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PKP : L’aberration fait son entrée dans la gouvernance souverainiste
N° 319 - mai 2013
Le NPD a moins peur de l’opportunisme que du socialisme
Les trois partis fédéraux patinent à droite
Léo-Paul Lauzon
Sur le plan politique, les Canadiens, les Américains et les Québécois sont des arriérés format géant. Encore, en 2013, on agite l’épouvantail du socialisme et les gens ont peur. On prononce le mot communiste, ils sont traumatisés. Mon prochain projet est la scénarisation d’un film d’horreur, mettant en vedette un abominable communiste, interprété par nul autre que moi-même.

Plusieurs Nord-Américains pensent que les communistes mangent les enfants et, si on a un été pluvieux, c’est la faute à vous savez qui. Cette aliénation politique des Québécois est bien évidemment entretenue par le patronat et ses milices universitaires, politiques et médiatiques, qui ont fait croire au monde que les conservateurs, les adéquistes et les libéraux de Charest étaient progressistes et au centre. Ou, tout au plus de centre-droite, et à peine…

Les dominants brandissent constamment l’appréhension du socialisme et cultivent sa haine, car ils savent très bien que la solution pour une juste répartition de la richesse, des politiques fiscales équitables, l’accroissement des services sociaux, la préservation du bien commun et la croissance économique, passent inévitablement par le socialisme, comme on a pu le constater ces dernières années, avec un éclatant succès économique et social, au Brésil, en Argentine, au Venezuela, en Bolivie, etc.

Sans compter que plusieurs pays européens sont dirigés par des socialistes, qui font partie du décor politique depuis toujours, avec en plus, dans le paysage politique, le parti communiste.

Quarante ans de politiques capitalistes et néolibérales au Canada et au Québec ont provoqué des inégalités économiques records, une diminution du salaire des travailleurs en dollars constants, des services sociaux réduits à une peau de chagrin, et un taux de pauvreté infantile vraiment odieux, au moment même où le pays et la province connaissent une croissance économique phénoménale et un enrichissement illimité du gratin, détaxé par leurs pantins de politiciens. Les paradis fiscaux ont aussi explosé.

Le NPD vient de retirer le mot socialisme de sa constitution, parce que cela n’était pas conforme à sa véritable orientation politique de droite. Cela est encore plus vrai depuis l’arrivée de Thomas Mulcair. Le parti se situe maintenant, au niveau idéologique, entre le Parti libéral fédéral de Justin Trudeau et le Parti conservateur de Stephen Harper.

Au lieu d’occuper l’espace à gauche, le NPD préfère venir jouer avec les deux autres partis fédéraux à droite sur la patinoire, ce qui le mènera à la catastrophe aux prochaines élections. Conséquence de ce très mauvais calcul stratégique, le NPD va se retrouver en troisième place aux prochaines élections fédérales. Voilà ce qui arrive à trop vouloir singer les autres. Même l’économiste américain et prix Nobel Joseph Stiglitz a prié le NPD de rester à gauche, mais en vain.

Un parti politique qui engage Mario Dumont comme animateur, comme l’a fait le NPD lors de sa dernière course à la chefferie de 2012, ça fait pas très à gauche. Vous en conviendrez avec moi. « Modérateur. Le NPD mise beaucoup sur Dumont » (Journal de Montréal, 1er mars 2012).

Et, n’oubliez pas que Thomas Mulcair est un ancien ministre libéral du Québec qui, avant de passer au NPD, a flirté avec les conservateurs de Stephen Harper pour voir ce qu’ils avaient à lui offrir (La Presse, 1er mars 2012).

Tiens, tiens, que dites-vous du titre de cet article du Devoir du 15 septembre 2008 : « Mulcair hanté par son passé de ministre libéral. Il a torpillé une aide d’Hydro-Québec à la lutte contre les changements climatiques ». Hum, hum, tout un ministre de l’Environnement.

Puis, il y a cet article du Journal de Montréal, du 5 octobre 1998, intitulé : « Le NPD veut courtiser le monde des affaires », dans lequel on peut lire au premier paragraphe : « Le NPD enclenche un mouvement de repositionnement de sa base et courtise maintenant le monde des affaires ». Un énième repositionnement à droite du NPD, et ça ne date pas d’hier. Parti à gauche mon œil ! Le NPD est aussi à gauche que l’est le PQ !

En plus, lors de la dernière fin de semaine, Thomas Mulcair et le NPD sont tombés, comme le PQ, le PLQ et la CAQ dans le déballement de clichés et de slogans creux de sens, afin d’appâter le monde.

Eux aussi veulent se moderniser, s’adapter et se « réingéniérer » avec de très vieilles politiques qui favorisent la classe dominante. Pour le PLQ, on s’en souvient trop bien, moderniser et « réingéniérer » l’État a été synonyme de moins de services et de biens publics et une plus grande place au privé, en aidant au passage les amis du parti en leur cédant nos instruments collectifs et nos ressources naturelles.

La modernisation de l’État a débouché sur un déluge de corruption et une belle grosse job dans le privé pour tous les ex-ministres libéraux et aussi pour leur chef Jean Charest. On n’a qu’à penser à Philippe Couillard, Nathalie Normandeau, Clément Gignac et Monique Jérôme-Forget, la dame de tôle.

Comme le Parti Québécois, le NPD se qualifie de « social-démocrate », ce qui est le comble de l’hypocrisie, autant que les conservateurs fédéraux qui, à l’époque, s’appelaient « progressistes-conser­vateurs ». Pouvez-vous vraiment me dire comment on peut être à la fois progressiste et conservateur ? Tant qu’à y être, pourquoi pas des communistes d’extrême droite. Ceux qui s’autoproclament sociaux-démocrates sont, dans les faits, à droite.

Envers et contre tous les profiteurs et les opportunistes, je vais, et il le faut, continuer à proclamer fièrement que je suis à la fois socialiste et catholique, deux idéologies qui, dans les faits, convergent.

Le socialisme prône l’égalité des chances et non pas un bête égalitarisme. Il ne prêche absolument pas la présence de l’État dans toutes les sphères d’activité. Et, contrairement au capitalisme, il assure une plus grande liberté à plus de monde, et non seulement à l’élite.

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