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Big Brother de père en fils
N° 326 - février 2014
Allons-nous menacer le projet de Cacouna pour sauver les bélugas ?
Avez-vous oublié que privé est meilleur que public ?
Léo-Paul Lauzon
En 2003, avant de donner généreusement en cadeaux de Noël et de Pâques des droits d’exploration à des amateurs sans argent (mais qui en veulent), Hydro-Québec voulait effectuer des recherches dans le golfe du Saint-Laurent.

Tout le monde applaudissait à cette initiative fascinante, sauf comme toujours ces écolos « extrémistes » qui, pour faire peur au monde et à nos enfants, une fois de plus, avaient souligné, études à l’appui, que : « Tous d’accord, sauf les baleines. L’exploration pétrolière dans le Golfe menacerait ces mammifères marins » (La Presse, 24 mars 2003).

Mes amis, oui, autrefois, dans l’ancien temps, il y avait un réel danger puisque l’exploration aurait été faite par Hydro-Québec, une société d’État avec plein de fonctionnaires. Aujourd’hui, soyez entièrement rassurés puisque l’exploration sera faite par le privé, soient les bineries Junex et Petrolia, avec l’appui de Bernard Landry, qui veillera à ce qu’elles appliquent les plus hauts standards écologiques. Êtes-vous rassurés ?

Même des petites shops du privé sans expérience valable valent mieux que des grosses sociétés collectives comme Hydro-Québec. C’est comme ça ! C’est une loi naturelle de l’économie de marché qui postule qu’en tout temps et en toutes circonstances, le privé c’est mieux que le public. On ne peut tout simplement pas défier des lois naturelles… énoncées toutefois par l’homme.

Et ça continue, cette folie de vouloir à tout prix freiner le développement économique créateur de richesses, de prospérité et donc de bonheur, pour ne pas perturber la vie de cétacés qui ne servent pas à grand-chose, sinon à nous appauvrir.

En effet, ça ne se mange pas, ces grosses affaires-là et ça mange plein de fruits de mer qui pourraient nourrir le monde. Soyez pragmatiques, je vous en prie ! « Bas-Saint-Laurent. Un port pétrolier pour le brut albertain. Le profit de TransCanada à Cacouna constitue une menace pour les bélugas » (Le Devoir, 25 novembre 2013).

En termes de solidarité et de compassion, faut d’abord penser à venir en aide à nos sœurs et nos frères de l’Alberta, qui ne peuvent malheureusement plus vendre leur pétrole aux États-Unis, avant de se soucier du bien-être des bélugas, des dauphins et des baleines.

Oui, auparavant, l’Alberta n’avait que faire du Québec pour vendre son pétrole, mais aujourd’hui, ils ont besoin de nous afin de maintenir leur gros produit intérieur brut. On se doit de leur tendre la main, même s’ils votent conservateur tout le temps.

Dans un langoureux cri du cœur, l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, a plaidé pour ce beau geste de solidarité dans son éditorial du 16 mai 2013. « Il faut aider l’Alberta » et, par ricochet, Power, qui a de gros intérêts dans les sables bitumineux, grâce à sa participation dans Total.

Ah non, pas encore des histoires de Bonhomme Sept Heures afin de traumatiser nos jeunes et nos vieux : « La fin des bélugas ? Les baleines blanches pourraient être classées en voie de disparition au cours des prochains mois » (Le Devoir, 25 octobre 2013).

On a juste à les « parquer » dans des parcs aquatiques ou dans des zoos, comme on le fait pour les autres animaux. Tiens, pourquoi pas dans les parcs d’attractions de Walt Disney ? Nos enfants aiment tellement ça et, pour une fois, ces grosses créatures vont créer des emplois. Ou bedon les stationner au Biodôme comme on a fait avec les lynx : « Premiers jours d’hiver pour les jeunes lynx du Biodôme » (Le Devoir, 19 décembre 2013).

Une étude de scientifiques conclut que : « Les sonars de cartographie utilisés par les pétrolières mettent des cétacés en danger » (Le Devoir, 28 septembre 2013). Ce à quoi les dirigeants d’Exxon-Mobil ont répliqué : « Les conclusions du rapport ne sont pas basées sur une analyse complète ».

La pétrolière américaine et ses propres groupes de recherche sont en train de compléter « objectivement » l’étude des scientifiques militants. Vous allez voir, ils vont vous « sécuriser ».

Ah ben ! vous m’en direz tant : « L’exploitation pétrolière soupçonnée de déformer les poissons ». Y’a pas de quoi fouetter un chat. Même déformés, ça se mange quand même. Si c’est « déformé » dans le sens plus gros, je dis bravo, ça va nous en faire plus à manger et les prix des poissons vont probablement baisser. En tout cas, on le souhaite.

En attendant, dormez sur vos deux oreilles, tout ça dans le meilleur des mondes. Comme si ce n’était pas assez de fesser injustement sur nos pétrolières, voici maintenant : « La menace du pétrole au pays, des ours » (Le Devoir, 9 novembre 2013).

« Rapport du GIEC. L’Arctique menacé d’un réchauffement de 7 degrés à 11 degrés Celsius d’ici la fin du siècle » (Le Devoir, 1er octobre 2013). Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) nous a prévenus que l’ours polaire est confronté à un haut risque d’extinction à partir d’une hausse des températures de 2,8 degrés C.

Restons calmes, s.v.p. Attendons patiemment et lucidement avant de dramatiser. Arrêtez, la coupe déborde. On nous dit aussi que le loup est menacé, lui qui a été chassé de ses écosystèmes forestiers : « Les milieux naturels se dégradent partout au pays » (Le Devoir, 7 novembre 2001).

Faut tout de même pas grimper dans les rideaux. Vous savez bien que les loups et les ours sont de méchantes bêtes très sauvages qui s’attaquent parfois à de paisibles gens faisant du camping ou de la randonnée pédestre.

Entre-temps, afin de calmer les hystériques, ouvrons quelques zoos climatisés dans le Sud. De toute façon, y’a pas grand monde qui va dans le Grand Nord pour faire de l’observation d’ours polaires. En tout temps, l’intérêt de la majorité doit primer sur l’intérêt de quelques hurluberlus, amateurs de sensations fortes.

Le Journal de Montréal du 4 février 2001, reprenant les conclusions d’une étude du World Watch Institute, avait intitulé un article ainsi : « Les écosystèmes se meurent dans l’indifférence générale. La disparition des grenouilles à travers le monde est un signe inquiétant. »

C’est tout de même pas un drame. Respirez par le nez, ça va vous permettre de relaxer. D’accord, les grenouilles et les crapauds mangent des insectes « nuisibles ». Mais aujourd’hui, les insecticides commerciaux font la job des grenouilles et des ouaouarons beaucoup mieux et plus rapidement.

Ces écolos de malheur continuent à faire craindre la fin du monde : « Réchauffement : la moitié des plantes et un tiers des animaux touchés d’ici 2080 » (Le Devoir, 13 mai 2013). Très bonne nouvelle selon moi. Il va tout de même nous rester l’autre moitié des plantes et les deux tiers des animaux. C’est ben en masse !

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