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Harper va-t-en guerre
N° 328 - avril 2014
For english, press nine, more and more in Quebec !
L’assimilation passe par le bilinguisme collectif
Paul Daoust*
Si le bilinguisme individuel est une immense richesse, le bilinguisme collectif pour une minorité politique est un poison mortel.

Il y a quatre ans, Pauline Marois voulait nous mettre sur ce chemin suicidaire ; aujourd’hui, c’est Philippe Couillard. Pourtant, plusieurs sociolinguistes nous ont avertis du danger : Bibeau, Mackay, Boyer, Hagège, Meillet et Laponce. Mais personne ne les croit.

Les gens bilingues disent : « Je possède deux langues, je ne les perdrai jamais. » Oui, c’est vrai ! Mais voyons ceci : Mark Messier, Pat Lafontaine, Brian Trottier, Larry Pleau, René Bourque, Craig Rivest, Blake Geoffrion, Nathan Beaulieu, Ron Duguay, Marc Savard, Tyler Seguin, Bill Guerin, Wayne Primeau, Zack Parisé, Blake Comeau, Dave Pichette, Brian Boucher, Dion Phaneuf, Shane Bissonnette, Patrick Marleau, John Leclair, Brad Marchand, Wilfrid Paiement, Chad Larose, Etan Moreau, Rod Brind’Amour, Logan Couture, Sam Gagner, Andrew Brunette, Daniel Paillé et une vingtaine d’autres.

Tous ces hockeyeurs avaient tous des parents ou des grands-parents qui parlaient français. Mais ils vivaient dans une société minoritaire où tous étaient bilingues.

Deux langues dans un même contexte politique quand tout le monde comprend la langue dominante, la langue minoritaire est de trop et n’est plus transmise.

Oui le bilinguisme est une richesse, mais lorsque tous la possèdent en contexte minoritaire, cette richesse s’envole, faute de transmission. C’est une constante de l’histoire depuis deux mille ans.

William Mackay a donné une solution : pour qu’une langue minoritaire se maintienne, il faut absolument qu’il y ait d’immenses poches d’unilinguisme de cette langue là où elle est parlée.

C’est vrai qu’on aura toujours besoin de bilingues. Rendre tout le peuple bilingue, c’est signer notre propre génocide !

L’histoire de la langue française est une preuve de ce bilinguisme collectif suicidaire.

J’indique par un (A) le peuple assimilé : celtique gaulois(A) et latin romain ; latin des Gaulois et francique des Francs(A) ; franco-normand et norois des Vikings(A) ; français et breton(A).

Toujours, le peuple politiquement minoritaire ou socialement inférieur disparaît quand il atteint un bilinguisme collectif. Les Suédois connaissent l’anglais à 75 %. Aucun danger, ils ont un pays.

Nos dirigeants politiques prônent un programme de bilinguisme généralisé : l’assimilation est encore loin, mais nous en prenons la voie.

Et nos intellectuels ignorent aussi que l’assimilation passe par le bilinguisme collectif.

Plusieurs d’entre eux pensent que c’est notre langue déficiente qui nous sera fatale.

Erreur : nos ancêtres ont parlé joual pendant deux siècles (1759-1959) et ont gardé le français. Le joual s’est toujours rattaché au français. L’anglais, jamais ! « For English, press nine ! », more and more in Quebec.

*L’auteur est Ph D Linguistique

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