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Une Charte pour la nation
N° 323 - octobre 2013

Une Charte pour la nation
Louise Mailloux
En voulant légiférer sur la laïcité, le Parti Québécois a réveillé d’autres démons et doit maintenant faire face à un feu nourri, digne d’une période référendaire. Parce que ce que l’on craint le plus à Ottawa et chez les fédéralistes du Québec, ce n’est pas la laïcité, ce n’est pas non plus l’interdiction des signes religieux.

Ce que l’on craint le plus, c’est qu’un peuple se redécouvre une identité, qu’un peuple se redécouvre une fierté, que la nation se réveille, qu’elle se lève et qu’elle se remette à vouloir un pays.

Le projet de loi sur la Charte des valeurs québécoises n’était pas encore déposé que, déjà, il suscitait d’innombrables critiques, des commentaires parfois hargneux, quand ce n’était pas carrément des insultes.

Atteinte aux droits fondamentaux, négation de la liberté de religion, exclusion des minorités, catho-laïcité, exclusion ciblée des femmes voilées, nationalisme ethnique, Lepenisme, racisme, xénophobie, islamophobie, et quoi d’autre encore. Ah oui ! ignorants, comme l’a affirmé Richard Desjardins, en parlant des gens des régions.

S’est joint à ce cortège d’injures l’ensemble de la classe politique. Philippe Couillard s’indignant de l’exclusion de ceux qui votent majoritairement pour lui, Nathalie Roy de la CAQ qui critique le projet avec son galon à mesurer, Françoise David qui, sans surprise, parle d’exclusion à l’emploi des femmes voilées, alors que leurs maris barbus vont pouvoir travailler.

Justin Trudeau qui, en bon fils du père, a comparé cette Charte des valeurs à la ségrégation des Noirs américains dans les années 1960 et qui se dit maintenant prêt à la contester devant les tribunaux. Thomas Mulcair disant se porter à la défense de ceux que l’on veut priver d’emploi et pour lesquels le NPD s’offre à payer les frais juridiques et les services du très à gauche Julius Grey pour contester ce projet de Charte devant les tribunaux, ce même NPD qui a salué l’hiver dernier l’autorisation du port du niqab dans les cours de justice.

Maria Mourani, l’excommuniée, accuse le projet de Charte de verser dans le nationalisme ethnique. Madame Mourani est d’ailleurs en voie d’être canonisée pour sa défense des femmes voilée. Et, comment oublier, les ministres Lebel et Kenney du gouvernement Harper qui, moins d’une heure après le dépôt de la Charte, brandissaient déjà la Charte canadienne comme chien de garde des libertés fondamentales de tous les Canadiens, se disant prêts à amener le Québec en Cour suprême, s’il le faut. Même le gouvernement ontarien s’est prononcé contre ce projet du PQ qui, dit-on, va faire mal paraître le Canada à l’étranger.

À la voix des politiciens s’est jointe celle des journalistes qui, dès les premières fuites du projet de loi, avant même d’en connaître la teneur exacte, ont commencé à le conspuer. Radio-Canada et le journal La Presse en tête, dont le parti-pris manifeste illustrait à merveille ce que l’on apprend aux étudiants dans les cégeps et les universités, à savoir que les médias, qu’ils soient privés ou publics, sont au service de la classe dominante.

Doit-on s’étonner que l’un des premiers invités à qui Radio-Canada a donné la parole ait été Charles Taylor, un ardent fédéraliste, ex-candidat du NPD et farouche défenseur du multiculturalisme, appelé en renfort pour intimider les Québécois et démolir ce projet de Charte, allant même jusqu’à le comparer aux lois liberticides de Poutine vis-à-vis les homosexuels. Ajoutant même que l’interdiction des signes religieux, a donné des ailes à la campagne de Marine Le Pen en France. A-t-on vu plus grande sagesse que cette déclaration fielleuse? Du bonbon pour les médias anglophones.

Puis les bien-pensants se sont à leur tour mobilisés derrière un manifeste à signer pour ceux qui excluent l’exclusion et dont RDI nous donnait le décompte des signataires, d’heure en heure. Sans compter le nouveau regroupement des souverainistes inclusifs qui incluent l’inclusion pour un Québec indépendant.

