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Harper vs Djihad
N° 334 - novembre 2014
Un modèle de gestion idéal : un syndicat sans syndiqués et un journal sans jour
Un antisyndicalisme assumé et vindicatif
Pierre Dubuc
Dans la première partie de ce dossier, parue dans l’édition du mois d’octobre (l’aut’journal, no 333), après avoir analysé un segment du parcours professionnel de Pierre-Karl Péladeau, nous nous demandions si sa réputation d’homme d’affaires n’était pas démesurée. Depuis, la vente pour 350 millions $ de Sun Media, payé près d’un milliard de dollars en 1998, confirme notre hypothèse.

Dans cette deuxième partie, nous reviendrons sur ses principaux faits d’armes en tant qu’employeur. Cet aspect de sa vie professionnelle est particulièrement important pour un candidat potentiel à la direction du Parti Québécois.

Depuis ses origines, le Parti Québécois s’est affiché comme un parti social-démocrate. Il a été l’instigateur des plus importantes mesures sociales de l’histoire du Québec (Loi anti-briseurs de grève, formule Rand, Loi sur l’équité salariale, Loi 101, Loi sur le zonage agricole, Centres de la petite enfance, etc.).

Les relations entre le Parti Québécois et le monde syndical ont toujours été marquées par une certaine tension. Celle-ci peut être créatrice, comme à l’époque du « préjugé favorable aux travailleurs » de René Lévesque, mais peut également être destructrice, comme lors de la politique du Déficit zéro de Lucien Bouchard.

Chose certaine, pour aspirer à réaliser l’indépendance du Québec, le Parti Québécois doit pouvoir compter sur l’appui militant des organisations syndicales, qui sont les principales organisations de masse de la société, avec un membership qui comprend 40 % de la main-d’œuvre québécoise.

Pour ce faire, un chef du Parti Québécois doit pouvoir rallier les différentes tendances au sein du parti, mais également s’adjoindre, à l’extérieur du parti, les grandes organisations syndicales, féministes, étudiantes et populaires, comme Jacques Parizeau l’a fait en 1995 avec les Partenaires pour la souveraineté.

PKP peut-il être ce rassembleur ? Peut-il fédérer les différentes tendances au sein du Parti Québécois ? Un rappel de son attitude générale à l’égard du mouvement syndical dans différents conflits est à verser au dossier PKP afin que chaque membre du PQ appelé à voter puisse se faire sa propre idée.

De Pierre-Carl à Pierre-Karl. À la fin des années 1970, le jeune Pierre-Carl se découvre une âme de révolutionnaire et s’engage dans le mouvement marxiste-léniniste de l’époque. Sa découverte de Karl Marx a sur lui un tel effet qu’il décide d’orthographier son nom avec « K », en hommage au grand théoricien révolutionnaire.

Dans la biographie qu’il a consacrée à Pierre Péladeau, Julien Brault raconte que « lors d’une fête organisée au prestigieux club Saint-Denis pour célébrer ses 18 ans, Pierre-Karl Péladeau fit un esclandre. Communiste et plus généralement révolté, il traita son père et des invités de bourgeois avant de s’enfuir ».

Refusant toute aide financière de son père, PKP travaille alors comme plongeur pour payer ses études et, nous dit encore Brault, « remplissait ses temps libres en distribuant des tracts du Parti communiste ouvrier ».

Après avoir obtenu un baccalauréat en philosophie de l’UQAM, PKP décide, à l’âge de 21 ans, de poursuivre ses études à l’Université de Paris VIII, une institution reconnue pour ses tendances gauchistes. Un an plus tard, il se réconcilie avec son père lors d’un dîner dans un grand restaurant parisien. Il abandonne alors ses études en philosophie pour s’inscrire en droit. C’est la fin de sa période gauchiste.

Que sa foi révolutionnaire se soit si rapidement estompée n’est pas étonnant, lorsqu’on sait que lors de ses activités « révolutionnaires » à Montréal, son coloc et compagnon d’armes n’était nul autre que le fils de Roger D. Landry, l’éditeur de La Presse et une des principales têtes de turc du film Le Temps des Bouffons de Pierre Falardeau.

En 1985, à 24 ans, PKP revient à Montréal travailler pour Quebecor à temps plein. Parallèlement, il poursuit des études en droit à l’Université de Montréal et passe les examens du Barreau.

