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De Gaulle le Québécois
N° 191 - juillet 2000

De Gaulle était québécois
Michel Lapierre
Au pays du frère André et de Maurice Richard, tout est question d’interprétation. Avant de mourir, Jean Drapeau espérait écrire un livre pour nous démontrer, par A plus B, que le général de Gaulle, le 24 juillet 1967, n’avait pas voulu dire «Vive le Québec libre !» en criant «Vive le Québec libre !». Pour Drapeau, l’indépendance, c’était l’impensable; et, de plus, c’était l’horreur. Le sens du grandiose qui animait Drapeau n’était pas le sens de la grandeur qu’incarnait de Gaulle.

Le métro, l’Expo 67, et plus tard les Jeux olympiques, ne suffiront pas à Drapeau. Visant toujours plus haut, le maire rêvait d’installer la tour Eiffel à Montréal — oui, la tour Eiffel ! —, en la démontant pièce par pièce, selon la technique éprouvée du meccano. Mais, de son côté, de Gaulle avait dit, dès le 29 mars 1967 0 «…je n’irai pas au Québec pour faire du tourisme. Si j’y vais, ce sera pour faire de l’Histoire.» C’est ce que rapporte Alain Peyrefitte, dans le tome troisième de C’était de Gaulle, compte rendu des incroyables propos de l’homme qui, en résumant sa vie, avouait, en 1969, à son ami André Malraux 0 «Le seul révolutionnaire, c’était moi.»

Un délire solitaire

Que de Gaulle, au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, ait voulu dire ce que les mots veulent dire, nous le savions déjà. Le 27 novembre 1967, la conférence de presse du Général, qui, en grande partie, portait sur l’événement, ne pouvait être plus limpide. Mais Peyrefitte nous révèle que l’intérêt très ancien de De Gaulle pour le Québec atteignait le niveau du délire, et du délire solitaire. Pompidou, le premier ministre, le disait sans ambages, dès 1965 0 «L’engouement du Général pour le Québec est une sorte de folie gratuite.» C’était là le jugement péremptoire de l’ancien employé de la banque des Rothschild. À la même époque, le protestant Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, se prononçait sur la question avec le flegme ancestral et l’anglophilie atavique des huguenots, à qui Louis XIV avait interdit de fouler le sol de la Nouvelle-France 0 «La passion du Général pour le Québec ne peut conduire à rien de bon. Notre devoir est de le retenir sur cette pente.» L’allergie à nos velléités de libération est d’une rare puissance. Même Charles Maurras, qui passe pour avoir eu quelque influence sur la pensée du Général, avait vu, jadis, dans la Confédération canadienne une merveille constitutionnelle. Mais eût-il fallu s’attendre à autre chose de ce théoricien désincarné, compte tenu de l’anglomanie d’une bonne partie de la droite monarchiste ?

Lorsqu’il manifestait son amour véhément pour nous, de Gaulle avait contre lui, à part quelques exceptions, tout le Quai d’Orsay, tout le Conseil des ministres, toute la majorité parlementaire, toute l’opposition, toute la presse, bref toute la France, ou à peu près. Quant au milieu politique québécois, il ne réagissait guère mieux. En 1967, de Gaulle ne secouait pas seulement Drapeau, il choquait Daniel Johnson père, Jean Lesage, jusqu’à René Lévesque et Yves Michaud ! Seuls Bourgault et les vrais séparatistes de l’époque faisaient bande à part. Bien qu’estomaqués, ils avaient encore assez de souffle pour exulter.

Les polis petits chiens

«La grandeur, avouait de Gaulle, est un chemin vers quelque chose qu’on ne connaît pas.» Si le Général doute de l’authenticité du sentiment révolutionnaire des enragés de Mai 68, qu’il voit comme des enfants gâtés et de simples trublions, c’est pour mieux l’opposer, dans son esprit, à la vraie révolution. «Guevara est plus un personnage de vos romans que des leurs», dira-t-il à Malraux. «La justice sociale se fonde sur l’espoir, sur l’exaltation d’un pays, non sur les pantoufles», clamera-t-il.

