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The Fourth Revolution L'État Zéro
N° 335 - décembre 2014
La marche à suivre, un film de Jean-François Caissy
Le parcours scolaire chaotique des adolescents
Ginette Leroux
Adossée à la montagne, une bâtisse moderne bleue ciel se répand sur la neige blanche. Un ballet d’autobus scolaires déverse son lot d’élèves du secondaire. Des jeunes de 12 à 17 ans entrent en grappe. Les cours peuvent commencer.

Nous sommes à l’école secondaire Antoine-Bernard à Carleton-sur-mer dans le beau pays de René Lévesque.

« Un quart d’amélioration ! », lance l’intervenant scolaire à William qui frise l’expulsion, mesure de dernier recours après que le jeune « dérangeant » ait épuisé tous ses recours. L’interdiction d’entrer en classe décrétée, de guerre lasse, par son enseignante, suivie d’un temps d’arrêt dans « la passerelle », zone tampon prévue par l’école où un élève peut se poser, en attendant de réintégrer sa classe.

Un autre élève raconte la dispute qu’il a eue avec son grand frère. « Je l’ai presque étouffé, mais j’ai arrêté », s’empresse-t-il de conclure, sans se rendre compte le moins du monde de la gravité de son geste. « Belle définition de la chicane ! », lui lance l’intervenant, l’enjoignant de réfléchir aux conséquences de ses actes.

Au moment de la rencontre, les jeunes perturbateurs, parfois délinquants potentiels, souvent frondeurs, mais toujours inquiets et apeurés, sont pressés de déballer leur sac devant les intervenants. Ces professionnels humains, attentifs, avec juste ce qu’il faut de compassion et d’empathie, font équipe avec l’ado en difficulté. Prise de conscience du problème, mise en place de moyens pour redresser la situation, ensemble, ils tracent le chemin de la réussite.

La caméra de Jean-François Caissy place le spectateur aux premières loges de ce huis clos. Un véritable livre ouvert. Des yeux qui se plissent, regardent ailleurs, une gestuelle nerveuse s’enclenche, trahissant souvent les propos. Il est possible de deviner les états d’âme. Ces scènes intimistes constituent l’épine dorsale du film.

Les activités sportives jouent un grand rôle dans la vie scolaire des adolescents. Exutoire, évacuation des tensions, question de se reposer la tête et d’occuper ses muscles, la gymnastique, une sorte de lieu de recueillement, plaît aux filles. Les gars, eux, s’évadent sur un vélo stationnaire.

Le tableau n’aurait pas été complet sans une incursion dans la vie en dehors du cadre scolaire. Là où les jeunes se retrouvent sur un terrain hors cadre dont ils définissent les règles. Courses de « chars », véhicules tout-terrain à plein gaz, sauts en bas d’un pont non surveillé, tout est objet de stimulation, de défi et de dépassement.

Le gars de Saint-Omer en Gaspésie est le réalisateur de « La belle visite » (2009), un film documentaire dans lequel il entrait dans l’intimité de personnes âgées, retraitées dans une résidence située en bordure du fleuve. Cette fois, c’est l’autre bout du spectre qu’il scrute de sa caméra patiente.

Ce film n’est que du bonheur pour les enseignantes, les enseignants et les intervenants qui gravitent autour des jeunes du secondaire. La disponibilité de ceux qui accompagnent, au quotidien, les jeunes en difficulté peut rassurer les parents, parfois dépassés par le parcours scolaire chaotique de leurs enfants.

Jean-François Caissy donne un bon coup de projecteur sur ce passage obligé qu’est l’adolescence et sur les jeunes qui tentent de gravir cette étape critique, sans perdre pied.

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