Un Québec où, le samedi 21 septembre, nous avons eu droit à une grande démonstration de la présence de l’islam à Montréal. Du jamais vu. Des milliers de musulmans qui manifestaient leur opposition à la Charte dans les rues de Montréal. Des milliers de femmes, et même de fillettes, voilées, quelques-unes niqabées pour renforcer l’inclusion, alors que certains hommes faisaient la prière dans les parcs. Qui a dit que le Québec était arriéré ? Ne sommes-nous pas ici au même diapason que Londres et Paris ?

Comment comprendre qu’un projet de loi sur la laïcité, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, puisse provoquer une pareille levée de boucliers et une telle unanimité chez les politiciens du Québec et d’Ottawa, chez les journalistes, chez les intellectuels et chez les musulmans ?

Comment expliquer ce puissant tir d’artillerie groupé contre le projet du Parti Québécois qui veut affirmer, comme bien d’autres pays l’ont fait avant nous, la neutralité de nos institutions publiques et interdire le port de signes religieux ostentatoires pour le personnel de l’État durant ses heures de travail ?

Comment expliquer que ces exigences, pourtant très raisonnables, fassent de nous des racistes et des islamophobes ? Comment expliquer que nos élites politiques, médiatiques et académiques s’activent depuis quelques semaines, de tous bords et de tous côtés, et qu’ils paniquent comme si on était à la veille d’un prochain référendum ?

Souvenez-vous, en 1973, on nous avait dit que les camions de la Brinks s’en iraient à Toronto, si un parti indépendantiste prenait le pouvoir à Québec et, là, on nous refait le coup en disant que ce sont des immigrants qualifiés qui vont quitter pour Toronto.

La France qui interdit le port de signes religieux ostentatoires pour son personnel depuis 1905 et, depuis 2004, chez les élèves des lycées, avec en 2010, l’interdiction du niqab dans tous les lieux publics, cette France maudite est le pays d’Europe qui compte la plus importante population de musulmans ! Étonnant, n’est-ce pas ? Probablement parce que c’est trop loin de Toronto !

Dans les dernières décennies, le Québec a connu des avancées importantes en matière de laïcité, qui ont mené en 2005 à la déconfessionnalisation de son système scolaire. La chose n’a pas été facile – ce n’est jamais facile lorsqu’il s’agit de religion – mais l’opposition à cette démarche n’a été en rien comparable au tsunami qui se produit dans le cas présent. Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant, le combat laïque s’est toujours mené par rapport aux catholiques et aux protestants. Nous étions alors face à une religion catholique qui était institutionnalisée, bien ancrée dans toutes les sphères de la société, et dont l’autorité cléricale jouissait de l’appui du pouvoir politique. D’ailleurs, le crucifix à l’Assemblée nationale en est un symbole éloquent. Une religion gardant le contrôle sur ses ouailles, qui exerçait son emprise sur toute la nation canadienne-française. Nous étions pour ainsi dire entre « nous », à une époque où dire « Nous » n’était pas encore un péché.

Les Québécois ont finalement réussi à éloigner leur religion de la politique, réussi à laïciser leurs institutions publiques, et à privatiser en quelque sorte leur religion, au point où, de se référer à Dieu pour savoir quoi manger et comment s’habiller n’a plus aucun sens aujourd’hui, tellement cela nous paraît tout le contraire de la liberté.

Le Québec s’est sécularisé et laïcisé. Il s’est affranchi de l’autorité divine et cléricale. Et, dans la foulée de Vatican II, les catholiques ont eux-mêmes abandonné leur habit religieux pour mieux s’intégrer à la population. Cela s’appelle la modernité.

Mais voilà que, depuis quelques décennies, une immigration de confession musulmane (à ne pas confondre avec tous les immigrants), pour qui la laïcité est une hérésie, vient bousculer cette sécularisation et, par le voile des femmes, donner de la visibilité à l’islam et au religieux, tout en refusant de respecter la laïcité de nos institutions publiques.

C’est à cela principalement que le projet de Charte des valeurs québécoises réagit. Stopper l’offensive du religieux, particulièrement celle de l’islam, qui pénètre progressivement nos institutions publiques, afin de préserver les acquis d’une laïcité de plus en plus fragilisée et menacée.

Mais, aujourd’hui, en activant le dossier de la laïcité, le gouvernement confronte du même coup, qu’il le veuille ou non, trois nouveaux fronts de résistance, qui n’étaient pas visés dans le cas des catholiques. Trois fronts : soit celui du multiculturalisme, celui de l’islamisme et celui de l’interreligieux. Toute une commande !