Belles paroles qui expliquent l’homme, mais dont on peut douter de la sincérité. De Gaulle affectait de mépriser la politique. Les politiciens étaient à ses yeux les «politichiens», les polis petits chiens… Mais n’était-il pas lui-même un maître dans le grand art de la politique ? Son jeu est subtil; toutefois, «il arrive que l’élégance y tombe dans la manigance», dira Henri Guillemin, l’historien de gauche soupçonneux, qui s’avoue pourtant incapable de le haïr et se contente de l’appeler «le Général clair-obscur», le chef impénétrable. Les actes et les paroles de De Gaulle témoignent peut-être d’une cohérence trop belle pour être vraie, mais ils sont assez vraisemblables pour nous ébranler.

Et rien n’exprime mieux cette force de conviction, cette symbiose entre la fidélité au passé et l’esprit de révolte, que la mission particulière dont le Général se croit investi lorsqu’il tourne son regard vers le Québec. Le 5 octobre 1961, il recevait déjà Jean Lesage avec les égards réservés à un chef d’État souverain. Le 24 avril 1963, au moment même où explosent les premières bombes du FLQ, il dira 0 «Un jour ou l’autre, les Français se rebelleront contre les Anglais. Du moins au Québec, puisque partout ailleurs au Canada, ils sont minoritaires… Pourquoi aurions-nous donné l’autodétermination aux Algériens, et pourquoi les Anglais ne l’accorderaient-ils pas aux Français du Canada ?… Un jour ou l’autre, le Québec sera libre.» Il ira même plus loin 0 «Le Québec, c’est notre devoir de nous en mêler.» Et encore, à son retour à Paris, le 27 juillet 1967 0 «Il fallait répondre à l’appel de ce peuple. Je n’aurais plus été moi-même si je ne l’avais pas fait.»

Un mystérieux personnage 0 Philippe Rossillon

Il faut dire qu’un mystérieux personnage s’intéressait déjà très activement au Québec 0 Philippe Rossillon, missionnaire de la civilisation française à travers le monde et gaulliste impénitent. En 1997, le diplomate Bernard Dorin accordera encore beaucoup d’importance à la rencontre qu’il avait eue avec lui, à Paris, en 1959. En «est sortie, écrira-t-il, la détermination commune de consacrer l’essentiel de notre vie publique au fait français en Amérique du Nord et, plus particulièrement, à l’émancipation politique du Québec». Le 12 novembre 1964, Pompidou, lui-même, met en garde Alain Peyrefitte contre Rossillon, «qui mène une action clandestine», précise l’auteur de C’était de Gaulle. Le 31 août 1967, Pompidou se fait encore plus pressant lorsqu’il s’agit de la mission québécoise confiée par de Gaulle à Peyrefitte 0 «Je ne vous recommande pas d’emmener Rossillon. C’est un extrémiste, qui nous mettrait à dos la terre entière.» Rossillon, en effet, n’est pas un homme tout à fait banal. Sa femme s’appelle Véronique Seydoux, du clan Schlumberger-Seydoux, dont la revue Forbes évaluera, en 1996, la fortune à quatre milliards de dollars américains. La H.S.P. (la haute société protestante)… Encore le paradoxe de l’histoire !

