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Une île, une ville et pas de syndicat !
N° 194 - novembre 2000

La locomotive des 35 heures est en Belgique
Pierre Klépock

Au pays des métallos



Avec un taux de 68 %, la Belgique, région de la métallurgie en Europe, se situe parmi les pays les plus syndicalisés au monde, juste après les pays scandinaves. La puissante Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) rassemble 1 200 000 membres. Pour faire connaître une autre culture syndicale, l’aut’journal s’est rendu à Bruxelles rencontrer Nico Cue, secrétaire national et Johan Vanbuylen, adviseur de la Centrale des métallurgistes de Belgique (CMB-FGTB), regroupant 180 000 métallos.

Très à gauche, la FGTB est une centrale socialiste, revendiquant le « contrôle ouvrier » et des réformes de structure anticapitaliste. Son principe d’action est « négocier quand c’est possible, se battre chaque fois que nécessaire ». Fondée en 1898, la FGTB travaille à la réalisation des revendications immédiates des travailleurs. « Cette société n’est pas égalitaire, le combat des travailleurs pour disposer de leur outil de travail continue. Les bénéfices des entreprises doivent revenir au social et on est contre le système capitaliste. Notre organisation essaie d’avoir des leviers de contre-pouvoir ou de pouvoir sur tout ce qui touche le fonctionnement de la société pour essayer de la transformer », déclare Nico Cue.

Une RTT bien amorcée

« Dans la métallurgie, nous sommes pratiquement tous à 36 heures/semaine depuis 1985. L’objectif des 36 heures est né dans les années soixante-dix. On a demandé aux métallos d’être la locomotive de la RTT. On a d’abord commencé la lutte dans certains bassins de la métallurgie, notamment à Liège et à Anvers, contre le patronat local. Des usines se sont mises en grève et nous sommes passés à la fin des années soixante-dix à 38 heures pour ensuite passer à 36 heures/semaine. Dans les gros bastions de la métallurgie et de la sidérurgie, nous sommes passé à 35h 30 semaine depuis la dernière convention collective », poursuit Nico Cue.

Un accord gagnant chez Volkswagen

« À l’usine Volkswagen, nous avons commencé une lutte sur la RTT en 1998 et réussi à obtenir, l’an passé, la semaine de 32 heures sans perte de salaire avec création d’emplois, suite à une dure grève qui a touché 4 500 travailleurs. Ce qui a permis l’embauche de 1 500 travailleurs, passant de 4 500 à 6000 salariés dans l’entreprise », ajoute Johan Vanbuylen. Précisons que 80 % des ouvriers métallurgistes sont syndiqués en Belgique et que les non-syndiqués sont quand même à 39 heures semaine. Actuellement, les syndicalistes de la FGTB discutent de la possibilité de passer à la semaine de quatre jours sans perte de salaire, sans annualisation du temps de travail, avec embauche et maintien du statut de travailleur à temps plein, dans la plupart des branches industrielles, en convergence sur les lois française et italienne sur les 35 heures.

Un siècle de solidarité

Historiquement, la FGTB est née dans les grands bastions ouvriers miniers, textiles, verriers, sidérurgiques et métallurgiques... où elle a connu de nombreuses grèves insurrectionnelles, surtout dans la Wallonie « Rouge » (région francophone). Elle est rapidement devenue un moteur de l’action sociale. Elle est présente dans tous les secteurs industriels, économiques, administratifs et sociaux. La FGTB a mené tout au long de son existence de nombreux combats et elle est à l’origine de nombreuses conquêtes sociales. La centrale socialiste a beaucoup de liens fraternels avec la CGT-France. Après plus de 100 ans d’existence, la FGTB est convaincue que la solidarité est et reste le seul choix d’avenir.

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