

L’Office de la langue réduite de moitié



La FTQ est depuis longtemps préoccupée par l’avenir du français au Québec. Suite à la tenue d’une journée de réflexion sur la francisation des milieux de travail en mars dernier, la centrale syndicale réclame que Québec consacre davantage de ressources et de personnel à l’Office de la langue française (OLF) en vue d’accélérer la francisation des milieux de travail, surtout en ce qui concerne l’intégration des immigrants et la francisation des technologies de l’information.

"À la FTQ, on a toujours considéré que travailler en français est une condition de travail vraiment importante. Si on ne peut pas travailler dans sa langue, à la limite, cela peut même être dangereux, on n’a qu’à penser à la sécurité, à toutes les machines qu’on utilise, à toutes les lectures qu’on doit faire pour exécuter notre travail», souligne Lola Le Brasseur du Service de la francisation de la FTQ. «Il faut que le projet de francisation au Québec soit un enjeu collectif pour l’ensemble du mouvement syndical, comme les dossiers en santé-sécurité ou de condition féminine», ajoute-t-elle.

L’Office de la langue française joue un rôle de premier plan dans la francisation des entreprises, mais compte tenu des compressions gouvernementales, en moins de vingt ans, le nombre de postes a été réduit de plus de la moitié, passant de 413 en 1980-1981 à 200 en 1998-1999. Ce qui constitue une menace pour notre projet de société, celui du français, langue commune du Québec. La FTQ a décidé de se porter à la défense de l’Office de la langue française, car c’est un outil essentiel pour les travailleurs et travailleuses. Rappelons que l’OLF collabore avec les syndicalistes de la FTQ actifs dans les comités de francisation de quelque 600 grandes et moyennes entreprises au Québec.

De nouveaux défis

«Aujourd’hui, le mouvement syndical fait face à deux nouveaux défis de francisation. D’abord, les technologies de l’information imposent une langue de travail, celle des logiciels, qui n’est pas toujours le français. Ensuite, c’est l’intégration linguistique des personnes immigrantes qui n’ont pas une connaissance fonctionnelle du français au travail et il faut les intégrer dans nos structures syndicales pour que ces personnes connaissent leurs droits», conclut Lola Le Brasseur.

g Travailler en français

Adoptée par l’Assemblée nationale en 1977, la Charte de la langue française (Loi 101) représente l’aboutissement de longues années de luttes syndicales et populaires 0 Manifestation McGill Français et occupations d’écoles à Saint-Léonard en 1969; grève des ouvriers de la General Motors en 1970; lutte des Gens de l’air en 1975, pour avoir le droit de vivre et travailler en français. Ce ne sont là que quelques exemples des batailles, au cours des années 60 et 70, pour faire du français une langue nationale.

La Charte vise à faire du français la langue de l’État et de la loi au Québec. Aussi, son objectif majeur est de faire du français la langue de travail. Elle comprend des dispositions pertinentes pour les syndicats, principaux acteurs de la francisation d’un pays qui reste à faire, dont les deux fonctions sont 0

- LA LANGUE DU TRAVAIL 0 La Charte donne des droits aux travailleurs et travailleuses que nos syndicats doivent faire respecter par les employeurs (ex. 0 Les patrons sont tenus d’utiliser seulement le français dans les communications collectives adressées au personnel; il est interdit à un boss de congédier un salarié parce qu’il ne parle pas l’anglais; etc.).

- LA FRANCISATION DES ENTREPRISES 0 Les entreprises comptant 50 personnes et plus à leur emploi sont dans l’obligation de posséder un certificat de francisation, programme qui vise à faire acquérir au français un statut acceptable dans les entreprises (ex. 0 Il faut que le français soit utilisé à tous les niveaux de l’entreprise et il doit devenir la langue de travail).

Les entreprises employant 100 personnes ou plus doivent mettre sur pied un comité de francisation d’au moins six personnes, constitué pour au moins le tiers d’une représentation ouvrière ou syndicale. La Charte oblige la tenue d’au moins trois réunions par année du comité, et son mandat est d’élaborer un programme de francisation et d’en surveiller l’application.

Les entreprises de moins de 50 employés sont simplement tenues de respecter les articles exécutoires de la Charte. C’est pourquoi la FTQ revendique que tous les organismes et entreprises employant 25 personnes ou plus élaborent un programme de francisation. Bien plus qu’une simple loi, la Charte de la langue française au Québec est un projet de société visant à corriger une situation d’injustice historique qui dure depuis la conquête britannique de 1760.

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