Et pourquoi donc s’étonner de la dimension séculaire de toute chose lorsqu’on aborde l’univers gaullien ? Chaque pensée, chaque mot du Général interpellent la planète tout entière et l’histoire universelle. Au moins en apparence. Et l’apparence, plus précisément le symbolisme, compte énormément aux yeux de De Gaulle qui, pour venir chez nous, prendra la peine de traverser l’Atlantique sur le Colbert, vaisseau de guerre qui honore le grand ministre du XVIIe siècle, le bienfaiteur de la Nouvelle-France. En mai 1967, lors de la visite à Paris de Daniel Johnson, le gouvernement canadien exige que seul l’unifolié flotte à Orly; la délégation générale du Québec, elle, ne veut y voir que le fleurdelisé. Avec son sens du dépouillement tout calviniste, Couve de Murville tranche 0 «Il n’y aura pas de drapeaux du tout.» De Gaulle casse la décision de son ministre 0 «Il ne faut que des drapeaux du Québec ! Il en faut partout !» Sur le chemin du Roy, le Général répète 0 «Toute la France vous regarde. Elle vous entend, elle vous aime.» Mais il sait bien que «les Français se moquent éperdument du Québec», comme le reconnaît d’ailleurs Peyrefitte. Qu’importe ! Le Général n’est-il pas, lui-même, la France ?

«Que diriez-vous si je leur criais 0 Vive le Québec libre ?»

Dans la mise en scène historique, rien n’est laissé à l’improvisation. Sur le pont du Colbert, au beau milieu de l’Atlantique, de Gaulle interroge l’amiral Philippon 0 «Que diriez-vous si je leur criais 0 Vive le Québec libre ? — Oh, vous n’allez pas faire ça, mon général ! — Eh bien, je crois que si! Ça dépendra de l’atmosphère.» Le drame est si contagieux que les spectateurs participent. C’est un perpétuel happening. Avant sa fameuse visite au Québec, le Général et Mme de Gaulle avaient convié à un déjeuner intime à l’Élysée, Pauline Vanier, veuve depuis peu du gouverneur général du Canada. Connaissant le fédéralisme viscéral de son invitée, de Gaulle avait proclamé presque cruellement 0 «Le seul avenir possible pour le Québec, c’est de devenir souverain.» Mme Vanier avait, ce jour-là, quitté le palais présidentiel en larmes.

Et Daniel Johnson — «mon ami Johnson», se plaisait-il à dire — , eh bien, de Gaulle a failli le tuer, le pauvre homme ! Le premier ministre du Québec venait d’avoir une crise cardiaque, et c’était là un secret d’État. Le 13 septembre 1967, l’anniversaire de la défaite des plaines d’Abraham, Johnson reçoit en robe de chambre, dans sa retraite de l’hôtel Bonaventure, Alain Peyrefitte, l’envoyé extraordinaire de De Gaulle. Peyrefitte lui fait part du projet du Général de tenir des entretiens réguliers franco-québécois sur le modèle des conversations semestrielles franco-allemandes. Le choc est foudroyant. Johnson «porte la main à son cœur», nous raconte l’envoyé. Mettre le Québec sur le même pied que l’Allemagne ! Entretenir des relations d’égal à égal avec la France ! Mais c’est déclarer la guerre aux Anglais ! Mais c’est la fin du monde !

La gloire de Danville n’illuminera pas Versailles

Au retour de Peyrefitte, de Gaulle s’exclame 0 «Johnson ne sait pas forcer le destin… C’est un politicien de province… Un petit bonhomme.» Pour le Général, il est tragique de constater que nos marguilliers sont complètement inconscients de la grandeur du Québec, qui a su, par lui-même, maintenir son identité après deux siècles de domination anglo-saxonne. Dire que le 1er août 1940, à la radio de Londres, de Gaulle nous lançait un message empreint d’admiration, bien qu’il se doutât, peut-être, que nos élites seraient en grande partie pétainistes sans même savoir ce que Vichy représenterait ! «L’âme de la France, déclarait-il, cherche et appelle votre secours, parce qu’elle trouve dans votre exemple de quoi ranimer son espérance en l’avenir.»

Bien qu’amèrement déçu par Johnson, le Général tiendra à le recevoir en grande pompe en juillet 1968. Il voudra même le placer au-dessus du commun des chefs d’État en l’hébergeant dans un palais royal, le Trianon, où le premier ministre du Québec n’aurait été précédé que par le prince Philippe. Mais la gloire de Danville n’illuminera pas Versailles. Avant de se rendre en France, Johnson mourra d’une nouvelle crise cardiaque.

