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Pas de souveraineté alimentaire sans l'indépendance - Jean Garon
N° 320 - juin 2013

L’industrie minière et la programmation des événements culturels
Richard Desjardins
J’ai souvent offert mes spectacles dans des festivals commandités par d’importantes corporations. Mais j’ai toujours refusé que leurs bannières ou leurs logos apparaissent sur ma scène au moment où je chante. Le son et l’image que je soumets aux spectateurs doivent refléter sans interférence l’état de mon âme. C’est la raison pour laquelle les gens viennent me voir et m’écouter. Et les organisateurs de ces événements ont toujours respecté cette volonté.

Le contrat moral qui lie un festival à ses commanditaires prévoit une évocation publique de sa participation sur les posters, les programmes, les communiqués, etc... Mais point à la ligne. La direction d’un festival n’a pas pour mandat de se prononcer sur un enjeu politique dont elle n’est pas partie prenante. Hydro-Québec devrait-il inciter un festival qu’il commandite à approuver une hausse de ses tarifs ?

La loi des Mines est actuellement en révision. Une majorité de la population la souhaite, cette révision, consciente du fait que les pratiques minières – fiscales et environnementales – méritent d’être discutées. L’industrie minière et les Chambres de Commerce ont amplement les moyens de se faire entendre dans ce cadre.

La récente intervention de M. Jean-Claude Loranger, président la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Rouyn-Noranda, visant à inciter les récipiendaires de subventions minières à approuver sans discernement le point de vue de l’industrie minière relève du chantage, une des formes que peut prendre la corruption.

L’industrie minière ira-t-elle jusqu’à intervenir dans la programmation des événements culturels ? Je pense que c’est déjà fait.

En 2000, Rouyn-Noranda fêtait son 75e anniversaire. Un comité où siégeait l’industrie minière proposa de réunir dans un festival les artistes « célèbres » de la ville. Le groupe Abbittibbi – dont les membres étaient nés à Rouyn-Noranda – ne fut pas invité en dépit du fait qu’il eut rempli plusieurs fois les centres culturels de la région, huit fois le Spectrum de Montréal, deux fois le Bataclan de Paris et obtenu le prix du Festival d’été de Québec en 1994. Parce que je suis critique du monde minier ? Probablement.

J’ai néanmoins assisté au spectacle de notre grand Jimmy James sous le chapiteau du lac Osisko. Il m’a élégamment invité à venir chanter Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours devant une foule de dignitaires dont le gérant de l’usine Horne, le seigneur des anodes. Le patron de Monsieur Lorenger, à ce qu’il semble.

L’actuel boom minier profite sans conteste à ceux qui y sont associés. Mais pour un vaste secteur de la population, il se traduit plutôt par une pénurie de logements et par une inflation des prix.

J’ai hâte d’entendre la Chambre de Commerce se prononcer sur ce sujet.

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