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Dans la mire des services secrets
N° 337 - mars 2015

Jusqu’où ira la francophobie de ce gouvernement ?
Louise Chabot*
La décision du gouvernement Couillard de modifier radicalement les termes de l’entente France-Québec sur la mobilité étudiante s’ajoute à l’indifférence qu’il affiche quant à la défense et à la promotion du fait français au Québec.

Dès septembre prochain, les étudiants français verront leurs droits de scolarité annuels tripler, passant ainsi de 2 300 $ à plus de 6 650 $. Nul doute que les universités francophones situées en région seront les premières à en faire les frais.

Rappelons qu’actuellement, près de 12 500 étudiantes et étudiants français sont inscrits dans les universités québécoises, ce qui représente près de 40 % de tous les étudiants et étudiantes étrangers présents au Québec. Les étudiants français et internationaux rapportent plus d’un milliard de dollars à l’économie québécoise et permettent la création de 8 000 emplois directs.

Selon nous, cette décision s’avère néfaste sur les plans économique, linguistique et démographique. Alors que le gouvernement vient tout juste de terminer les consultations visant une nouvelle politique d’immigration et d’inclusion du Québec, voilà un bien drôle de message à lancer quant à notre volonté d’attirer des immigrants francophones qualifiés.

Certains commentateurs ont soulevé, à juste titre, que près du tiers des étudiantes et étudiants français suivant leurs cours au Québec optent pour une université anglophone, ce qui contrevient à l’esprit de l’entente de réciprocité entre la France et le Québec qui visait une plus grande mobilité étudiante au sein de ces deux États francophones.

Par exemple, plusieurs ont remarqué qu’un étudiant d’une province canadienne inscrit à l’Université de Montréal paie des droits de scolarité trois fois plus importants qu’un étudiant français inscrit à l’Université McGill !

C’est dans cette optique que la CSQ demande au gouvernement de revoir sa décision initiale. En lieu et place, nous proposons que les droits de scolarité des étudiants français inscrits dans une université francophone demeurent les mêmes que ceux des étudiants québécois.

Les étudiants français qui choisiraient de s’inscrire dans une université anglophone verraient leurs droits de scolarité s’établir au même niveau que les étudiants canadiens des autres provinces.

Cette proposition permet toujours au gouvernement de faire des économies, tout en participant à la pérennité du français au Québec, notamment dans la région de Montréal, et en favorisant les capacités d’internationalisation des constituantes de l’Université du Québec (UQ) dans toutes les régions.

*L’auteure est présidente de la Centrale des syndicats du Québec

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