De par sa position stratégique au sein du monde anglo-saxon, le Québec était au cœur de la singulière politique internationale de De Gaulle, qui, surtout avec le recul, apparaît comme une lutte, aussi subtile qu’épique, contre la mondialisation, c’est-à-dire contre l’hégémonie américaine. Des expressions furieusement anachroniques, comme «les Français du Canada», et l’évocation trop fréquente de la Nouvelle-France ne doivent pas nous induire en erreur. De Gaulle ne confond pas le Québec et la France. Et puis, il a en tête le XXe siècle, et surtout le XXIe siècle. Sa vision grandiose fait certes sourire, agace par moments, choque même quelquefois; mais pourquoi ne pas admettre qu’elle fait aussi réfléchir? La politique est de l’ordre de l’éphémère. Mais nous sommes en présence de quelqu’un qui est avant tout un soldat, de quelqu’un pour qui la parole et le signe restent les armes les plus magnifiques et les plus redoutables.

Un vrai soldat. Pas un soldat d’opérette

Un vrai soldat. Pas un soldat d’opérette, comme le pensent les plus obtus des Anglais et nos trop nombreux Ti-Counes, qui ignorent que le théâtre est le prolongement de la réalité. Même le sceptique Henri Guillemin reconnaît que de Gaulle a prouvé son courage physique sur la ligne de feu, à Dinant, puis en Champagne et devant Verdun, lors de la Première Guerre mondiale ; devant Laon et Abbeville, en mai 1940. Un soldat incompris, dont le livre Vers l’armée de métier (1934) qui préconisait la modernisation militaire, avait été plus lu en Allemagne qu’en France ! Un soldat pas comme les autres, qui respecte le pacifisme éclairé du Jaurès de L’Armée nouvelle, mais qui reproche à Léon Blum d’avoir permis l’invasion allemande en ne donnant pas à la France une armée motorisée et blindée. Un soldat qui s’allie aux communistes français, mais qui admire davantage les communistes russes, à ses yeux, beaucoup plus révolutionnaires.

Un soldat qui, après avoir hésité, ou plutôt fait semblant d’hésiter, choisit la voie de la décolonisation, alors que le Parti communiste (indirectement) et l’extrême droite (en toute clarté) se prononcent en faveur de l’Algérie française. De Gaulle ne veut pas, en Afrique, de guerre du Vietnam à la française. Ce qui lui vaudra d’être la cible de pas moins de cent cinquante balles, le 22 août 1962, sur la route du Petit-Clamart, tirées par ceux-là même que plusieurs croyaient être les siens. «Ils ont tiré comme des cochons», dira-t-il des prétendus héritiers des croisés. Évincés par l’histoire, ils ont beau tirer, ils n’atteignent plus personne, pas même Mme de Gaulle. Leur chef, le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry, nostalgique de l’empire colonial, peut bien soutenir, devant la cour, que tuer un tyran est, selon saint Thomas d’Aquin, un acte méritoire pour le ciel ! Qu’il y aille, au ciel ! pense le Général, qui refuse de le gracier. Bastien-Thiry sera fusillé, le chapelet à la main, au fort d’Ivry; car de Gaulle a la ferme conviction que la vieille France de ce desperado n’est pas du tout celle que ses parents révéraient. Elle en est la contrefaçon, et puis elle n’est en rien québécoise.

