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Une île, une ville et pas de syndicat !
N° 194 - novembre 2000

La myopie des médias paternalistes
Élaine Audet
« Une histoire de jupes de terre cuite », aurait dit un commentateur de radio. Personne n’aurait pris le temps de lire la liste des revendications. « Ça ratisse trop large », conclura un éditorialiste. Pour une autre, « la marche des femmes suscite au mieux un intérêt mitigé ». Des revendications trop éparpillées qui mêlent en vrac les revendications de fond, la dénonciation de toutes les formes de discrimination et des revendications ponctuelles. En voulant sortir de son rôle de groupe de pression et jouer celui (foncièrement masculin ?) de parti de gauche qui élaborerait dans l’action un projet de société, la FFQ éloignerait la plupart des femmes, surtout les jeunes.

« Si c’est être de gauche que de demander que tout le monde ait de quoi se chauffer cet hiver, nous sommes fières de l’être », répliquera Françoise David à l’éditorialiste de La Presse qui reprochait aux organisatrices de marginaliser le mouvement en le radicalisant. Les médias continueront à répéter ad nauseam leur discours paternaliste en dépit des 20 000 Québécoises qui ont marché dans toutes les régions du Québec, des 30 000 qui ont manifesté à Montréal et des centaines de milliers de femmes mobilisées à travers le monde.

Encore une fois, on nous sert « le misérabilisme » des féministes qui devraient laisser la parole « à des jeunes femmes ambitieuses ». Pour répercuter à l’infini la voix mondiale de leurs maîtres payeurs qui ont besoin de jeunes et beaux visages pour médiatiser leur message mercantile comme nous le montrent les revues féminines qui, elles, savent garder leur place ? Bien qu’une activité de la commission des jeunes ait dû être annulée par manque de participantes, j’ai vu dans la couverture télévisée des événements et dans les marches de Montréal et de New York davantage de femmes entre 25 et 45 ans que de la génération des soixante ans et plus. L’une de ces jeunes femmes a d’ailleurs fait remarquer qu’il est normal que les jeunes ne soient pas présentes durant le jour puisqu’elles sont aux études ou au travail. Il est aussi caractéristique de l’intérêt des médias que la couverture de la Marche de Montréal ait occupé la troisième place à Radio-Canada, la cinquième à TVA et que seule TQS l’ait mise à la une.

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