Le front du multiculturalisme

Commençons par examiner le premier front : l’idéologie multiculturaliste. Elle est partout, en Europe, au Canada et, bien sûr, au Québec. Et, partout, elle a pour fonction principale de neutraliser toute légitimité nationale. Le multiculturalisme a été inventé pour détruire la nation qui représente un lieu de résistance collective, un creuset de l’identité, un lieu de convergence sociale, politique, culturelle et historique face au rouleau compresseur du capital financier et de la mondialisation. Le multiculturalisme, c’est l’idéologie du néolibéralisme et, au Canada, ce multiculturalisme est utilisé pour contester la légitimité de la nation québécoise.

Comment le multiculturalisme opère-t-il ? Ou si vous préférez, comment s’y prend-on pour tuer une nation ? D’abord, il faut dépolitiser l’État en affaiblissant sa légitimité politique. C’est la condition première.

Limiter le plus possible son pouvoir en le remettant dans les mains des juges. Ainsi, avec la Charte canadienne des droits et libertés, qui a une valeur constitutionnelle, on oblige les politiciens, qui sont des élus, d’être à la remorque des juges, que personne n’a élus.

C’est ce que Michael Mandel appelle la judiciarisation du politique. Rendre en quelque sorte les décisions des politiciens redevables devant les tribunaux. Pourquoi croyez-vous que messieurs Bouchard et Taylor, Justin Trudeau, Steven Harper, Philippe Couillard, Thomas Mulcair et le Manifeste pour un Québec inclusif insistent tant sur le recours à la Charte canadienne ?

Autre exemple du juridique qui prime sur le politique. Le concept d’accommodement raisonnable, qui est issu du droit du travail, est une pure création jurisprudentielle, qui n’a jamais été discuté ou entériné par nos élus, pas plus à Québec qu’à Ottawa. Et, pourtant, la Commission des droits de la personne n’arrête pas de répéter que l’employeur a l’obligation d’accommoder...

Deuxième condition pour détruire une nation : contester sa légitimité en la transformant en simple majorité historique.

C’est le tour de passe-passe que l’on trouve dans le rapport Bouchard-Taylor. Une majorité ethnoculturelle et historique dont les normes et les valeurs ne sont pas neutres, puisqu’elles sont celles de la majorité, celles d’une majorité qui serait tyrannique à l’endroit des minorités.

Dans l’esprit de ceux qui défendent le multiculturalisme, il faut donc s’en remettre aux Chartes plutôt qu’aux représentants de la nation pour garantir le respect des droits fondamentaux. Il s’agit ultimement de remplacer une culture nationale par une culture des droits.

Dans le rapport Bouchard-Taylor, il est écrit : « Dès qu’il est question de définir des droits fondamentaux, il est imprudent de confier à la majorité ce pouvoir sur les minorités ». Plus récemment, Charles Taylor disait sur les ondes de Radio-Canada : « C’est un nous qui s’affirme aux dépens d’une minorité ». Et Gérard Bouchard ajoutait pour sa part : « Qu’on ne peut pas confier la gestion des droits fondamentaux aux humeurs de la majorité ». Dans le Manifeste des inclusifs, on peut aussi y lire : « En fait, l’essence même de toute charte des droits est d’assurer le respect des droits des minorités vulnérables à l’encontre des diktats de la majorité ».

Du point de vue de ces intellectuels, l’égalité entre les hommes et les femmes, qui est une valeur cardinale du projet péquiste, serait donc une valeur faussement universelle, une valeur partiale, colonialiste et discriminatoire à l’endroit des minorités.

Ce point de vue est rarement exprimé ouvertement, mais il n’en domine pas moins le discours de bon nombre d’universitaires, qui profitent des généreuses subventions du fédéral pour leurs chaires de recherches du Canada. On retrouve également ce point de vue qui n’est jamais exprimé publiquement à Québec solidaire et à la Fédération des femmes du Québec.

Troisième condition pour casser une nation : le primat de l’individu sur l’État. Retirer à l’État toute légitimité pour définir un horizon de valeurs et proposer des valeurs collectives, une espèce de bien commun qui ferait consensus dans la population.

Affirmer que seul l’individu est souverain, que l’État n’a donc pas à s’immiscer dans la vie des gens et que, s’il le faisait, en interdisant par exemple le port de signes religieux pour ses employés, ce serait du totalitarisme. C’est le Poutine de Charles Taylor. Une poutine dont raffolent bien des jeunes. Les droits individuels doivent donc avoir préséance sur les droits collectifs. La tyrannie d’un seul contre tous, protégée par les Chartes.