Un drame prodigieux

Le Québec, dont de Gaulle veut effacer le caractère encore colonial, se retrouve donc dans un drame prodigieux où, au lieu d’opposer l’impérialisme français, mort de sa belle mort, à l’impérialisme américain, la France se fera, pour restaurer sa grandeur, l’avocate des petits, la conciliatrice des grands, bref l’arbitre des nations, du moins en donnera-t-elle la splendide illusion. Le «Vive le Québec libre !» s’inscrit, dès lors, dans une logique à la dimension du monde. Il s’accorde avec les autres coups d’éclat du Général 0 reconnaissance de la Chine populaire, dès 1964; rapprochement avec le bloc de l’Est; retrait de l’OTAN ; dénonciation, en 1966, à Phnom Penh, de la guerre du Vietnam; condamnation de l’attaque israélienne contre les Arabes, en juin 1967; explosion, dans le Pacifique, de la première bombe thermonucléaire française, en 1968.

Mais le Québec ne serait-il donc, dans l’esprit de De Gaulle, qu’une entité théâtrale ? Point du tout, puisque son sort est intimement lié à celui de la France, et que le grand dramaturge qui incarne cette France, lui, est bien réel. Le Général prend d’ailleurs la peine d’apporter cette indispensable précision, en 1967, après son séjour chez nous 0 «Désormais, il ne faut plus ni de France sans le Québec, ni de Québec sans la France.»

Couché sur le papier bible de la Pléiade

Laissons donc le sage de Colombey errer en paix, dans la forêt des Dhuits, à la recherche des champignons les plus merveilleux. Écoutons-le, avec respect, scander à voix haute le poème élogieux que Paul Claudel lui avait dédié en septembre 1944, après en avoir écrit un, il est vrai, à la gloire du maréchal Pétain, presque quatre ans plus tôt. Mais le génie des grands poètes évolue si vite…

De Gaulle, l’auteur des Mémoires de guerre et des Mémoires d’espoir, peut dormir dans la sérénité, couché sur le papier bible de la Pléiade, aux côtés de Claudel bien sûr, mais aussi de son ami Malraux, de Péguy («le seul maître d’esprit qu’il ait jamais reconnu», nous assure Peyrefitte), de Chateaubriand, de Michelet, de Las Cases, de Rousseau (dont il admirait Le Contrat social), de César naturellement, d’Eschyle et de Sophocle (tragiques qu’il lisait au soir de vie), et des prophètes de l’Ancien Testament. En criant «Vive le Québec libre !», il a cru payer la dette de Louis XV, mais il est allé bien au-delà. Notre abandon par la France était chose du passé. Néanmoins, notre entrée en scène, au beau milieu du drame absurde, écrit, à la fois contre la France et pour la France, par le plus solitaire des Français, faisait de ce dernier un Québécois; et ainsi, nous comblait d’aise. Ce stupéfiant spectacle valait bien, en remboursement de notre monnaie de papier, les onze millions et demi de livres que, depuis 1764, nous devait Versailles.

Champagne ontarien et libération du Québec

Extrait du tome III de C'était de Gaulle, d'Alain Peyrefitte

Éditions de Fallois / Fayard, 2000

24 avril 1963

De Gaulle 0 — Staline a eu le mauvais goût de me porter un toast avec du champagne russe. Les Canadiens, en 60, ont cru me faire plaisir en me faisant boire du champagne canadien, à Toronto. C'était un comble. Je leur ai dit 0 «Il faut autant de courage pour fabriquer du champagne au bord des Grands Lacs, qu'il en faudrait pour transporter les Grands Lacs en Champagne.» Ils ont pris ça pour un compliment. C'était des Canadiens anglais.

Il reprend au bout d'un instant 0 «En réalité, les Canadiens anglais ne comprennent pas les Canadiens français. On peut même dire qu'ils ne les aiment pas. Et réciproquement. Depuis deux siècles qu'ils vivent ensemble, ils ne se sont pratiquement pas mélangés. Ce n'est pas maintenant qu'ils vont le faire, alors que partout on assiste au réveil des nationalités… Un jour ou l'autre, le Québec sera libre.»

«Québec libre», les deux mots qui vont faire le tour du monde sont déjà là, quatre ans et trois mois à l'avance.

Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, tome III, Éditions de Fallois / Fayard, 2000.

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