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Harper vs Djihad
N° 334 - novembre 2014

La vérité sur l'exode des médecins
Frédéric Lacroix
L’Institut canadien d’information sur la santé compile chaque année des données concernant la migration des médecins canadiens. En compulsant ces registres, on découvre quantité de faits intéressants.

Par exemple, que 1859 des 3668 médecins canadiens formés au McGill University Health Center (MUHC ou CUSM, en français), soit 46,3 %, ne pratiquaient pas au Québec en 2013. Le tiers des médecins formés au MUHC, soit 1220, pratiquaient carrément en Ontario !

En ce qui concerne les médecins de famille, denrée rare s’il en est une, seuls 575 des 1190 formés au MUHC pratiquaient au Québec (soit 48,3 %).

Est-ce dû au fameux « exode » des médecins supposément causé par leurs mauvaises conditions salariales (relatives) au Québec ? Si oui, les facultés de médecine de langue française ne semblent pas en souffrir, car seuls 5,25 % des finissants de l’Université de Montréal et 5,1 % de ceux de l’Université Laval ne pratiquaient pas au Québec en 2013, une différence de quasiment un facteur dix avec les finissants de McGill.

De plus, McGill a diplômé seulement 6,8 % des médecins de famille qui pratiquaient au Québec en 2013 alors que l’Université de Montréal en a diplômé presque 40 %.

Bon an mal an, le MUHC reçoit pourtant environ le quart des places d’études en médecine au Québec et a reçu la moitié de l’enveloppe budgétaire (plus de 3,2 milliards de dollars) pour les méga-hôpitaux actuellement en construction à Montréal.

Si on convertit ces statistiques en données financières en assumant que la formation d’un médecin coûte en moyenne 160 000 $ à l’État, on constate que la scolarité des 1859 médecins formés au MUHC ayant quitté le Québec a coûté près de 300 millions de dollars aux contribuables du Québec en dollars actuels.

Une ponction financière que le Québec verse indirectement aux autres provinces canadiennes (dont presque 200 M $ à l’Ontario) via la faculté de médecine de McGill et ce, sans aucune contrepartie. Une sorte de péréquation des pauvres vers les riches, quoi !

Ne serait-il pas temps de financer les facultés de médecine du Québec selon leur efficacité, efficience et performance ? Cela aurait le double effet de diminuer la pression sur les finances publiques et d’augmenter le taux de rétention des médecins au Québec.

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