L'aut'journal
Le jeudi 23 mai 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Catalogne, Québec, même combat !
N° 315 - décembre 2012

Tout ce qui brille à Québec n’est pas or à Montréal
Michel Rioux
D’habitude, on ne rit pas avec les lois de la nature. Celle de Newton, par exemple. Si on s’avise de lancer une citrouille dans les airs, le risque qu’elle vous retombe sur le nez est absolu.

Idem pour la loi qui veut que les fleuves se dirigent inexorablement vers la mer. Les fleuves et ce qu’ils charrient, bien sûr.

Or il arrive que ces lois qu’on croit immuables subissent quelques accrocs. Ainsi, à l’époque où le roi Arthur – André Arthur – occupait le trône de la radio poubelle à Québec, il s’en était trouvé pour mettre en œuvre la malencontreuse idée de l’importer à Montréal, espérant sans doute répéter dans la métropole les ratings fulgurants que l’animateur engrangeait dans ce qui n’était pas encore la capitale nationale, mais qui était plutôt connue comme la Vieille Capitale.

Le grossier, l’insulte, la langue sale, le mal engueulé, le tonitruant, le démagogue ont donc fait leur entrée à CKVL. Pour s’y river le nez, littéralement. Et c’est tout penaud que le roi déchu a repris le chemin de Québec, contribuant encore à en épaissir le mystère.

À croire que Montréal n’était pas un terreau propice pour faire pousser ce genre de fleurs de rhétorique. Manque de fumier, peut-être. « L’auditoire qu’il recrute dans la métropole n’égale jamais en nombre celui qu’il possède dans la capitale », nous dit Internet.

Les lois de la nature avaient finalement repris leurs droits avec ce repli du roi Arthur. Car si ce qui est charrié dans les égouts aurait dû en principe s’évader à partir de Québec vers le golfe et le grand large, on avait assisté au phénomène contraire, à savoir que la chose, avec toutes ses odeurs, avait plutôt remonté vers Montréal.

On vient d’assister à la reprise de ce phénomène d’inversement du flot des égouts. Contribuant à en faire une zone sinistrée, la radio X, qui sévit dans la région de Québec, a repris depuis des années le flambeau des mains d’André Arthur et de Jeff Fillion.

Et comme il y a quelque 15 ans, il s’en est trouvé pour tenter de faire fleurir cette radio à Montréal. Depuis deux mois, le 91,9 est en ondes à Montréal.

Mais Nathalie Collard nous apprenait dans La Presse du 15 novembre que, selon les chiffres du BBM, Radio X connaît des « débuts décevants ». « Dans l’auditoire général, Radio X ne récolte que 0,7 part de marché. » On s’en réjouit. En comparaison, le 98,5 va chercher 35 fois plus d’auditoire.

Ce n’est pas une loi de la nature, mais c’est tout comme. Si quelqu’un passait une semaine dans une soue à cochons, il ne faudrait pas se surprendre qu’une forte odeur de purin se dégage de sa chemise et de son pantalon !

Quiconque écoute une radio poubelle du matin au soir s’expose aux mêmes résultats : ce qui va sortir de ses réflexions risque de se situer au niveau des caniveaux…

Mais n’allons pas nous péter les bretelles trop rapidement. Les importations faites par la métropole ne sont pas toujours du meilleur cru. J’en veux pour preuve l’engagement d’un dénommé Arthur (vraiment !) porter à la tête du Centre universitaire de santé McGill.

Le docteur se promène des Bahamas, où il a ouvert « une des boîtes de nuit les plus sexy », jusqu’aux îles Turques et Caïques, où ce sont des hôpitaux qui font l’objet d’un scandale. « À terme, écrit La Presse, les deux hôpitaux (…) construits et gérés en PPP par l’entreprise Interhealth Canada et leur gestion auront coûté 500 millions en fonds publics ».

On a aussi appris que des dirigeants de SNC-Lavalin sont soupçonnés d’avoir fait des paiements douteux de 22 millions pour le contrat du CUSM. La SQ est sur la trace du bon docteur dans cette affaire. Et McGill qui le poursuit pour 500 000 $, une dette impayée. Malgré tout, la rue qui longera le prochain hôpital universitaire va s’appeler, tenez-vous bien, Arthur T. Porter Way !

Et s’il est un lieu préposé aux basses œuvres du gouvernement fédéral, c’est bien le Service canadien du renseignement et de sécurité, le SCRS. Et qui a été nommé président du comité chargé de surveiller les activités du SCRS, le 24 juin 2010 ? Arthur Thomas Porter lui-même ! Et qui a été nommé au même moment membre du même comité ? Philippe Couillard lui-même, son associé en affaires, au demeurant !

Qu’allaient-ils faire dans cette maudite galère, aurait dit Molière. On aimerait bien le savoir.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.