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Big Brother de père en fils
N° 326 - février 2014
Une avancée significative vers la laïcité républicaine
Accueil favorable du projet de Loi 60 par le SPQ Libre
Pierre Dubuc
Le 22 février dernier, le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), représenté par son président Marc Laviolette, son secrétaire Pierre Dubuc et Louise Mailloux, membre de son conseil d’administration, présentait son Mémoire sur la Charte de la laïcité devant la Commission parlementaire.

D’entrée de jeu, le SPQ Libre a déclaré « accueillir favorablement ce projet de loi qui traduit une volonté politique de rétablir l’autorité du gouvernement en matière de laïcité au Québec. Une autorité que l’on avait abandonnée jusqu’à maintenant aux mains des juges et des tribunaux ».

Le club politique s’est attaqué principalement à l’inter-culturalisme, la version québécoise du multiculturalisme, qu’il a qualifié de « véritable cheval de Troie pour une offensive anti-laïque ».

Louise Mailloux a déclaré qu’il « n’était pas anodin que, dans la version abrégée du Rapport Bouchard-Taylor, sur les cinq recommandations prioritaires, trois d’entre elles se rapportent à l’inter-culturalisme et recommandent une formation à celle-ci, c’est-à-dire à la primauté des Chartes, pour les gestionnaires, les agents de l’État et les intervenants dans la sphère citoyenne ».

Fait à souligner, d’ajouter Louise Mailloux, « Bouchard-Taylor accorde une importance capitale à la formation du personnel des écoles en raison de leur rôle de socialisation ».

Pour le SPQ Libre, le projet de loi 60 constitue « un pas immense qui tourne le dos à Bouchard-Taylor, à sa laïcité ouverte et à son approche multiculturaliste » et « représente une avancée significative vers une laïcité républicaine, respectueuse de ce qui nous unit en tant que citoyens du Québec, une laïcité soucieuse d’offrir à chacun les mêmes droits et qui redonne à notre nation le droit de décider de son avenir ».

À la fin de l’allocution d’ouverture, Marc Laviolette a déployé un T-shirt avec l’inscription suivante : « Dieu n’existe pas ». Il a demandé aux partis politiques quelle serait leur attitude si un enseignant au primaire ou un professeur du cours Éthique et Culture religieuse, ou encore un membre du personnel hospitalier aux soins palliatifs, portaient un tel signe ostentatoire de leurs convictions athées.

Il a rappelé que, selon un sondage CROP de juin 2013, le Québec compte 18 % d’athées et 22 % d’agnostiques.

Les libéraux ont préféré ne pas répondre. Bernard Drainville a dit clairement que la Charte interdirait cet affichage de convictions non-croyantes.

Puis, prenant au mot l’appel de Philippe Couillard à lutter contre l’intégrisme, le SPQ Libre a déposé à la Commission parlementaire une photo d’une assemblée du groupe musulman Bridges à laquelle assistait le député Amir Khadir.

Sur cette photo, on voit que les hommes sont assis d’un côté de la salle et les femmes voilées de l’autre. Le député de Mercier est assis avec les hommes. Le SPQ Libre a raconté qu’une vidéo sur le site Internet du groupe Bridges montrait des fillettes de 9 et 10 ans prêter serment de toujours porter le voile. Quelques jours après la présentation du SPQ Libre devant la commission parlementaire, le groupe Bridges a fermé son site Internet.

Le SPQ Libre a demandé si, pour Québec Solidaire, l’intégration passait par la ségrégation. Françoise David, la représentante de Québec Solidaire, était absente de la commission parlementaire, mais le député de Mercier a reconnu, dans un communiqué de presse, avoir participé à cette rencontre, mais réprouver « sans compromis la ségrégation hommes-femmes ». « J’ai été invité par les jeunes à titre de porte-parole de Québec Solidaire afin de présenter la plate-forme électorale de notre parti et non dans le cadre d’un rassemblement religieux », précise-t-il.

Plus tard, devant les journalistes, Louise Mailloux a déclaré que « les lobbys religieux cherchent à infiltrer tous les partis politiques », mais qu’ils voient favorablement les positions de Québec Solidaire en faveur d’une « laïcité ouverte ».

Elle a raconté que, lors de la conférence de Tariq Ramadan tenue le 3 septembre 2012 au Palais des congrès de Montréal, la veille de l’élection générale au Québec, le Forum musulman canadien a distribué un classement des candidats en lice dans la région métropolitaine sous forme d’un bulletin électoral.

Il accordait aux candidats de Québec Solidaire les plus hautes cotes (A pour Françoise David et B+ pour Amir Khadir) et octroyait une décote (la cote D) à presque tous les candidats du Parti Québécois et à ceux qui se déclaraient partisans de la laïcité, dont Fatima Houda-Pépin, candidate libérale reconnue pour ses prises de position contre les fondamentalistes et les tribunaux de la charia.

Le SPQ Libre a également demandé au gouvernement de protéger la liberté de conscience des enfants en interdisant le port de signes religieux ostentatoires pour les élèves des écoles publiques.

« Le voile, affirme-t-il, n’est pas une simple tenue vestimentaire. Ce voile est un étendard politique. Il est l’emblème d’un islam qui veut imposer une théocratie et remplacer les droits humains par la charia. En l’imposant aux femmes et aux fillettes, les islamistes souhaitent donner un maximum de visibilité à l’islam et nous habituent ainsi à sa présence. C’est pourquoi il est essentiel pour eux de pouvoir introduire ce voile dans nos institutions publiques, particulièrement dans les garderies et les écoles, qui sont le lieu de passage obligé de chaque citoyen ».

Pour le SPQ Libre « refuser de voir dans ce voile une signification politique ne nous aidera aucunement à comprendre comment pensent et agissent les islamistes qui s’activent au Québec depuis de nombreuses années déjà. En revanche, de pouvoir le disqualifier de nos institutions publiques constituerait une victoire cruciale et décisive face à ces intégristes ».

Le SPQ Libre a aussi demandé l’interdiction du voile intégral (niqab et burka) dans l’espace public, tout en se gardant d’invoquer des critères relevant de la sécurité publique, de l’identification et de la communication.

Le club politique demande de le nommer, « parce que ce voile signifie la mort sociale, la perte d’identité sociale et collective qui est liée au principe de dignité de tout être humain et qu’il signifie à TOUTES les femmes du Québec, musulmanes ou non, que l’espace public n’est pas leur place et que pour s’y aventurer, elles doivent masquer leur identité et disparaître sous un linceul ».

« Est-ce ainsi que l’on entend préserver les acquis de la révolution féministe ? Que certaines femmes affirment porter ces accoutrements par choix ne doit pas nous leurrer sur le fait que le consentement est aussi une forme de soumission », peut-on lire dans le Mémoire.

Enfin, le SPQ Libre a demandé au gouvernement de mettre fin au financement des institutions privées confessionnelles (écoles, établissements préscolaires et garderies en milieu familial) et aux exemptions fiscales dont bénéficient les organismes de bienfaisance à caractère religieux.

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