Le Journal de Cornwall. En 1993, c’est en tant que vice-président aux ressources humaines qu’il négocie le renouvellement de la convention collective des pressiers et des typographes du Journal de Montréal. Déterminé à congédier plusieurs conducteurs de presse, par suite de la modernisation de l’imprimerie, PKP décrète un lock-out et installe des presses dans la ville ontarienne de Cornwall pour contourner la loi anti-briseurs de grève québécoise. Des cadres sont envoyés pour remplacer les pressiers et l’usine de Cornwall est entourée de barbelés et surveillée par des agents de sécurité. Le conflit va durer cinq mois.

Mais le syndicat des Teamsters ne se laisse pas intimider et réplique avec des moyens de pression de la même eau. Pierre-Karl veut leur tenir tête, mais son père est d’un autre avis. Julien Brault cite Luc Desaulniers, un employé de Quebecor : « Un matin, il y avait eu une rafale de mitraillette à travers les fenêtres du deuxième étage. Quand Péladeau a vu ça, il a appelé Pierre-Karl. Il était question qu’il le mette dehors ».

Finalement, Pierre Péladeau acheta la paix en acquiesçant aux demandes des pressiers et leur versa 350 000 $ en compensation pour leur départ. Il expédia Pierre-Karl à Paris en créant spécifiquement pour lui le poste de président d’Imprimeries Quebecor Europe. Julien Brault ajoute que « sa nomination était facilitée par sa fiancée d’alors, Isabelle Hervet, la fille d’un riche banquier français qu’il allait épouser quelques mois après son arrivée en France ».

Lock-out à Vidéo­tron. On ne connaît pas l’étendue des études marxiennes de PKP mais, de toute évidence, il a saisi l’essentiel de l’analyse du Capital de Karl Marx. La plus-value, à l’origine du profit, provient du travail gratuit des travailleuses et des travailleurs et s’obtient par l’allongement de la durée de la journée de travail ou de l’intensification du travail. C’est cette leçon qu’il a mise en pratique lors du conflit à Vidéotron et dans ses autres établissements. On dénombre 13 lock-out en 14 ans à Quebecor.

Après l’acquisition de Vidéotron avec l’aide de la Caisse de dépôt et placement, les nouveaux propriétaires de l’entreprise font face à d’énormes difficultés financières et concurrentielles. Il y a toujours dans le paysage le géant Bell qui, avec la fibre optique et la télé par satellite, menace les câblodistributeurs. Mais, surtout, on assiste à l’effondrement de la bulle financière des « dot.com » (point.com) qui entraîne une dévaluation de 40 % de la valeur de Quebecor. PKP, qui avait dû emprunter un milliard de dollars pour l’achat de Vidéotron, est obligé de négocier un autre emprunt de 1,3 milliard $ sur le marché new-yorkais des obligations de pacotille.

Devant cette situation catastrophique, alors que plusieurs spéculent sur la faillite imminente de Quebecor, sa réaction est la réaction typique des capitalistes : faire porter le fardeau de ses aventures financières sur le dos de ses employés.

Quelques jours après que le CRTC eût donné son accord à la transaction, PKP met en vente 50 % du parc de véhicules de Vidéotron. 664 techniciens sont vendus à Alentron, une filiale de la compagnie Entourage Solutions technologiques. Une fois au service de cette entreprise, ils devraient travailler cinq heures de plus par semaine et se résoudre à une perte salariale oscillant entre 31 et 34 %.

Au total, PKP veut couper 30 millions $ sur une masse salariale de 110 millions $. Il demande plusieurs concessions à ses employés, dont une utilisation sans restriction de la sous-traitance et une simplification des processus de mouvement de main-d’œuvre et de mise à pied.

Le 8 mai 2002, les 2200 travailleurs affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) rejettent ces demandes et votent pour un débrayage. Une quinzaine de minutes s’écoulent, puis la direction décrète un lock-out. Cinq jours plus tard, la transaction avec Entourage est conclue. Quebecor ne veut plus négocier avec les 664 salariés concernés, considérant qu’ils ne sont plus à son service.

Les télécommunications étant de juridiction fédérale, l’entreprise est régie par une charte fédérale et elle peut recourir à des scabs. PKP ne s’en prive pas. Décidément, le fédéralisme a ses bons côtés. Le conflit s’envenime rapidement.

