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Au travail, le français plafonne
N° 193 - octobre 2000

Élargir nos solidarités
Élaine Audet

Pour défendre nos acquis



Après cinq ans de mobilisation, au plan national et international, nous voilà à la veille de la Marche mondiale des femmes contre la violence et la pauvreté. Il me semble important en ce moment crucial de mesurer le chemin parcouru afin de nous appuyer fermement sur nos acquis pour aller plus loin.

Depuis une cinquantaine d’années, les Québécoises ont fait des pas de géantes sur le plan juridique en obtenant le droit de vote en 1940 et celui, en 1964, d’être gardiennes de leurs propres enfants, d’intenter un procès, d’être exécutrices testamentaires, de recevoir un héritage, d’effectuer des transactions, de subir une opération sans la signature de leur mari à qui elles ne sont désormais plus forcées d’obéir et, en 1971, le droit d’être jurées à des procès. Difficile aujourd’hui d’imaginer que les Québécoises sont parties de si loin, il y a si peu de temps!

Elles ont acquis des droits égaux à l’éducation, au travail rémunéré et à l’équité salariale. Le droit à l’avortement, toujours menacé, leur est reconnu ainsi que le respect de leur intégrité physique et morale. La violence sexuelle est dénoncée et criminalisée, bien que le traitement des crimes envers les femmes laisse encore fort à désirer sur le plan judiciaire et policier. Combien de femmes ont été assassinées même si la violence conjugale avait été plusieurs fois signalée à la police. On ne prend pas au sérieux les plaintes des femmes et ce sont toujours les victimes qui sont mises en accusation lors des procès pour viol.

Une initiative québécoise

La plus grande réussite de La Marche du pain et des roses, en 1995, a très certainement été l’élargissement du front de solidarité et le ralliement autour de revendications claires de l’ensemble du mouvement des femmes. Il ne faut pas minimiser des gains tels que l’augmentation du salaire minimum, les lois sur l’équité salariale, le paiement des pensions alimentaires, les sages femmes, l’augmentation des logements sociaux, le financement des centres de femmes, la diminution du temps de parrainage pour les immigrantes.

C’est forte de cette réussite que, lors de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) prend l’initiative d’appeler les quelque 40000 militantes présentes à organiser une marche mondiale pour mettre fin à la pauvreté et à la violence faite aux femmes. La réponse est enthousiaste et, depuis cinq ans, tous les moyens sont mis en œuvre pour mobiliser le plus grand nombre possible de femmes à travers le monde.

Le succès de cet événement sans précédent dans l’histoire de l’humanité dépendra de sa capacité d’entraîner l’ensemble des femmes à ne plus tolérer aucun rapport de domination et de violence, tant dans leur vie privée que collective. Le 17 octobre marquera non pas la fin, mais la poursuite jusqu’à la victoire de notre marche pour une meilleure répartition du temps de travail, du savoir et des ressources matérielles dans le monde afin de permettre le plein épanouissement du potentiel de chacune et chacun d’entre nous.

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