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The Fourth Revolution L'État Zéro
N° 335 - décembre 2014
Qui est irresponsable ? Qui prône l’immobilisme ? L’État ou les syndicats ?
La réponse économique passe par la création d’emplois
Sylvain Martin*
Les coupures tous azimuts du gouvernement Couillard pour l’atteinte du sacro-saint équilibre budgétaire et les travaux de la Commission Godbout sur la fiscalité entraînent tout un lot de déclarations et de sondages qui illustrent bien les intérêts profonds de certains de nos « amis ».

Notre ministre des Finances déclarait que « la reprise économique passe par le redressement des finances publiques ». À la Commission Godbout, Mme Martine Hébert, porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), déclarait que « la fiscalité arrive au premier rang des préoccupations des PME du Québec ».

Elle a déploré la lourdeur du système québécois de taxation des PME. La Fédération a demandé au gouvernement d’étendre à toutes les PME la décision de baisser progressivement sur deux ans le taux d’imposition des PME manufacturières de 8 % à 4 %.

Elle réclame une plus grande compétitivité et a ajouté que « la moyenne du taux d’imposition pour les PME dans le reste du Canada est 3 %, alors qu’elle est de 8 % au Québec. »

Et ce n’est pas tout ! Les PME demandent une réduction de taxes sur la masse salariale. Les taxes sur la masse salariale constituent la part des employeurs pour certains programmes, comme l’assurance-emploi, le Régime québécois d’assurance parentale, la Commission de la santé et de la sécurité au travail et la Commission des normes du travail.

Elles demandent également de revoir la « générosité » de la CSST et du Régime québécois d’assurance parentale.

Nous avons également nos bons éditorialistes qui, dans leur rôle de porte-parole de la droite, écrivent que les Syndicats sont irresponsables en s’indignant devant toutes ces mesures d’austérité. Ils affirment que nous nous complaisons dans l’immobilisme et que nous sommes restés figés dans un passé où tout était permis.

Toutes ces ritournelles sonnent comme un air déjà entendu et, pour cause, nous les entendons depuis plus de trente ans. Depuis la crise du début des années 80, d’un gouvernement à l’autre, c’est du pareil au même, on nous rejoue toujours cette même vieille chanson. La seule différence étant que les gouvernements en place chantent cet hymne de droite avec plus ou moins d’ardeur, selon leur place sur l’échiquier, à droite ou à gauche.

Pendant la campagne électorale, le gouvernement Couillard s’était placé sur l’échiquier en tant que bon gouvernement responsable. Mais, une fois élu, il s’est rapidement transformé en chef de chorale qui fait entonner haut et fort ce vieil hymne de droite.

Depuis trente ans, on nous dit que la reprise économique passera par l’équilibre budgétaire. Mais que font les gouvernements lorsqu’ils atteignent un surplus budgétaire, après avoir coupé dans les services à la population ?

Ils s’empressent de baisser les taxes ou les impôts, faisant ainsi ressurgir, au moindre soubresaut de l’économie, les déficits. Nos bons gouvernements nous redisent alors que la reprise économique passera par l’équilibre budgétaire.

Mêmes vieilles rengaines de la part des entreprises qui ne cessent depuis plus de trente ans de réclamer plus d’allègements fiscaux et moins de réglementations, et ce, au nom du maintien de leur compétitivité et du fait que ce seraient eux, les créateurs d’emplois.

Le résultat, après ces trente années ? Des pertes d’emplois par milliers ! Et les entreprises canadiennes sont assises sur plus de 600 milliards de dollars qu’elles n’investissent aucunement pour la création d’emplois.

Est-ce de l’irresponsabilité quand les syndicats s’opposent au modèle de coupures tous azimuts au nom de l’équilibre des finances publiques, comme notamment celle qui plafonne à 650 millions de dollars les émissions d’actions du Fonds de solidarité, alors qu’il pourrait en émettre pour plus de 800 millions de dollars ?

Pour épargner près de 30 millions $ en crédits d’impôt, le gouvernement va priver le Québec d’un investissement d’environ 200 millions de dollars de la part du Fonds de solidarité de la FTQ dans l’économie québécoise.

Est-ce de l’immobilisme quand les syndicats proposent de s’attaquer aux inégalités sociales et demandent que tous les citoyens paient leur juste part d’impôt et qu’il en soit de même pour les entreprises ?

Pour les syndicats, il est évident que la reprise économique ne se réalisera pas sans la création de bons emplois et ce n’est pas en abaissant les taxes et les impôts des entreprises que nous y parviendrons, mais plutôt en s’assurant que les travailleuses et les travailleurs puissent consommer des produits et des services parce qu’ils ont un niveau de vie acceptable.

En s’opposant à toutes les mesures d’austérité, la question que posent les syndicats est la suivante : Quel genre de Québec voulons-nous ?

Le véritable immobilisme, c’est de tenter de nous soumettre à une vision de droite qui perdure depuis plus de trente ans.

La véritable irresponsabilité, c’est quand notre gouvernement abdique à son devoir de prendre les décisions qui s’imposent pour créer une société où les injustices et les inégalités sociales n’ont pas leur place.

*L’auteur est directeur adjoint du syndicat Unifor

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