Après dix mois d’affrontement, les deux parties parviennent à une entente. Vidéotron accepte d’annuler la transaction avec Entourage et de reprendre à son service les 664 techniciens. En revanche, le syndicat accepte qu’un total de 40 % du service et de l’installation puissent être confiés à des sous-traitants, contre seulement 15 % auparavant. Il sera également possible d’octroyer 20 % de la construction du réseau à des sous-traitants, ce qu’interdisait entièrement la précédente convention collective.

L’entente comprend aussi l’élimination de 248 emplois. De plus, la semaine de travail passe de 35 heures à 37,5 heures. Ces deux heures et demie supplémentaires seront gracieusement fournies par les techniciens et à demi taux par les autres travailleurs.

La partie syndicale est forcée d’accepter une réduction du nombre de congés de maladie de 15 à 10 jours par année. Le nombre de jours fériés passera de 16 à 14 par année. Les techniciens devront dorénavant fournir leurs vêtements de travail. Pour ce qui est des vacances, le nouveau maximum sera de six semaines annuellement, soit deux de moins que dans la convention collective précédente.

En somme, la grève se termine par une cuisante défaite pour les 2200 travailleurs concernés. De son côté, la direction de Vidéotron pavoise. « La vente des techniciens à Entourage devait rapporter 15 millions par année, mais les concessions consenties par les syndiqués ont permis d’obtenir davantage », d’expliquer Luc Lavoie, le porte-parole de Quebecor.

Dans ce conflit, la Caisse de dépôt et placement a pesé de tout son poids du côté de l’employeur. Elle a répété le scénario de Steinberg. La Caisse s’était alors associée à un prête-nom, Michel Gaucher, pour prendre le contrôle de Steinberg et vendre les magasins d’alimentation pour se débarrasser du syndicat qui avait la meilleure convention collective du domaine de l’alimentation, le tout afin de rentabiliser ses investissements dans Provigo et Métro.

Lock-out au Journal de Québec. Le Journal de Québec avait connu 40 années d’activité sans conflit, jusqu’à ce qu’un lock-out soit déclaré le 22 avril 2007. Il durera 473 jours. PKP s’était préparé à cet affrontement. Des caméras avaient été installées dans les locaux du journal et des gardiens de sécurité avaient fait leur apparition. 14 cadres supplémentaires, embauchés juste avant le début du conflit, assureront en compagnie des autres cadres la parution du journal, avec le recours à des firmes extérieures.

Le Syndicat dénoncera ces pratiques et accusera PKP de violer la loi anti-briseurs de grève. Dans son rapport du 12 décembre 2008, la commissaire du travail Myriam Bédard lui donnera raison.

Selon elle, l’article 109.1 du Code du travail est enfreint par le recours à la firme Keystone, qui embauche et assigne des photographes spécifiquement pour le Journal de Québec ; à Ferron Communications, qui embauche des journalistes qui s’identifient au site Canoë ; à Canoë, qui embauche une dizaine de journalistes pour produire du contenu qu’utilise le Journal, alors que Canoë n’était jusque-là qu’un agrégateur de contenu ; à l’Agence Nomade, créée en août 2007, dont la production est dédiée exclusivement à la nouvelle agence de presse QMI ; à l’entreprise Côté Tonic Inc., pour l’infographie ; à l’Ontarienne Kanata pour les petites annonces.

L’essentiel du débat porte sur la notion d’« établissement ». L’employeur soutient que les personnes auxquelles il a recours ne travaillent pas dans l’établissement et ne peuvent donc pas être considérées comme des « scabs ».

La commissaire juge que le moyen le plus approprié, sinon le seul moyen, de déterminer ce qu’est l’« établissement », est de comparer le fonctionnement de la rédaction du Journal de Québec avant et après le début du lock-out : le même travail est-il effectué ? Selon elle, « dès le début du conflit, on a créé de toutes pièces une structure permettant de faire faire le travail des journalistes en lock-out par d’autres journalistes. Ces structures ont été mises en place dans le but de continuer à publier le journal malgré le conflit ».

