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The Fourth Revolution L'État Zéro
N° 335 - décembre 2014
Lettre aux organisations syndicales
Le prochain choix aux élections québécoises : Couillard, Legault ou PKP ?
Marc Laviolette et Pierre Dubuc*
De nombreuses organisations syndicales québécoises se préparent à intervenir, lors de la prochaine campagne électorale fédérale, pour empêcher la réélection du gouvernement Harper. Nous ne pouvons que saluer cette prise de conscience de la nécessité de l’action politique pour se débarrasser d’un gouvernement dont l’action a pour but l’affaiblissement, voire la disparition du mouvement syndical.

En France, sur les panneaux de signalisation aux passages à niveau, on peut lire : « Un train peut en cacher un autre », pour prévenir les automobilistes et les piétons de l’arrivée possible d’un train venant sur une autre voie.

Au Québec, pendant que toute l’attention syndicale est centrée sur le « train Harper », se déroule une course à la chefferie au Parti Québécois, qui risque de voir entrer en gare le « train Péladeau ».

Si tel était le cas, nous nous retrouverions, lors des prochaines élections québécoises, avec le choix – parmi les formations politiques susceptibles de former le prochain gouvernement – entre des partis dirigés par Philippe Couillard, François Legault ou Pierre-Karl Péladeau !

Notre brève, mais déjà instructive, expérience des politiques d’austérité du gouvernement Couillard nous incite à présumer qu’il ne récoltera pas notre appui. Il en va de même pour la CAQ, qui a intégré l’héritage antisyndical de l’ADQ. Son dernier programme électoral proposait, entre autres, le vote obligatoire pour l’accréditation syndicale.

Quant à Pierre-Karl Péladeau, sa fiche antisyndicale est notoire avec 14 lock-out à Québecor, dont les plus mémorables à Vidéotron (10 mois), au Journal de Québec (473 jours) et au Journal de Montréal (764 jours).

Il faut aussi se rappeler que, dans un texte publié en janvier 2010, intitulé « Et si nous posions d’autres questions pour l’avenir du Québec ? », il prônait le remplacement de la formule Rand par l’adhésion individuelle, le vote obligatoire plutôt que la signature de cartes, et l’imposition fiscale des prestations de grève.

Si des organisations syndicales sont prêtes à intervenir sur la scène électorale fédérale pour inviter leurs membres à se prévaloir de leur droit de vote pour empêcher l’élection d’un candidat conservateur, quitte même à voter stratégiquement pour un candidat libéral, il nous semble tout aussi légitime et pertinent qu’elles s’intéressent de près à l’élection du prochain chef du Parti Québécois.

Avant de voir comment pourrait s’exprimer cet intérêt, rappelons l’essentiel des règlements de cette course à la chefferie.

1. Le premier tour de scrutin aura lieu le vendredi 15 mai. Un second, si nécessaire, se tiendra le 22 mai.

2. La période de mise en candidature s’est ouverte le 14 octobre et se termine le 30 janvier 2015.

3. Pour être candidate ou candidat, il faut recueillir la signature d’au moins deux mille (2 000) membres en règle au moment du dépôt de son bulletin et effectuer un paiement non remboursable de vingt mille (20 000) dollars.

4. Pour signer le bulletin d’une candidate ou d’un candidat, il faut être membre du Parti Québécois ou le devenir avant le 30 janvier 2015.

5. Le plafond des dépenses électorales est fixé à 400 000 $ par candidat. Toute personne ayant qualité d’électeur peut verser une contribution maximale de 500 $.

Concrètement, cela signifie que les candidats vont parcourir le Québec, d’ici le 30 janvier, pour recueillir leurs 2 000 signatures et des contributions financières.

Le succès d’une candidate ou d’un candidat dépend donc du nombre de cartes de sympathisants qu’il réussira à faire signer d’ici le 30 janvier 2015.

Lors de la course à la chefferie de 2005, l’organisation d’André Boisclair avait recruté la majorité des 40 000 nouvelles adhésions au Parti Québécois, ce qui lui avait valu la victoire. Les principaux organisateurs de la campagne de Boisclair sont aujourd’hui les organisateurs de la campagne de PKP. À noter que l’immense majorité de ces nouveaux membres n’ont pas, par la suite, milité au PQ.

Pour contrer une éventuelle victoire de PKP, il faut que tous les autres candidats réussissent à faire signer un grand nombre de cartes d’adhésion, afin de diluer l’avantage que semble avoir présentement PKP.

C’est ici que les organisations syndicales peuvent faire la différence. Étant les plus importantes organisations de masse, elles pourraient permettre aux candidats progressistes de solliciter d’éventuels partisans en leur permettant de tenir un kiosque d’information lors de leurs assemblées.

Les organisations syndicales n’appuieraient pas une candidate ou un candidat, elles ne leur permettraient pas de s’adresser à l’instance, mais elles les autoriseraient à rencontrer individuellement leurs membres à l’extérieur de la salle de l’assemblée.

Les syndiqués pourraient ainsi interroger les candidats sur leurs programmes et, éventuellement, signer leur bulletin de mise en candidature, s’ils le désirent.

Les organisations syndicales contribueraient ainsi à la vie démocratique du Québec et pourraient ainsi empêcher de se retrouver, lors des prochaines élections, devant le choix entre des partis politiques, pouvant former le prochain gouvernement, dirigés par trois anti-syndicalistes notoires : Philippe Couillard, François Legault ou Pierre-Karl Péladeau.

*Les auteurs sont respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

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