Le corollaire de tout cela, c’est le cul-de-sac relativiste sur le plan des valeurs. Dépolitiser l’éthique et rendre tout acceptable sous prétexte que seul l’individu peut juger de ce qui est mieux. C’est mettre sur le même pied le hidjab, le niqab et la casquette. Afficher Allah ou Nike, c’est du pareil au même. Interdit de juger, interdit de penser. Ce serait faire preuve d’ethnocentrisme. L’État doit être minimal, insignifiant, procédural et n’avoir comme unique souci que la cohésion sociale.

Quatrième condition pour tuer une nation : dépolitiser la religion. Ne faire de celle-ci qu’une simple croyance personnelle, sans aucune ambition prosélyte.

Une croyance ayant renoncé à s’imposer, une croyance délestée de toute prétention politique et de tout intégrisme, une croyance inoffensive et tout en sucre, n’ayant plus rien de menaçant.

Alors, pourquoi l’employé de l’État ne pourrait-il pas porter des signes religieux ? Mais, dites-moi alors pourquoi, ce même employé est prêt à se rendre jusqu’en Cour suprême et faire de la politique avec sa religion si personnelle ?

Un bel exemple de cela est la fameuse cause du kirpan dans laquelle le jugement de la Cour d’appel du Québec donnait raison à la Commission scolaire, qui voulait interdire ce poignard rituel. Ce jugement a par la suite été renversé par la Cour suprême qui a autorisé le port du kirpan à l’école.

Dans ce jugement qui a débouté le plus haut tribunal du Québec, il est écrit : « Une telle prohibition (celle absolue, du port du kirpan à l’école) empêche la promotion de valeurs comme le multiculturalisme, la diversité et le développement d’une culture éducationnelle respectueuse des droits d’autrui ».

Ici, on se sert de la religion pour imposer le multiculturalisme au Québec. C’est d’ailleurs une thèse défendue par l’historienne Lucia Ferretti.

Primauté du juridique sur le politique, primauté des chartes, primauté de l’individu sur l’État, primauté des droits individuels sur les droits collectifs, relativisme des valeurs et dépolitisation de la religion. Le multiculturalisme, c’est tout cela.

Avec ce projet de Charte des valeurs québécoises, le gouvernement péquiste ébranle directement les assises du multiculturalisme et il renverse complètement la vapeur en affirmant d’abord la primauté du politique sur le juridique.

Nous sommes en présence d’un gouvernement qui, contrairement au Parti libéral, refuse d’être à la remorque du juridique et qui, en proposant des orientations et des règles claires en matière de laïcité, assume sa légitimité politique.

En faisant cela, ce gouvernement nous redonne la confiance de pouvoir décider de notre avenir et transforme par le fait même cette « majorité historique », à laquelle les multiculturalistes veulent nous ravaler, en une nation qui recommence à respirer.

En affirmant la neutralité de l’État et l’égalité entre les hommes et les femmes, comme étant des valeurs cardinales de ce projet de loi, ce gouvernement nous sort aussi du relativisme où tout se vaut, du relativisme où tout est beau, et nous propose un horizon de valeurs, dans lequel il y a des choses qui valent plus que d’autres et sur lesquels nous souhaitons bâtir l’avenir.

Ce projet de loi va bien au-delà de la laïcité, c’est la raison pour laquelle il suscite autant d’attaques vicieuses, de railleries et de virulence. La dernière en date est celle de la présidente du Conseil du statut de la femme qui, par sa sortie intempestive, a entaché la crédibilité du Conseil et ruiné le poids d’un appui éventuel au projet du ministre Drainville. Du beau travail pour le Parti libéral qui n’a d’ailleurs pas hésité à envoyer Christine St-Pierre devant les journalistes pour en rajouter une couche.

Le front de l’islamisme

J’en arrive maintenant au deuxième front de résistance à ce projet de Charte : l’islamisme. À Montréal, deux évènements organisés par des islamistes ont retenu l’attention des médias ces dernières semaines. D’abord celui de la conférence Independance où l’on a invité des prédicateurs islamistes pour convaincre les jeunes filles de porter le voile, et la manifestation du 21 septembre pour s’opposer au projet de loi du Parti Québécois et défendre le port du voile dans les institutions publiques.

Le voile n’est pas une casquette, c’est un signe politique. C’est le drapeau d’un islam qui se veut conquérant, celui d’un islam qui veut imposer la charia en Occident, et dont les femmes voilées se font le fier commanditaire.