Cependant, le Code du travail ne contient aucune définition du mot « établissement » et le juge Marc St-Pierre de la Cour supérieure invalidera la notion d’établissement établie par la décision de la commissaire Myriam Bédard. Sa décision sera maintenue par la Cour d’Appel.

Finalement, une entente de principe interviendra le 2 juillet 2008. Le syndicat a dû accepter une augmentation de la durée de la semaine de travail de 32 heures à 37,5 heures, mais considère qu’il est parvenu à un règlement honorable à cause du rapport de force qu’il a pu établir avec la publication de MediaMatinQuébec, dont plus de 12 millions 750 mille exemplaires ont été distribués gratuitement aux citoyens de Québec pendant le conflit.

Mais Denis Bolduc, le président du Syndicat lors du conflit, a confié à l’aut’journal que, dès le retour au travail, l’employeur a carrément tenté d’outrepasser des clauses pourtant claires de la convention collective.

Lock-out au Journal de Mont­réal. Un an et demi plus tard, le 24 janvier 2009, PKP décrète un nouveau lock-out, cette fois au Journal de Montréal. Les demandes patronales ont un air de déjà vu : réduction salariale de 20 $ pour les employées des petites annonces, réduction des avantages sociaux de 20 %, augmentation de la semaine de travail de 25 % sans compensation, réduction des clauses professionnelles.

Encore une fois, on assiste à un recours massif à l’emploi de scabs. À la veille du conflit, des cadres supplémentaires sont embauchés et il y a une augmentation significative du nombre de journalistes dans les publications périphériques de Quebecor à Montréal.

Ainsi, au cours de l’automne 2008, de nouveaux employés sont formés à la « manière » Journal de Montréal par des cadres, lors de « stages » au journal 24 Heures. Des « mises à niveau » ont lieu aux sites Internet du 24 Heures, de 7 jours.ca et d’Argent.ca afin de produire davantage de contenu de façon indirecte pour le bénéficie du Journal de Montréal.

Si des chroniqueurs ont mis fin à leur collaboration, de nombreux autres l’ont poursuivie. De plus, le Journal a fait appel à de nouveaux chroniqueurs, dont Gilles Proulx, Stéphane Gendron, Robert Poëti, Sophie Durocher et Guy Fournier, sans compter que Joseph Facal, un ancien camarade de classe de PKP au Collège Français, a accepté de doubler sa prestation.

Au plan technique, Côté Tonic Inc. sera de nouveau de la partie et va cette fois collaborer à la révision linguistique, à l’édition du journal, à la mise en pages d’articles et de cahiers divers. L’Ontarienne Kanata sera aussi mise à contribution pour le montage. La comptabilité est assurée à St-Jérôme par un « hub » qui regroupe aussi la comptabilité du Journal de Québec et de l’ensemble des hebdos de Québecor. Le travail infographique de la page « 5 minutes » est réalisé à Paris par l’agence Idé.

Le Syndicat a réussi à faire reconnaître par la Commission des Relations du travail l’emploi de deux scabs, Guy Bourgeois et Sylvain Prevate, mais le jugement de la Cour supérieure invalidant la décision de la juge Bédard sur la notion d’établissement tombe après huit mois de lock-out. Il signifiait de facto la perte du rapport de force pour le ­syndicat.

Le conflit a duré 764 jours et il s’est terminé par une cuisante défaite syndicale. Selon Pierre Roger, le président de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), le conflit a changé le rapport de forces dans les médias. Il résume, en deux mots, la méthode PKP face aux syndicats : « Non-négociation »

L’épître antisyndical de PKP.

En janvier 2010, lors de la « Rencontre économique 2010 », Pierre-Karl Péladeau a fait paraître une lettre dans le Journal de Montréal, intitulée « Et si nous posions d’autres questions pour l’avenir du Québec ? », dans laquelle il présentait sa conception du rôle que devrait jouer le mouvement syndical dans le Québec contemporain.

Bien entendu, il affirme, d’entrée de jeu, qu’il ne s’agit pas de « remettre en cause ni leur existence ni même leur apport plus que positif au cours du XXe siècle ». Mais il enchaîne immédiatement avec des propositions pour corriger ce qu’il considère être « le déséquilibre des forces que toutes les législations des dernières décennies ont créé entre employeurs et syndicats ».

