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Dans la mire des services secrets
N° 337 - mars 2015
Le gouvernement actuel n’a aucun intérêt politique à ruiner sa réputation
La suite de la Commission Charbonneau compromise
André Bouthillier
Si la Commission Charbonneau nous a démontré les méthodes qu’ont les gens d’affaires pour voler leurs clients et la population, elle nous a aussi présenté des témoignages de personnes qui se sont incriminées ou en ont incriminé d’autres.

Des gens d’affaires, des politiciens et quelques fonctionnaires convaincus d’être dans leur bon droit de défendre leurs intérêts marchands, politiques ou économiques, ont tous péché par manque de moralité ou d’éthique, diront certains. Désormais, le développement des affaires n’est plus un secret pour les Québécois et Québécoises, qui ont suivi le téléroman de leur turpitude.

La Commission Charbonneau a commencé son enquête le 9 novembre 2011 et, par intérêt pour l’honneur de la vie publique, j’ai dénombré 181 gens d’affaires de l’industrie de la construction qui méritent une ou des accusations pour des infractions au Code civil ou pour avoir enfreint avec entrain d’autres lois québécoises.

J’ai aussi compté 52 politiciens et politiciennes qui avaient déshonoré leur charge publique et qui ont contribué sciemment au blanchiment d’argent pour le financement de leur élection. Encore aujourd’hui, ces élus se pavanent sans remords parmi la faune politique, l’une d’entre eux porte l’outrage et le manque de jugement jusqu’à devenir moralisatrice à la radio.

Côté fonctionnaires, cette classe qui, dans notre société, est souvent critiquée par les gens sans éthique, 54 d’entre eux ont été accusés d’avoir participé à des activités de collusion ou de corruption.

Nous sommes en 2015 et je constate que peu de ces personnes ont été condamnées. Si peu que je peux les nommer : Gilles Parent, Luc Morin, Pamela Mattock-Porter, René Lafrance, Stéphane Harbour, Irving Grundman, René Dussault, Normand Dubois, Denis Despelteau, Yvon Boyer et Sylvie Berniquez-Saint-Jean, Jocelyn Dupuis (en appel de la sentence), Luc Leclerc et Gilles Surprenant (immunité de la Commission, mais doit rembourser des montants négociés avec la ville de Montréal) et: Tony Tomassi (qui s’est enrichi avec sa prime de départ de 122 000 $, puisque la sentence l’oblige à ne rembourser au Gouvernement que 11 750 $).

J’admets que le niveau de culpabilité de quelques-unes d’entre elles ne sera déterminé que lors de la tenue d’un procès, si jamais il a lieu. Il n’y a qu’à regarder le procès de la bande des quatre de Blainville se désagréger. Les avocats, qui ont été très peu poursuivis par la Commission Charbonneau, savent trouver toutes les astuces pour faire acquitter leur client, grâce à la « procédurite ».

Il y a même un « maître » qui écrit des livres pour vilipender les gens trop honnêtes !

Surprenant aussi de constater que, dans toutes ces histoires d’argent révélées par la Commission Charbonneau, aucun comptable ne fut interpellé pour responsabilité de contrefaçon ! Alors, à quoi sert de se payer des comptables, pour démontrer que la comptabilité des entreprises est conforme aux lois, même si elle ne l’est pas ?

Pour le moment la preuve est faite. Toutes ces bonnes gens ont manifesté un déficit d’honnêteté et, dans certains cas, une absence totale de remords.

Est-ce à dire que les caractères psychopathes se retrouvent plus souvent et facilement qu’on ne le pense à la tête d’entreprises ? Ou à des postes politiques de haut niveau et où ces élus sont nombreux à se consacrer uniquement au développement de leur carrière de cumulard de revenus ?

Dans le domaine de la justice, comme ailleurs, c’est le cordon de la bourse qui détermine combien d’enquêtes, combien de procès, combien de juges, combien d’avocats seront embauchés pour monter les dossiers des accusés.

Dans ce contexte, le gouvernement du Parti Libéral du Québec s’offre aisément l’excuse de réduire les dépenses de l’État. Il pourrait ne pas remplacer les procureurs absents, retarder la nomination de juges, laisser des postes vacants et réduire les budgets d’opération de la justice au nom de la rigueur budgétaire.

Comprenons qu’il n’a aucun intérêt au plan politique à nuire à sa réputation. C’est malsain de voir ses anciens députés ou ministres être reconnus coupables, ou ses anciens bailleurs de fonds se retrouver en prison.

Vraiment, je peine à comprendre la motivation, ou l’intention secrète de mes concitoyens, qui ont voté pour remettre en poste un parti déjà reconnu comme outrageux !

Je n’ai pas la preuve, hors de tout doute, que le gouvernement utilise le goulot d’étranglement budgétaire, mais les résultats démontrent un gros problème dans l’administration de la justice. Vous verrez ! Des procès seront bientôt annulés à cause de délais trop longs. Cela a été possible pour 55 motards criminalisés. Alors, imaginez pour les amis du système !

Pourquoi ne pas inviter la ministre de la Justice du Québec à mettre au service de la justice les 5,5 millions $ saisis à Pamela Mattock-Porter, la conjointe du docteur qui se dit toujours l’ami du docteur Couillard ?

La ministre démontrerait à la population du Québec que, si la classe politique a fauté au plan éthique, le sens de l’honneur pourrait permettre de financer la poursuite des coupables.

Vous savez, ceux et celles que Maître Jean Charest voulait voir en prison, plutôt qu’à la télévision !

Toutes les références se trouvent sur le site MétéoPolitique.com

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