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Charest dégage !
N° 311 - juillet 2012
Qu’y-a-t-il de si terrible en Jordanie pour empêcher les visiteurs de s’y rendre ?
Les « checkpoint » israéliens commencent à Montréal
André Le Corre
Le projet « Bienvenue en Palestine » qui consiste à envoyer des personnes en Cisjordanie pour y rencontrer des associations palestiniennes avait lieu en avril dernier.

Cette année figurait dans le programme la participation à un projet de construction, près de Bethléem, d’une école internationale moderne pour les enfants palestiniens.

Le rendez-vous était prévu à l’aéroport Ben Gourion, près de Tel Aviv, le 15 avril, et de là, des autobus devaient conduire les participants à Bethléem.

Il faut préciser que l’aéroport de Ramallah, en Cisjordanie, ayant été détruit par les forces d’occupation israélienne, Ben Gourion demeure le passage obligé pour se rendre dans les territoires palestiniens.

À la suite des accords d’Oslo en 1993, la Cisjordanie a été divisée en trois zones : la zone A, sous contrôle total de l’autorité palestinienne, la zone B, sous contrôle conjoint israélien et palestinien et la zone C, entièrement sous contrôle israélien (qui comprend la majeure partie du territoire de la Cisjordanie). Bethléem se trouve en zone A, donc sous contrôle palestinien, et devrait être facilement accessible à tous et toutes.

Pour la troisième année consécutive, Israël a tout fait pour empêcher les participants de se rendre à Bethléem. Sur un total de 1 500 personnes en provenance de neuf pays, une quarantaine seulement ont réussi à s’y rendre.

Comme en 2011, les compagnies aériennes ont reçu des listes de noms de passagers qu’elles « devaient » refuser de transporter. À Dorval, nous avons été témoins de cette violation flagrante du droit de libre circulation.

Deux des membres de la délégation québécoise avaient reçu par téléphone, de la compagnie Air France, un message les avisant qu’elles ne pourraient pas embarquer à Montréal.

Elles se sont malgré tout présentées au comptoir d’Air France et il a fallu de longues négociations pour leur permettre d’accéder au vol avec la mise en garde qu’elles seraient refusées sur le vol Paris–Tel Aviv.

Un groupe de militants les ont appuyés avec banderoles, drapeau palestinien et keffiehs. La police était présente mais n’est pas intervenue, contrairement à ce qui s’est passé à Paris, Bruxelles, Genève et même Istanbul (le gouvernement Turc a-t-il oublié les neufs morts du Mavi-Marmara en 2010 ?).

À Bruxelles, on a pu voir à l’œuvre un escadron de police anti-émeute, avec armes et chien. Ceux et celles qui ont pu se rendre à Tel Aviv ont dû affronter la police israélienne, présente par centaines, avec le choix de reprendre le prochain vol ou d’être arrêtées. Lorsqu’une demi-douzaine d’Israéliens ont voulu souhaiter la bienvenue aux membres de la mission en déployant une simple feuille de format légal portant un message d’accueil, ils se sont fait immédiatement insulter et arrêter. Belle démocratie !

En ce qui concerne la délégation québécoise, le bilan de l’opération s’établit comme suit : 6 ont réussi à atteindre la Cisjordanie, 5 ont été interdites de vol à Paris et 5 ont été refoulées ou emprisonnées à l’aéroport Ben Gourion.

Charlotte Gaudreau-Majeau, une étudiante montréalaise de 19 ans, qui, après avoir refusé de reprendre l’avion, a été emprisonnée dans la prison de Givon en Israël pendant trois jours. Finalement, après avoir débuté une grève de la faim, elle a été extraite de sa cellule sous le prétexte fallacieux d’un examen médical, et rembarquée de force dans un avion avec menottes et entraves aux pieds. Une dangereuse terroriste !!!

Face à ces événements récurrents, on se pose la question : Qui a-t-il de si terrible en Cisjordanie pour que l’on empêche ainsi les visiteurs de s’y rendre ? La réponse est connue de tous ceux et celles qui ont visité les territoires palestiniens occupés : arrestations arbitraires, « checkpoint » innombrables, meurtres, démolitions de maisons, arrachage d’oliviers etc.… L’horreur totale !

Mais ce qui est le plus révoltant, c’est la passivité, mais aussi la complicité, des Occidentaux face à une situation dont ils connaissent forcément tous les détails.

Comment des pays souverains peuvent-ils permettre que des compagnies aériennes, sur leur propre sol, refusent de transporter un groupe de leurs ressortissants parfaitement en règle à partir de listes de personnes supposément indésirables, établies par les services secrets israéliens ?

L’existence même de ces listes est troublante puisqu’elles mettent en lumière un nouveau délit de portée internationale, le crime d’opinion anti-sioniste. Les ressortissants de neuf pays participaient à cette activité. Aucun des pays concernés n’a protesté auprès du gouvernement israélien pour les mauvais traitements subis par ses ressortissants.

En dehors de ces violations de droits internationaux reconnus, ce contrôle absolu de l’accès à la Cisjordanie montre bien que, pour Israël ces territoires sont déjà, à toutes fins utiles, annexés. Ce qui rend dérisoire ce supposé « processus de paix » devenu une véritable mascarade.

Le Grand Israël dont les sionistes rêvent depuis si longtemps ne pourra exister que comme un État d’apartheid, mais, l’opinion internationale acceptera-t-elle une nouvelle Afrique du Sud ?

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