Cela aurait eu pour conséquence, selon lui, de « défavoriser les entreprises québécoises dans le contexte économique mondialisé », de « rendre plus difficile l’émergence de jeunes entrepreneurs » et « de pénaliser notre désir collectif, voire notre obligation, d’accroître notre productivité ».

Quelles sont ses solutions ?

Se drapant dans le grand idéal de la liberté, « autant une valeur qu’une vertu cardinales », il se demande « s’il ne serait pas légitime de nous (sic !) permettre, comme citoyens bénéficiant d’une maturité politique et démocratique, de décider si nous voulons ou non faire partie d’une organisation syndicale et d’en payer les cotisations ». À cet égard, il cite l’exemple de la France ou « la liberté d’adhésion syndicale est consacrée ».

En fait, la comparaison avec la France ne tient pas la route. Le régime des relations de travail et la tradition syndicale ne sont pas comparables aux nôtres. Mais il convient tout de même de signaler que le taux de syndicalisation en France a chuté dramatiquement au cours des dernières décennies et s’établit à environ 5 % de la main-d’œuvre.

En fait, PKP s’inspire plutôt d’antisyndicalistes notoires comme Éric Duhaime, Réjean Breton et des « chercheurs » de l’Institut économique de Montréal. Sa proposition en est une de liquidation de la formule Rand comme celle qui est actuellement sur la planche à dessins du gouvernement Harper à Ottawa.

Pour sa deuxième proposition, PKP regarde du côté des États-Unis. Il propose la mise au rancart de « la création d’une unité d’accréditation par la simple signature de cartes d’adhésion », une politique que, dit-il, « l’administration Obama et les démocrates aux États-Unis sont en train d’abandonner ».

En fait, cela revient à endosser le modèle des « Right to Work States » aux États-Unis où le vote obligatoire est en vigueur. Cette mesure est responsable de la chute du taux de syndicalisation chez nos voisins du Sud qui est passé, au cours des quarante dernières années, de 35 % à 11 % ! L’abandon par Obama et le Parti Démocrate de leur engagement à modifier le Code du travail américain en s’inspirant du modèle québécois (signature de cartes plutôt que vote obligatoire) n’est rien d’autre qu’une des nombreuses capitulations d’Obama devant le lobby des forces d’extrême-droite aux États-Unis.

Rappelons que ce vote obligatoire, que PKP proposait en 2010, constituait l’essentiel du programme « syndical » de la CAQ de François Legault, lors de la dernière campagne électorale.

Enfin, PKP nous invitait dans son épître de 2010 à « nous interroger sur ce privilège qui permet aux employés en conflit de travail de ne pas payer d’impôt sur les prestations monétaires qu’ils reçoivent de leurs syndicats ».

Surtout, n’allez pas croire que PKP, non satisfait du rapport de forces qu’il a réussi à instaurer face à ses employés en contournant l’esprit de la loi anti-briseurs de grève, en demande plus !

Mais non ! Rassurez-vous, sa demande n’a pour but que d’alléger le fardeau fiscal des contribuables « déjà assujettis à un fardeau fiscal que tous reconnaissent parmi les plus lourds du continent ».

Nous aurons l’occasion, dans un prochain article, de passer en revue les exemptions fiscales et les subventions dont bénéficie l’empire Québecor et dans lesquelles il serait facile de piger pour alléger le fardeau fiscal des contribuables.

Dans une récente entrevue accordée à Gérald Filion de Radio-Canada, PKP ne donnait plus le modèle français comme exemple à suivre, mais le modèle allemand. De toute évidence, il faisait référence à la présence des représentants des salariés au sein des conseils d’entreprise.

Mais ce modèle est en crise profonde. Ainsi, pour la décennie comprise entre 1989 et 1999, le taux de syndicalisation a chuté de 38 % à 30 %. Ces chiffres sont trompeurs, car ils tiennent compte des chômeurs, des retraités et des étudiants. Le taux de syndicalisation net était plutôt de 20 % et il n’était plus que de 18 % en 2011. Il faut également savoir que le conseil d’entreprise est la représentation institutionnelle des salariés et non des syndicats !

Pour conclure, il semble bien que le modèle syndical préféré de PKP est un syndicat sans syndiqués, de la même façon qu’il a publié pendant les trois années des conflits au Journal de Québec et au Journal de Montréal des journaux sans journalistes !

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