C’est aussi un symbole sexiste qui transforme les femmes en objet sexuel que l’on doit soustraire au regard de tous les hommes avec qui elles pourraient avoir des relations sexuelles.

C’est le symbole de toutes les pesanteurs claniques et patriarcales, qui refusent aux femmes le contrôle de leur propre corps et les enferment dans leur communauté, parce qu’il ne faut pas oublier qu’une femme musulmane ne peut épouser un non-musulman.

La femme musulmane a pour vocation principale de produire des musulmans et ce voile sert principalement à les isoler. Qu’il soit porté librement ou non ne change rien au fait que l’on nie à ces femmes toute liberté sexuelle. D’ailleurs, Radio-Canada rapportait dernièrement 210 cas de mariages forcés depuis 2010 en Ontario, alors que la majorité des victimes sont des musulmanes.

Ne devrait-on pas lier le voile à cette pratique inhumaine, qui traite les femmes comme du bétail ? Le nouveau Conseil du statut de la femme pourrait peut-être suggérer à sa présidente d’effectuer une étude sur les mariages forcés au Québec.

À la mosquée Assuna, rue Hutchison à Montréal, où enseigne Adil Charkaoui, l’un des organisateurs de la manifestation du 21 septembre, voici ce que l’on peut lire sur son site : « La lutte que doit mener chaque musulman et musulmane contre l’immoralité et les tentations de la société où il vit consiste à se tenir bien vigilant, surtout en été, en ayant les yeux sous contrôle. Par ailleurs, il incombe à la femme musulmane de rester dans son foyer et de n’en sortir qu’en cas d’un besoin pressant. Dans le cas où elle est contrainte de sortir, elle doit respecter certaines règles; parmi elles :

Le port du hidjab légal.

Ne pas se mêler aux hommes.

Ne pas se parfumer en sortant. »

Que d’énergie pour amener les filles à se voiler. Pour les islamistes, faire accepter ce voile dans nos institutions publiques, constitue un pas décisif dans la progression de l’islamisation de notre société.

Rien que cela devrait nous convaincre de l’urgence de disqualifier ce voile pour tous les employés de l’État. Quant à prétendre qu’il est essentiel à la pratique de sa religion, ceci n’est qu’un pieux mensonge pour nous distraire de sa véritable fonction.

Le front de l’interreligieux

Le troisième front de résistance est celui de l’interreligieux. C’est celui qui a été le moins actif jusqu’à maintenant, mais il commence à se faire entendre. Les évêques du Québec se sont prononcés contre le projet de Charte des valeurs québécoises. Avant eux, le B’nai Brith et le Conseil musulman de Montréal, dont le président Salam Elmenyawi, organisateur des récents événements à Montréal, ayant aussi milité pour instaurer un Conseil de la charia au Québec en 2004, se sont dits prêts à se rendre jusqu’en Cour suprême. Rien de bien étonnant.

Lorsque les religions sont écartées du pouvoir politique, elles s’appuient mutuellement et se liguent contre la laïcité. On appelle cela le dialogue interreligieux.

En voulant légiférer sur la laïcité, le Parti Québécois a réveillé d’autres démons et doit maintenant faire face à un feu nourri, digne d’une période référendaire. Parce que ce que l’on craint le plus à Ottawa et chez les fédéralistes du Québec, ce n’est pas la laïcité, ce n’est pas non plus l’interdiction des signes religieux.

Ce que l’on craint le plus, c’est qu’un peuple se redécouvre une identité, qu’un peuple se redécouvre une fierté, que la nation se réveille, qu’elle se lève et qu’elle se remette à vouloir un pays.

Voilà de quoi ils ont peur. Voilà pourquoi ils paniquent et s’excitent, nous menacent et nous insultent. Dans la population francophone, l’appui au projet de loi est majoritaire, c’est pourquoi l’industrie du multiculturalisme s’est mise en mode « action ».

Ce n’est pas le temps de nous diviser, mais plutôt celui de serrer les rangs derrière ce projet de loi. Même s’il comporte des imperfections. Pour la laïcité bien sûr, mais aussi parce que l’enjeu va bien au-delà.

Les Québécois ont le droit de décider de leur avenir : celui d’avoir un pays comme celui de vouloir vivre dans un Québec laïque.

Ne perdons pas de vue que cette charge politique est menée à l’endroit d’un parti souverainiste qui, avec ce projet de loi, ravive la flamme identitaire, au point où cette Charte des valeurs québécoises est en train de devenir, bien malgré elle, le projet d’une Charte pour la nation.

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